Les équipes-types des play-offs

Grenoble ayant bâti son succès sur sa défenseur imperméable, on ne s'étonnera guère de voir son quatuor majeur d'arrières réaliser un hold-up sur les places dans les deux équipes-types des play-offs : 4 sur 4 (à l'image des trophées conquis cette saison par leur équipe), c'est une véritable hégémonie qui n'est guère contestable. En plus de leur efficacité derrière, ces défenseurs ont été les meilleurs offensifs puisque Satosaari a été battu sur des lancers d'arrières lors du match 3 (Bergström 2) et du match 4 (Rouleau 1, Wallin 3) de la finale.

Reste à départager ce quatuor défensif grenoblois... Alexandre Rouleau a encore hissé son niveau de jeu en play-off avec une envie de gagner communicative, un tir de la bleue très précis et une présence physique utile quand les débats montent d'un cran. Si sa présence est évidente, la fin de saison de Calle Bergström est plus surprenante. Le Suédois avait été critiqué pour sa lenteur et son manque de réussite malgré son tir canon, mais il s'est métamorphosé en play-offs. Incisif, il a eu une contribution offensive en nette hausse. Défensivement, il a été impeccable, toujours bien placé, très impliqué pour dégager les rebonds autour de la cage. Lusth en début de saison avait recruté Rouleau et Bergström notamment pour avoir plus de solutions à la ligne bleue en supériorité numérique, et effectivement, le jeu de puissance grenoblois n'a jamais été aussi efficace.

Les deux recrues devancent donc les deux valeurs sûres des lignes défensives grenobloises. Viktor Wallin, s'il a manqué sur blessure le match de la qualification à Rouen, a éclaté lors du match du titre avec trois tirs de grande précision. Le Suédois est un monstre en défense, son calme et sa sérénité dans les situations les plus chaudes sont vraiment impressionnants. Il lit bien le jeu et arrive toujours à bien couper les passes dans sa zone. Le capitaine Baptiste Amar a comme toujours montré l'exemple. Moins en vue offensivement, il a été excellent défensivement : il ne se laisse jamais déborder et a sauvé de nombreuses situations chaudes en infériorité numérique.

Jan HammarBien sûr, cette défense de rêve a protégé un Eddy Ferhi qui a atteint en finale un niveau encore jamais vu cette saison. Quand le gardien international français joue comme ça, Grenoble ne peut vraiment pas perdre. Il a donc remporté son duel face à Tommi Satosaari, le gardien aux deux visages. Fantastique lorsqu'il se concentre sur son jeu, le Finlandais est capable de réflexes incroyables. En revanche lorsqu'il perd ses nerfs, il a une mentalité exécrable, capable d'accumuler les pénalités et même de sortir d'un match comme cela a failli lui arriver lors du quatrième match de la finale.

En attaque, le meilleur marqueur des play-offs Ludek Broz est le métronome de l'attaque grenobloise. Son rôle est capital en power-play, il arrive toujours à mettre en très bonne position les arrières shooteurs de Grenoble. Bref un rouage essentiel capable aussi de très bons tirs à la cage même s'il est un passeur avant tout.

Si Broz est sans doute l'attaquant le plus régulier sur l'ensemble de la saison, d'autres, plus inattendus, ont hissé leur niveau de jeu pendant les play-offs. Jan Hammar est un rouage essentiel du jeu en infériorité numérique qui a été un élément essentiel du succès grenoblois. Capable de remonter le palet à toute vitesse, de forcer haut en zone d'attaque pour gêner le porteur du palet sans jamais se laisser déborder. Hammar a une activité incroyable, c'est un des joueurs les plus endurants de Grenoble avec Nilsson. Le duo que forment les deux Suédois est un vrai poison pour les powerplays adverses. Damien Fleury a débordé d'énergie et de vitesse comme à son habitude mais s'est aussi montré très efficace avec une moyenne d'un point par match. C'est une revanche pour lui qui avait été laissé sur le banc lors des deux derniers matchs des play-offs contre Briançon l'an dernier.

Briançon, pour sa part, n'a pas vu ses attaquants progresser ainsi. Ses vedettes présumées comme Dufour ont plutôt décliné, ayant peut-être déjà la tête ailleurs... Ce n'était cependant pas une fatalité : on se souvient que l'an passé, un Sivic avait été élu dans la seconde équipe-type des play-offs alors qu'on savait de la même manière qu'il quitterait Briançon pour Grenoble... Bref, s'il faut en sauver un, c'est comme souvent Edo Terglav, le capitaine courage, celui qui montre l'exemple et qui reste fidèle au club. Le Slovène est un formidable exemple de volonté et d'efficacité dans le jeu, même s'il a souffert en finale avec deux chocs lors de la troisième manche.

Angers a subi dans ces play-offs la perte provisoire de ses deux meilleurs joueurs, Jonathan Bellemare qui a répondu aux provocations par un coup de tête "zidanien" et Éric Fortier qui a dû rentrer au Canada pour le décès de son beau-frère mort dans un tragique accident. Quand on connaît la faible profondeur de banc angevine, ces deux absences majeures auraient pu être rédhibitoires. Si les Ducs ont pu se qualifier quand même contre Amiens, c'est parce que la deuxième ligne a su combler le vide. Tomas Baluch, avec ses 12 filets, est ainsi le meilleur buteur de ses play-offs. Il a été monstrueux dans le slot, comme toujours quand il s'agit de s'imposer dans la zone de vérité. À ses côtés, Matias Metsäranta n'a pas seulement contribué offensivement, il a aussi été un excellent centre défensif, qui, déjà, neutralisait l'armada briançonnaise avant que celle-ci ne soit définitivement étouffée par d'autres en finale. La Ligue Magnus.

Première équipe-type : Eddy Ferhi (Grenoble) ; Alexandre Rouleau (Grenoble) - Calle Bergström (Grenoble) ; Tomas Baluch (Angers) - Ludek Broz (Grenoble) - Edo Terglav (Briançon).

Deuxième équipe-type : Tommi Satosaari (Briançon) ; Viktor Wallin (Grenoble) - Baptiste Amar (Grenoble) ; Jan Hammar (Grenoble) - Matias Metsäranta (Angers) - Damien Fleury (Grenoble).