Ligue Magnus : Strasbourg dindon de la farce

Imaginez ce qui est passé par la tête des joueurs de Strasbourg, de Caen et de Villard-de-Lans qui ont appris juste avant leur match du soir que la relégation dont ils se croyaient à l'abri était de nouveau suspendue au-dessus de leurs têtes, après la décision du tribunal administratif de Dijon de suspendre la sanction infligée au CPHD. Les Caennais n'ont rien pu faire pour éviter une défaite 6-0 à Grenoble, mais ils sont quand même sauvés in extremis dans tous les cas d'égalité, que ce soit face à Strasbourg ou Épinal (grâce au point en prolongation pris en Alsace par les Drakkars et les Dauphins) ou face à Strasbourg seul si Épinal prenait un point à Angers demain.

Car c'est le match Strasbourg-Villard qui a décidé du condamné. Et ce sont les promus alsaciens qui se retrouvent les dindons de la farce, battus 4-7 après avoir mené 3-0. Les voilà envoyés en barrages alors qu'il n'avaient jamais été relégables de toute la saison...

Quant aux Dijonnais, qui s'annoncent comme des adversaires plus que redoutables en play-offs, ils jouaient ce soir un "match des clubs punis" à Amiens. Et les Gothiques, vite menés 0-2, ont humé l'air des play-offs (le triplé de Laurent Gras ne trompe pas) pour s'imposer 6-5.

Les seuls qui ne sont pas perturbés dans l'immédiat par les évènements de la journée sont les quatre de devant. Morzine-Avoriaz a définitivement assuré sa place de leader en gagnant 4-2 à Chamonix. Grenoble est deuxième et meilleur défense, et Briançon (vainqueur 5-1 du Mont-Blanc) troisième mais pas meilleure attaque... car Rouen a fini par un 11-4 chez la lanterne rouge Anglet, avec onze points de Sébastien Thinel ! Un record hallucinant qui passe presque inaperçu dans ces circonstances.

Car aujourd'hui, on se demande encore ce que sera le tableau des play-offs. Avec un match restant à jouer demain, il n'y a à l'heure actuelle qu'une confrontation de sûre, Angers-Caen. Mais quelque chose est-il sûr après la suspension de la sanction contre Dijon ? Oui, ce qui est sûr, c'est que la moutarde monte au nez de tous les autres acteurs du hockey français.

Comme au "bon vieux temps", on a replongé dans le jusqu'au-boutisme administratif... Et beaucoup suggèrent déjà que la conciliation était le bâton pour se faire battre, et qu'à l'avenir on s'en tiendra simplement à la seule mesure qui ne soit contestable par aucune juridiction, l'application pure et simple du règlement sans la moindre compassion : pas de compromis sous forme de points de pénalité, la D3 immédiate et sans remords. Qui en sortira gagnant ? Évidemment personne. Et que le CPHD porte la responsabilité de cet engrenage lui vaut déjà une inimitié grandissante.