Draft NHL : un week-end bien calme

La séance de sélection des jeunes joueurs de 18 à 20 ans dans la NHL est l'occasion tous les ans de se projeter dans l'avenir. Traditionnellement, on y assiste à quelques mouvements spectaculaires et les recruteurs nous réservent bien souvent des surprises.

Pourtant, l'édition 2007 ne rentre guère dans ce cadre. La semaine qui a précédé n'a donné lieu qu'à peu d'échanges intéressants : le gardien finlandais Vesa Toskala, en concurrence avec Evgeni Nabokov à San José, a été envoyé à Toronto en compagnie de Mark Bell, décevant sous l'uniforme des Sharks (en plus d'avoir quelques soucis judiciaires). En retour la franchise californienne a pu récupérer quelques choix de draft. Autre gardien en mouvement, Tomas Vokoun quitte Nashville pour la Floride contre de futurs choix : les Panthers solidifient ainsi une position affaiblie par le catastrophique échange Luongo l'an dernier et par l'âge de Belfour (et ses bagarres de bar...) Une franchise des Predators dans le flou, toujours dans l'attente d'un repreneur. Le milliardaire Jim Balsillie s'est placé sur les rangs et les rumeurs de déménagement dans l'Ontario, dans la région d'Hamilton, ont semé le trouble. Du coup, Nashville a épuré l'effectif dans une politique d'économies, faisant confiance à un gardien bon marché, Chris Mason, aux statistiques équivalentes à celles de Vokoun, tout en cédant deux joueurs en fin de contrat, Kimmo Timonen et Scott Hartnell, à Philadelphie. Les Flyers signaient immédiatement les deux hommes pour une durée de six ans et des sommes spectaculaires...

Chicago ouvrait le bal de cette draft 2007. Résistant à quelques ouvertures proposées par d'autres équipes, les Blackhawks choisissaient au premier rang Patrick Kane. Ce petit gabarit, étincelant au Mondial des moins de 20 ans, a terminé meilleur marqueur de la ligue junior de l'Ontario avec les London Knights et constitue sans doute l'élément le plus talentueux d'une draft relativement pauvre en futures stars. Les Flyers enchaînaient avec un autre Américain, James Van Riemsdyk, vedette offensive de l'équipe américaine des moins de 18 ans : c'est la première fois que les États-Unis occupent les deux premières places du podium. Phoenix complétait avec un Canadien, Kyle Turris, évoluant en Tier-II (junior provincial). Le trio était apparu largement au-dessus des autres cette saison. Los Angeles suivait avec la première surprise de la draft, Tomas Hickey : il n'était pas considéré comme le meilleur défenseur disponible et était plutôt attendu en fin de tour. Du coup Washington avait le sourire avec Karl Alzner, l'un des rares joueurs considérés comme physiquement prêts pour la NHL.

Les autres événements du premier jour sont la chute d'Angelo Esposito, tombé au 20e rang à Pittsburgh (à la colère des supporters de Montréal après le choix du défenseur américain Ryan McDonagh au 12e rang), ou encore celle d'Alexei Cherepanov, la jeune vedette d'Omsk pour laquelle les Rangers de New York n'ont risqué qu'un 17e choix. Columbus, qui évoluait à domicile, s'attirait pour sa part un accueil très chaleureux du public pour son choix de l'ailier tchèque Jakub Voracek au 7e rang puis du prometteur Stefan Legein 37e le lendemain.

Dans l'ensemble, l'Europe n'a pas connu une bonne cuvée. La Russie n'a jamais eu aussi peu de sélectionnés depuis la chute de l'URSS, faute d'un accord avec la fédération internationale sur les transferts. La Finlande a dû patienter jusqu'au 4e tour et la Slovaquie au 5e avant de voir leur premier joueur choisi. La Suède a mieux tiré son épingle du jeu, voyant même Joel Gistedt, le gardien de Frölunda, être le premier portier choisi, au 2e tour, dans une année pauvre en gardiens prometteurs.

La nouvelle convention collective, qui contraint les équipes à signer les jeunes Européens dans les deux ans suivant la draft, a certainement freiné les ardeurs des franchises qui vont plutôt privilégier des joueurs plus établis en agents libres. L'attaquant de Rødovre passé par Frölunda, Lars Eller, est le représentant du Danemark choisi le plus haut, 13e par St Louis. Parmi les autres pays situés en dehors des 7 "grands", seule l'Allemagne a su tirer son épingle du jeu avec quatre jeunes, la Suisse n'ayant que deux sélectionnés, Luca Cunti par Tampa Bay et Yannick Weber par Montréal.

Au bilan, ce sont donc surtout les États-Unis les grands gagnants de cette draft. Le record de l'an dernier, dix joueurs au premier tour, est en effet égalé, et au total ce sont 30% des 211 joueurs choisis qui proviennent de ce pays. Mieux, les jeunes proviennent de régions en expansion : Jonathan Blum (23e, Nashville) est ainsi le premier Californien choisi au 1er tour, dans une draft qui a également vu un Texan sélectionné... par Dallas, au 5e tour. Plusieurs natifs de l'Illinois, de l'Ohio ou du Missouri ont également plu aux recruteurs. Enfin, la tendance de fond consiste à choisir des jeunes évoluant en universitaire ou pré-universitaire, afin de disposer de plusieurs années de développement au lieu des deux seulement pour les juniors et Européens.