Russie : Magnitogorsk aussi change d'entraîneur

C'est le huitième changement d'entraîneur cette saison en Superliga russe, mais sans doute le plus surprenant : Fedor Kanareikin s'est fait virer du Metallurg Magnitogorsk alors que son équipe occupe une troisième place a priori tout à fait honorable. Il est vrai que le champion en titre marquait un peu le pas avec sept défaites sur les dix dernières journées. Mais, plus que les résultats, c'est la qualité de jeu qui ne satisfaisait pas le spectateur n°1, celui qu'il ne faut pas contrarier : Viktor Rashnikov, le président du combinat métallurgique, la 104e fortune du monde au dernier classement de Forbes. Durant la trêve, Rashnikov avait déjà participé à une réunion avec les joueurs, les entraîneurs et les dirigeants, et il avait décidé de réintégrer Valeri Postnikov au sein du staff, à la place de l'entraîneur-adjoint Viktor Korolev qui était envoyé en tribune en position d'observateur-analyste. Postnikov, qui s'occupait dernièrement de la génération 1992 du club, est extrêmement respecté par tous les suiveurs du club. Il a en effet été l'entraîneur historique du Metallurg Magnitogorsk pendant plusieurs décennies, et il a évidemment suivi son ascension (de même que celle de Rashnikov).

Après deux nouvelles défaites à domicile contre Kazan et Nijnekamsk, la décision présidentielle a été encore plus radicale : le président a ordonné de mettre à l'écart Kanareïkin et de confier les commandes de l'équipe à Valeri Postnikov. Celui-ci s'est exécuté dans la plus totale allégeance, comme il l'a confié à Sport-Express : "J'ai un très grand respect pour Rashnikov, et je ne pouvais pas lui refuser cela. C'est précisément grâce à ses efforts que le club de hockey s'est développé à Magnitogorsk et que l'équipe figure parmi les grands de notre championnat. Le président sent toujours bien la situation. Les solutions qu'il choisit sont correctes à 99,9%."

Les débuts de Postnikov, vétéran actif sur le banc comme un gamin enthousiaste, se sont bien déroulés, avec deux succès à l'extérieur chez le Khimik et le SKA Saint-Pétersbourg, le deuxième du classement qui n'est plus qu'à trois points. Le cap de la fin d'année sera passé, mais le plus important reste à venir : dans deux semaines, le Metallurg Magnitogorsk reviendra à Saint-Pétersbourg pour participer à la Coupe d'Europe des Champions, qu'aucun club russe n'a jamais perdu dans sa formule actuelle.