NHL : l'effet papillon

On dit qu'un battement d'ailes de papillon peut provoquer un cyclone à l'autre bout du monde... Tel pourrait être le bilan de ce début de mois dans la NHL, avec la traditionnelle ouverture du marché des agents libres en ce 1er juillet. À cette date, les joueurs en fin de contrat et disposant d'une expérience suffisante sont libres de signer avec l'équipe de leur choix. Nouvelle convention collective ou pas, les différentes franchises sont loin d'être égales à ce petit jeu. L'augmentation substantielle du plafond salarial a permis aux "gros" marchés de disposer de bien plus de ressources que les "petits", ces derniers ramant pour atteindre le plancher en dépit de hausses constantes de billetterie.


Au jeu des signatures, cet été 2007 restera comme celui des contrats longue durée. Philadelphie a frappé en premier peu avant la draft, anticipant la date butoir avec des contrats mirobolants pour le défenseur Kimmo Timonen et l'ailier Scott Hartnell. Dès l'ouverture du marché du 1er juillet, les Flyers poursuivaient en signant Daniel Brière, meilleur marqueur des Sabres, pour 8 ans et 52 millions de dollars ! Pour continuer la transformation de dernier de la ligue à favori au titre, la franchise de Pennsylvanie échangeait son défenseur Joni Pitkänen et l'attaquant Geoff Sanderson à Edmonton contre l'expérimenté arrière Jason Smith et le jeune buteur Joffrey Lupul.

L'un des plus gros poissons signés, les autres formations se sont rapidement précipitées sur les quelques joueurs de renom. Les Rangers continuaient leur vieil adage : "si tu ne peux les battre, achète-les", en signant Chris Drury (Buffalo) et Scott Gomez (New Jersey), affaiblissant ses voisins. Les Sabres sont décapités par la perte de leurs deux capitaines, et les Devils guère en meilleur état avec la perte de leur défenseur vedette Brian Rafalski, parti rejoindre sa région natale du Michigan à Detroit, où il remplacera Mathieu Schneider, parti à Anaheim.

Les Ducks poursuivaient le lendemain avec Todd Bertuzzi : on prépare les éventuelles retraites de Teemu Selänne et Scott Niedermayer... L'autre grand gagnant, c'est Colorado, avec les arrivées de Ryan Smyth sur l'aile et de Scott Hannan à l'arrière. Saint-Louis s'en sortait bien avec Paul Kariya, Los Angeles attendant son heure le deuxième jour avec un quatuor solide à défaut d'être all-star (Tom Preissing, Kyle Calder et les Slovaques Ladislav Nagy et Michal Handzus). Autre gagnant, Washington, avec Tom Poti pour mener le jeu de puissance et Viktor Kozlov et Michael Nylander pour servir Alex Ovechkin. Florida pour sa part recrutait Radek Dvorak, Richard Zednik et Brett McLean, trois joueurs de complément diversifiant son attaque.

Perdants en revanche, outre les Sabres et les Devils, les Islanders, qui perdaient Poti, Smyth, Kozlov et leur meilleur buteur Blake (Toronto)... Montréal, qui a échoué sur tous les gros poissons le premier jour, devait se contenter de Bryan Smolinski et Roman Hamrlik, deux joueurs solides mais qui ne font que remplacer les départs dont celui de Bonk vers Nashville. Enfin, parmi les autres mouvements notables, Petr Sykora et Darryl Sydor à Pittsburgh, Robert Lang à Chicago, Michel Ouellet à Tampa Bay, Adrian Aucoin et Cory Sarich à Calgary, Jon Sim aux Islanders, Eric Perrin et Ken Klee à Atlanta...
Au final, un triple constat. D'une part, l'augmentation du plafond salarial a clairement profité aux puissances traditionnelles de la ligue et affaibli les "petits" marchés. D'autre part, les franchises canadiennes n'ont pas pu être compétitives sur le marché, la faute à un système de taxe bien moins avantageux qu'aux États-Unis selon certains. Enfin, en dépit des nombreuses assurances, l'escalade des salaires et des durées de contrat n'a pas faibli. Par peur de perdre des joueurs plus tard, beaucoup préfèrent signer des contrats longues durée avec salaires échelonnés, avec une multiplication des clauses de non-échange. Nouvelle NHL ? Pas si sûr...