Zinoviev est-il une "balance" ?

C'est la trêve de décembre en KHL, et c'est traditionnellement le moment où les clubs russes partent au soleil, en Méditerranée ou dans le Golfe Persique. Pas cette année... Crise financière oblige, certains clubs ont annulé leur excursion : l'Atlant Mytishchi n'ira pas aux Émirats Arabes Unis, et l'Avangard Omsk restera en Sibérie (sauf Jagr qui a obtenu le droit de rentrer en République Tchèque) au lieu de partir en Suisse.

On a passé la mi-saison, et le Salavat Yulaev Ufa est toujours devant sur tous les fronts. En plus d'avoir pris une option sur la finale européenne, il est aussi en tête de la KHL, mais, battu à domicile par son dauphin l'Atlant, il n'a plus que deux points d'avance au classement (et un match en moins). L'autre demi-finaliste de la Ligue des Champions, le Metallurg Magnitogorsk, a aligné 13 victoires de suite pendant qu'il concédait ses deux premières défaites européennes. La série s'est arrêtée avec une défaite 5-2 chez le CSKA, qui revient à deux points. Cette division Tarasov est très serrée puisque quatre équipes (Metallurg, SKA, CSKA et Traktor) se tiennent en six points.

La grande affaire du moment de la KHL, ce sont les inspections de la ligue qui a mis trois clubs à l'amende pour transmission de mauvaises informations contractuelles. On y retrouve les deux géants qui font la fierté de la Bachkirie (Salavat Yulaev Ufa) et du Tatarstan (Ak Bars Kazan), mais aussi le Lada Togliatti, dont personne ne sait pourquoi il a menti sur les contrats puisqu'il est bien loin de la limite salariale.

Cette affaire se greffe sur une autre, le cas Sergei Zinoviev. Le centre de la première ligne de la Russie championne du monde n'était plus aligné cette saison avec ses habituels partenaires Zaripov et Morozov et ne jouait plus qu'une poignée de minutes à Kazan. Sorti de l'équipe, il a ensuite refusé de reprendre le jeu tant que resterait son entraîneur Zinetula Bilyaletdinov, avec lequel le point de non-retour a été atteint.

Or, Zinoviev est suspecté d'avoir transmis en représailles son vrai contrat à la KHL, d'un montant évidemment différent du contrat "officiel" à disposition de la ligue pour tenir le plafond salarial...

La KHL a statué que Zinoviev - sous contrat jusqu'en avril 2012 - deviendrait agent libre, mais plusieurs clubs se sont alors empressés de s'entendre pour ne pas recruter le "cafteur". Un dirigeant de la KHL a ensuite précisé que la décision de libérer Zinoviev de son contrat était purement fondée sur la situation sportive du joueur, privé de jeu, et n'avait rien à voir avec les investigations financières qui n'ont abouti que grâce à la qualité des contrôles...

On peut douter de cette version, car Ak Bars a bien fait attention de toujours permettre au joueur de s'entraîner pour ne pas être accusé de faire défaut à ses obligations. C'est Zinoviev qui a refusé de reprendre le jeu pour une poignée de minutes par match. La décision fait en tout cas le bonheur du Dynamo, qui n'a pas fait partie des clubs qui se sont entendus pour ne pas engager Zinoviev. Cela fait une semaine que la rumeur l'envoie chez les Moscovites, au point qu'elle est quasiment officielle.