Coupe de France : folle soirée

La Coupe de France a déjà fait vivre de grandes soirées, mais celle-ci va sans doute entrer dans l'histoire du hockey français comme la plus folle de toutes. Sur les quatre patinoires, on a vécu des émotions palpitantes et des rebondissements incroyables. Deux quarts de finale se sont terminés aux tirs au but, le troisième est allé en prolongation, et le quatrième s'est joué à l'avant-dernière minute du temps réglementaire : cela suffit à résumer cette soirée de dingues.

Lavigne EricLa surprise majeure est la qualification de Strasbourg. Depuis le début de la Ligue Magnus, les hommes de Daniel Bourdages s'étaient fait une spécialité de gaspiller des buts d'avance à la pelle et de ne pas concrétiser leurs bonnes prestations en points. Ce manque d'efficacité se traduisait notamment par des défaites en fin de match, et ils n'avaient vécu qu'une seule prolongation jusqu'ici. Mais le championnat est une chose et la Coupe en est une autre. Sa "perf", l'Étoile Noire l'a réalisée ce soir en ramenant la qualification de Briançon (3-2) à l'issue de la séance des tirs au but. Il y a dix jours en championnat, les Diables rouges s'étaient déjà inclinés à domicile contre Grenoble, sur un penalty de Ludek Broz... et le centre tchèque a récidivé ce soir en marquant le tir au but vainqueur à Morzine.

La palme des rebondissements revient sans doute au derby toujours passionnel entre Angers et Tours. Quelques errances du gardien Ville Koivula ont permis aux visiteurs de mener 1-3, mais les Ducs ont vite rétabli la situation à 4-3 à la fin du deuxième tiers-temps. Au retour sur la glace, Claude Devèze, l'homme aux 14 saisons à Angers, a égalisé pour Tours d'un tir dévié. Peu après, deux pénalités contre Deshaies et Koivula incitent Millette à demander son temps mort : à cinq contre trois, effectivement, Dominic Noël donne l'avantage à l'ASGT (4-5). Le nouvel entraîneur local Heikki Leime ne veut pas être en reste : lui aussi demande un temps mort pour sortir son gardien en fin de match... et Tomas Baluch égalise à trente secondes de la fin. Noël a failli être le buteur décisif, c'est au contraire lui qui prend la pénalité fatale, une obstruction en prolongation. À quatre contre trois, Éric Lavigne marque le but vainqueur. Le tenant de la Coupe de France est toujours en course.

Enfin, le dernier match de la soirée a bien failli être la surprise du chef. Rouen s'est déplacé à Neuilly-sur-Marne, seul club de D1 encore en lice, sans son gardien Ramon Sopko, légèrement blessé par un tir villardien samedi. C'est donc le second gardien Roman Quemener qui avait la délicate mission de garder les cages. Délicate parce que Neuilly est surtout réputé pour son attaque, et aussi parce qu'on se souvient qu'un de ses prédécesseurs, Pierre Pochon, avait été vilipendé par les partisans des Dragons pour une prestation hésitante pendant sa seule titularisation en Coupe de France contre... Neuilly.

Ce qui n'avait pas été annoncé, c'est que Houde et Quessandier, malades, n'étaient pas non plus du voyage, alors que Doucet était diminué. Rouen n'en était pas moins largement favori, et menait déjà 2-0 à la septième minute. De quoi se relâcher... Grave erreur. Les Bisons de Neuilly attendait fermement ce jour, et n'avaient rien l'intention de lâcher. Quatre fois, ils sont revenus au score ! Ce qui est étonnant, c'est que les protagonistes majeurs de la rencontre n'ont pas été leurs dernières recrues, mais leurs bons vieux Slovaques. C'est Roman Svaty qui était dans les cages, pas Figved. Et surtout, ce ne sont pas les Nord-Américains qui ont assuré la production offensive. Martin Gascon a bien trouvé une lucarne, et Francis Ballet a mis un lancer de la bleue, mais le héros du soir se nomme Milan Vastusko, auteur de trois buts, autant que Carl Malette à qui il a répondu trait pour trait. Le dénouement a toutefois été cruel pour les joueurs de la Seine-Saint-Denis : à l'avant-dernière minute, Olivier Bouchard qualifiait le RHE.

Le tirage au sort des demi-finales aura lieu samedi à Chamonix. On y retrouvera donc trois des quatre premiers du championnat, qui sont passés même dans la douleur, et l'étonnant Strasbourg qui a fait tomber le leader. Seule équipe qualifiée à avoir joué son quart de finale à domicile, Angers jouera quoi qu'il arrive sa demi-finale à l'extérieur. Rappelons que c'est en vertu de ce même règlement que les Angevins avaient pu avoir le match inversé et recevoir Rouen au même stade l'an passé.