14 équipes en vacances

La saison régulière a rendu son verdict et 14 équipes vont pouvoir s'entraîner au golf dans les prochains mois.

À l'est, les Islanders terminent bons derniers. Décimés par les blessures, les New-Yorkais se sont vus contraints de lancer dans le grand bain de très nombreux débutants encore trop tendres. Ils se consolent en gagnant la lotterie de la draft, piochant en premier (John Tavares ou Oscar Hedman ?). Pas mieux à Tampa Bay où l'infirmerie a elle aussi eu beaucoup de travail. Le recrutement prolifique et le coach médiatique Barry Melrose n'auront rien changé et l'expérience a tourné court : échanges, changement d'entraîneur, et 14e place. À Atlanta, les maux sont les mêmes depuis des années : une défense passoire et un Ilya Kovalchuk bien seul. Le Russe, promu capitaine, a fini la saison en feu, de même que le gardien Kari Lehtonen. Les progrès de Bryan Little au centre et ce bon final redonnent tout de même un peu d'optimisme à une franchise qui n'a connu les playoffs qu'une fois depuis 1999.

Du côté de Toronto, le départ du capitaine emblématique Mats Sundin n'a pas été compensé, mais on peut se satisfaire des débuts du défenseur Luke Schenn, impressionnant à 19 ans à peine, et des attaquants Nikolaï Kulemin et John Mitchell. Il y a du potentiel chez les Maple Leafs, surtout avec Ron Wilson en nouvel entraîneur et Brian Burke en manager général... Plus étonnant, Ottawa a complètement manqué sa saison. Attaque de feu depuis 3 ans, l'offensive des Senators est passée au travers et il a fallu attendre le changement d'entraîneur et la promotion de Cory Clouston sur le banc pour voir le trio Heatley-Spezza-Alfredsson reprendre des couleurs, mais ce sprint final étincellant était bien trop tardif.

Les Sabres de Buffalo manquent eux aussi le "cut", de peu, comme l'an dernier. Les départs des stars depuis deux ans ont forcé Lindy Ruff à aligner une équipe moins explosive mais très homogène. Les Sabres y auront cru jusqu'au bout, portés par un Jason Pominville en feu, mais paient l'absence de Ryan Miller et Thomas Vanek pendant quelques semaines en mars, Patrick Lalime n'ayant pas tenu dans les cages et Derek Roy et Tim Connolly pas suffi devant malgré d'excellentes saisons. L'émergence de Chris Butler a l'arrière restera la bonne nouvelle de l'année.

Plus frustrant encore, Florida manque les playoffs d'un cheveu ; 93 pts, comme Montréal... 41 victoires, comme Montréal ! Mais les confrontations particulières favorisent le Canadien et les Panthers échouent, comme depuis 2000. Dommage, car le duo Vokoun-Anderson a brillé dans les cages et la défense fut l'une des plus prolifiques de la ligue. Jay Bouwmeester, en fin de contrat, resignera-t-il, pour accompagner les Stephen Weiss, Nathan Horton ou Michael Frolik qui arrivent à maturité ?

À l'ouest, Colorado a traîné sa peine toute la saison. Des blessures, un duo de gardien Budaj-Raycroft insuffisant et un Joe Sakic devenu fragile à 40 ans... une dernière place piteuse après des années de gloire, et pas moins de 10 jeunes qui ont découvert la NHL cette année. Los Angeles n'a pas fait mieux. Décimés par les blessures ces dernières années, les Kings ont été dans le coup les trois quarts de la saison avant de lâcher prise, mais ont le bonheur d'avoir découvert quelques pièces du puzzle : le jeune gardien Jonathan Quick ou le défenseur Drew Doughty, énorme à 18 ans. Reste à trouver une attaque... Mêmes espoirs à Phoenix, où la jeune troupe de Wayne Gretzky progresse : Mikkel Bødker, Viktor Tikhonov, Peter Mueller, Martin Hanzal sont les futures stars, pour prendre le relais du capitaine exemplaire Shane Doan. Le départ d'Olli Jokinen à la deadline et de nombreux échanges ont cependant secoué l'effectif, encore une fois : un manque de stabilité qui pénalise les Coyotes.

Plus étonnant, la présence de Dallas à la 12e place. Finaliste de conférence il y a 1 an, les Stars n'ont jamais trouvé le rythme cette saison. Une attaque un peu faible et une défense moins bonne que l'an passé, quelques blessures clés et "l'affaire Avery"... et voilà les Texans en vacances. Pas mieux pour les jeunes Oilers d'Edmonton, qui auront espéré jusqu'au bout mais échouent à 6 pts. Les jeunes Cogliano, Gagner ou O'Sullivan devront mûrir encore, mais Dwayne Roloson n'est plus tout jeune.

Nashville pour sa part échoue à 3 pts : une saison surprise pour une équipe que l'on attendait moins bonne, mais qui a tenu la dragée haute jusqu'au dernier week-end. L'absence de Jason Arnott en fin de saison a coûté cher mais il y a des motifs de satisfaction, avec l'émergence de Pekka Rinne dans les buts et le retour de Steve Sullivan sur la glace après 2 ans de blessures. Enfin, Minnesota a également frôlé le "cut", à 2 pts près. Les tensions entre la star Marian Gaborik et le très conservateur coach Jacques Lemaire ont pesé, la blessure de Brent Burns à l'arrière en fin de saison aussi. C'est un échec pour le Wild qui s'est séparé de Lemaire - en poste depuis 2000 - dès la fin du 82e match, préférant conserver Gaborik et changer sa philosophie trop défensive dans cette nouvelle NHL.