Robert Müller remplace Travis Scott à Cologne

La puissance financière du championnat russe est en train de changer la donne dans les championnats européens, mais pas de la même façon que la NHL le fait : alors que celle-ci n'a pas le droit de recruter des joueurs en cours de saison en vertu de ses accords avec l'IIHF, les clubs de Superliga ne se gênent pas pour le faire... mais avec le consentement de leur victime ! Et pour cause : eux sont prêts à respecter les contrats et à mettre le vrai prix pour acquérir un joueur. En clair, une "indemnité de transfert". Cette expression absente du vocabulaire des franchises de NHL... qui ne rechignent cependant pas à en percevoir une quand le cas se présente : Ak Bars Kazan a payé plus de 500 000 euros aux Blues de Saint-Louis pour racheter le contrat de l'attaquant tchèque Petr Cajanek.

Le transfert le plus remarquable, c'est cependant celui de Travis Scott au Metallurg Magnitogorsk. Il retourne dans l'Oural six mois après en être parti, et multiplie par huit le salaire qu'il touchait à Cologne. Si le club allemand a accepté ce départ qui couvait depuis plusieurs semaines, c'est qu'il a empoché en retour un million d'euros. Une somme qui est bien supérieure à tous les fonds de compensation versés par la NHL. Cela crée un précédent intéressant au moment où l'IIHF a décidé réouvrir les négociations avec la NHL pour modifier les conditions de l'accord sur les transferts, après l'insatisfaction exprimée par la ligue suédoise

Un club comme Cologne n'est pas du genre à se priver de son joueur le plus important sans pouvoir se retourner. S'il l'a fait, c'est que ce transfert lui permettait d'embaucher un remplaçant, et il fallait que celui-ci soit allemand, sinon cela aurait coûté une licence d'étranger supplémentaire. Un seul nom s'imposait à l'esprit : celui de Robert Müller.

Grâce à son prêt à Duisburg, l'ancien gardien de Mannheim a pu enchaîner les matches pour la première fois depuis son cancer. Il a même fait gagner quatre fois de suite cette équipe, qui paraissait promise à la dernière place et qui était incapable d'enchaîner deux victoires. Du coup, on a arrêté de regarder Müller comme un "accidenté de la vie", et on l'a considéré à nouveau comme un gardien d'exception, abandonnant cette insidieuse arrière-pensée non exprimée selon laquelle il n'était plus comme avant Mannheim ne s'est pas opposé à ce transfert définitif, qui lui économise un de ses plus gros salaires et évite un conflit potentiel : les Adler savaient depuis le début de saison que la situation était intenable avec deux gardiens au potentiel de n°1 indiscutables.