Omsk change d'entraîneur

La KHL n'a pas rompu avec l'habitude de la Superliga russe selon laquelle un premier entraîneur se fait virer dès le mois de septembre. Il aura suffi de six matches pour que Sergei Gersonsky (Avangard Omsk) prenne la porte. La piètre prestation de son équipe, dominée dans tous les domaines face au champion en titre Ufa (1-5), avait placé sa tête sur le billot. La défaite à domicile suivante contre Chelyabinsk (3-6) a fait tomber la lame.

Il y a cinq ans, Gersonsky avait déjà été viré d'Omsk après la révolte des stars de l'effectif, Maksim Sushinsky et le gardien Maksim Sokolov. Aujourd'hui, un scénario similaire s'est reproduit. Il a eu du mal à affermir son autorité sur les leaders de l'équipe. Et quand il a essayé, un discours un peu trop vif entre deux tiers-temps à Nijnekamsk, durant lequel il a notamment critiqué le manque de repli défensif de la recrue Jaromir Jagr, n'a pas été apprécié par les Tchèques de la première ligne.

Cette semaine, des négociations ont eu lieu avec Bob Hartley, ex-vainqueur de la Coupe Stanley avec Colorado. Mais il est cher (son dernier salaire à Atlanta était de 1,2 million, et il a voulu négocier plus) et cette perspective n'enchantait pas forcément les joueurs. Le candidat retenu est finalement Wayne Fleming, et c'est une petite surprise. Même s'il a entraîné l'équipe nationale du Canada aux Mondiaux 2001 et 2002, Fleming est surtout connu comme assistant-coach. Il a connu trois Jeux Olympiques (1992, 2002, 2006) à ce poste, et c'est comme adjoint qu'il a fait toute sa carrière NHL. Il vient de démissionner de son poste d'assistant avec les Calgary Flames pour pouvoir saisir cette opportunité, comme il l'avait fait après Albertville pour entraîner Leksand alors qu'on lui proposait des postes d'adjoints en NHL dans les nouvelles franchises de Tampa et Ottawa. Les observateurs russes font la fine bouche : la candidature de Wayne Fleming n'avait pas été retenue par le Dynamo Minsk cet été, et voilà qu'un des grands clubs russes le choisit ! Il avait cependant la faveur de Jagr et de ses copains. C'est d'ailleurs le Tchèque qui a été chargé de faire le premier contact téléphonique pour éviter de passer par un interprète.

À défaut d'impressionner par son jeu pour l'instant, Jaromir Jagr s'avère donc influent hors de la glace. Il a ainsi suggéré au coach intérimaire Igor Nikitin d'inclure le capitaine Svitov dans la ligne de jeu de puissance, et celui-ci a effectivement marqué en supériorité numérique hier soir lors de la victoire 5-1 sur Togliatti. Cela donne un peu d'air à Omsk qui a encore trois matches à jouer avant l'arrivée de Fleming prévue vendredi - si les négociations sur son contrat se passent bien car il n'a pas encore signé même s'il a quitté son ancien poste.