Ligue Magnus : Grenoble champion

Dans cette quatrième manche de la finale, M. Mendlowictz fait connaître rapidement les consignes au point par une série de pénalités de part et d'autre. Aussitôt que Grenoble se retrouve pour la première fois en supériorité numérique, à quatre contre trois, l'inévitable Ludek Broz est sur la glace. Le début de sa présence n'est pas fameux : il percute son compatriote Valcak, puis à la première entrée en zone offensive, fait tout de suite une mauvaise passe interceptée. Mais il se remet à l'ouvrage, prend place à la pointe et sert idéalement Kévin Hecquefeuille à côté de la cage. C'est le but grenoblois, le premier d'une longue série. Une passe complètement ratée de Johan Ohlsson dans le dos de son collègue rebondit contre la bande et arrive dans la crosse de Roger Jönsson qui ne se pose pas de question et allume la lucarne. C'est ensuite Jimmy Lindström qui récupère un palet en fond de zone et sert Masa dans le slot.

3-0 pour Grenoble, ce n'est pas le meilleur score pour avoir du spectacle. Les BDL abordent le deuxième tiers de façon très prudente, en ne prenant aucun risque, en préférant aller changer au banc que jouer un coup à fond. Tout de suite, un but malheureux assomme Morzine : la passe de derrière la cage de Paquet vers Masa est déviée contre son camp par Zwikel. En toute facilité, Grenoble gère son avance, et l'accentue même à 5-0 sur un 2 contre 1 du duo Jönsson/Lindström. Eddy Ferhi n'autorise aucun espoir à Morzine en ne laissant même pas de rebonds. Les visiteurs persévèrent quand même assez pour marquer juste avant la pause, en infériorité numérique, sur une reprise de l'enclave de Mathieu Mille.

Bien sûr, Morzine-Avoriaz avait déjà remonté trois buts en vingt minutes au match 2 et est capable de renverser les montagnes avec son cœur. Bien sûr, les Grenoblois se disent qu'ils doivent restent vigilants, mais au-delà des mots et des pensées qu'on se sent obligés d'avoir, croient-ils vraiment à la réalité d'un retour morzinois ? Et pourtant... Niko Halttunen réduit vite l'écart après un bon travail en supériorité de Dan Welch. Et puis, c'est la surprise : la mitaine d'Eddy Ferhi rate la trajectoire d'un tir du poignet d'Immonen. Plus que 5-3, et Gérald Guennelon demande aussitôt un temps mort, ce qu'on lui avait reproché de ne pas avoir fait dans la même situation à Morzine. Les deux buts d'avance restant ne fond plus qu'un à moins de cinq minutes de la fin quand Evan Cheverie dévie un palet entre les jambières de Ferhi. Mais ce sera tout. La peur au ventre, les Grenoblois soufflent de cette victoire dans la douleur face à des Morzinois qui ont gagné le "trophée du panache".

La Coupe Magnus, l'officielle, est bel et bien pour Grenoble, club patient logiquement parvenu à cette consécration avec l'effectif le plus équilibré du championnat. Mais le trophée n'aura pas tenu très longtemps, cédant sous le poids du président Blache dans les vestiaires. Déjà un peu plié ces dernières années, le voilà cassé. Cela fait une coupe à réparer... En profitera-t-on pour corriger le palmarès ?