Top/flop européen d'octobre 2008 : TPS Turku (flop)

Longtemps, "TPS" a été la meillure traduction finnoise du mot victoire. Entre 1988 et 2001, le club de Turku avait atteint 11 fois la finale du championnat en 13 ans et l'avait remportée 8 fois, avec deux entraîneurs : Hannu Jortikka, auteur de deux triplés à dix ans d'intervalle (1989-1991 et 1999-2001), et le Russe Vladimir Yurzinov qui aussi amené les deux titres de champion d'Europe (1994 et 1997).

Cela fait des années que le TPS court après son passé. Après l'échec du retour de Jortikka, le destin du club avait été confié depuis l'an dernier à Hannu Virta, un des quatre joueurs du club à avoir eu son numéro retiré avec Timo Nummelin, Juhani Wahlsten et Saku Koivu. L'ancien défenseur vient maintenant de marquer l'histoire du club d'une autre manière : Virta est le premier entraîneur à s'y être fait virer en cours de saison !

Pour en arriver là, faut-il que le TPS soit en mauvaise posture. C'est le cas puisqu'il est... dernier. L'attaque est inoffensive (1,7 buts par match) et Aki-Petteri Berg n'est plus le leader des lignes arrières qu'il était encore l'an passé. Les vieilles gloires du club semblent plus un poids qu'autre chose : Marko Kiprusoff, qui a connu les grandes années, effectue désormais des prestations désastreuses à 36 ans.

Le "sauveur" n'est donc pas un grand ancien : Kai Suikkanen a terminé sa carrière au TPS en 1991, mais elle s'est déroulée essentiellement au Kärpät (le nouveau synonyme de "victoire" en finnois dans les dictionnaires du XXIe siècle). Il arrive du Hokki Kajaani, un club dont il a démissionné deux jours avant de s'engager à Turku. Petit budget, le Hokki a été champion puis finaliste en Mestis. Ce n'est pas la première fois que le TPS cherche son salut à Kajaani : l'attaquant maigrelet Antti Erkinjuntti avait été recruté là-bas il y a un an, et après s'être développé physiquement, il est devenu une des pièces maîtresses du club.

Mais toute la Finlande souhaite du courage à Suikkanen. Personne ne parle encore de relégation même si les barrages sont réinstaurés cette année. Par contre, éviter une première élimination des play-offs depuis 1988 (ils se jouaient à 4 équipes, aujourd'hui à 10...) s'annonce très difficile même si ça reste l'objectif officiel. La moyenne de spectateurs est déjà inférieure de 1000 unités à celle inscrite dans le budget prévisionnel, et le TPS ne semble pas près de sortir de la crise...