Allemagne : Mannheim gagne avec Dave King

On pensait le champion Mannheim sorti d'affaire après un début de saison raté. À domicile en particulier, il n'avait plus perdu depuis deux mois. Il aura suffi d'une fois... Vendredi, la défaite contre le promu Wolfsburg (4-7) a provoqué le licenciement de l'entraîneur Greg Poss, qui avait pourtant été prolongé jusqu'en 2010 dans des circonstances qui avaient fait rire toute l'Allemagne. Le contrat avec l'Américain avait en effet été signé durant l'été, et le club voulait l'annoncer en début de saison, mais les mauvais résultats avaient sans cesse retardé l'échéance. Sauf que les Adler avaient déjà imprimé des cartes destinées aux supporters pour recueillir les autographes, cartes sur lesquelles figurait la mention "Greg Poss - contrat jusqu'en 2010". Les plus observateurs n'avaient pas manqué de le remarquer, et le "secret" était ainsi éventé. Mannheim l'a officialisé en novembre... pour virer son entraîneur un mois plus tard.

Immédiatement, les Adler présentaient son successeur : Dave King ! Le vieux lion canadien jouait très gros hier soir : son premier match contre Düsseldorf était d'autant plus capital que les matches de Mannheim des trois prochaines journées ont été avancés et déjà joués pour que l'équipe aille participer à la Coupe Spengler. La victoire fut une formalité (7-2). Il faut dire que Düsseldorf, autrefois le club-phare du hockey allemand, est en pleine crise avec neuf défaites dans les dix dernières journées et des tribunes à moitié vides. Le manager Lance Nethery, qui avait décidé de virer le coach Lener et de prendre les rênes de l'équipe, avait annoncé qu'il embaucherait un nouvel entraîneur si le besoin s'en faisait sentir. Le moins que l'on puisse dire est que ça presse...

Les changements d'entraîneur vont vite en DEL. Il y a dix jours, c'était Paulin Bordeleau (Augsbourg) qui devait rendre son tablier au lendemain d'une demi-finale de coupe perdue à plate couture chez la terrible attaque berlinoise (10-4). Bordeleau, qui avait affiché de grandes ambitions à son arrivée, a ainsi échoué dans le seul trophée qu'il pouvait éventuellement gagner avec un petit club comme Augsbourg, et au même stade - demi-finale - que son prédécesseur Benoît Laporte avant lui. Pourtant, par rapport à ses moyens, Augsbourg était plutôt mieux classé que prévu en championnat. Mais les dirigeants ne voulaient pas perdre de vue l'espoir d'une place en play-offs.

Ils ont donc engagé Larry Mitchell, un entraîneur canadien peu connu qui vient de se tailler une réputation en emmenant le petit club de Landsberg de la troisième au haut de la deuxième division, avant de partir à cause de sérieux problèmes financiers. Libre, Mitchell se retrouvait convoité. Il se permettait même de refuser un poste d'entraîneur-adjoint à Ingolstadt et de repartir dans son pays. C'était osé car il aurait pu tomber dans l'oubli... En fait, il aura suffi de deux semaines pour qu'il soit rappelé. Ironie du sort, c'est Max Fedra qui l'a contacté : le manager d'Augsbourg avait pourtant eu des prises de bec la saison passée avec l'entraîneur de Landsberg au sujet de certains prêts de joueurs, ce qui avait conduit à la fin de la coopération entre les deux clubs. Aujourd'hui, ils travailleront ensemble. Larry Mitchell avait un calendrier favorable dans une certaine mesure, mais aussi une forte pression : il commençait par trois matches à domicile. Ils ont été gagné tous les trois (dont deux aux tirs au but), et Augsbourg, effectivement, reste à portée de la dixième place.

Les Eisbären de Berlin sont toujours en tête du classement, devant Francfort. Quant à la finale de coupe, elle opposera les deux mêmes équipes, Berlin et Francfort.