Présentation des playoffs

Boston Bruins (1) - Montréal Canadiens (8). Voilà une série qui promet : le dernier match de la saison entre les deux équipes s'est soldé par un 5-4 après prolongation et une douzaine de bagarres... Montréal avait remporté 8 matches sur 8 l'an passé, mais Boston s'est bien repris en dominant la saison. Les Bruins et leur gardien atypique Tim Thomas, l'homme de la saison en NHL, ont terminé meilleure attaque et 3e défense de la NHL, portés par Marc Savard, Phil Kessel et les révélations Milan Lucic, David Krejci et Blake Wheeler. Le grand Zdeno Chara, capitaine modèle, a mené sa ligne d'arrières de main de maître, accompagné par Dennis Wideman. L'arrivée du vétéran Marc Recchi à la deadline s'est révélée payante en fin de saison. Les Bruins confirmeront-ils en playoffs ?

Montréal pour sa part s'est qualifié d'un cheveu à l'issue d'une saison en dents de scie. Guy Carbonneau a payé de sa place les insuffisances de son équipe, qui a fini très fort quand le trio Tanguay-Koivu-Kovalev s'est réveillé. Carey Price, inconstant, aura un rôle clé face aux Bruins, surtout si Andrei Markov, le meilleur joueur de la saison, ne revient pas de l'infirmerie à temps. Pronostic : Boston 70% - Montréal 30% .

Washington Capitals (2) - New York Rangers (7)
. Ovechkin contre Lundqvist : tel pourrait être le résumé de cette série. Washington s'est appuyé sur une nouvelle grosse saison de sa star russe, meilleur buteur de la ligue avec 56 réalisations. Il n'est pas dénué de soutien, Nicklas Bäckström l'ayant alimenté de caviars toute la saison, alors qu'Aleksandr Semin et Eric Fehr ont eux aussi fait trembler les filets. La défense a été moyenne dans son ensemble, un tableau masqué par l'insolente réussite de Mike Green, premier arrière à 30 buts (!) depuis 1993-94. Le duo Theodore-Johnson dans les cages n'a pas vraiment convaincu mais suffisamment assuré, même si le second a commencé à perdre sa place au profit du jeune Russe Semeon Varlamov. Au final, l'explosivité des Capitals promet beaucoup dans ces playoffs.

En face, les Rangers étaient à la dérive en début d'année. Mais l'arrivée de John Tortorella sur le banc et le retour du trublion Sean Avery, combinés à l'acquisition de Nik Antropov, ont complètement changé l'équipe qui a fini en trombe. Plus faible attaque des 16 qualifiés, les Rangers devront espérer que les Gomez, Naslund et autres Zherdev et Drury se réveillent enfin, sans quoi Henrik Lundqvist, décisif toute l'année, risque de fatiguer rapidement. Pronostic ! Washington 75% - NY Rangers 25%.

New Jersey Devils (3) - Carolina Hurricanes (6)
. S'il y a une série indécise, c'est bien celle-ci ! Les Devils étaient donnés pour morts lorsque leur star et pilier depuis 15 ans, Martin Brodeur, s'est blessé 4 mois en octobre. C'est alors que le méconnu Scott Clemmensen est sorti de sa boîte et assuré 25 victoires, permettant aux Devils d'atteindre la barre des 50 victoires en une saison pour la première fois de leur histoire ! Au coeur du succès, une formation plus offensive que d'habitude, avec un Zach Parise monstrueux (94 pts), un Jamie Langenbrunner en mission (30 buts), un Travis Zajac émergeant, et un Patrik Elias retrouvé, pour sa meilleure saison depuis son hépatite. La défense, composée de joueurs très sous-estimés, a assuré le travail et l'expérience des Holik, Rolston et autres Shanahan risque d'être précieuse en playoffs. Toutefois, cette énorme saison reste ternie par un final poussif... Heureusement, l'avantage de la glace leur appartient.

Du côté de Carolina, c'est tout l'inverse. Paul Maurice, de retour aux affaires en décembre, a mené une équipe qui est montée crescendo en température. Cam Ward a retrouvé sa forme de MVP des playoffs 2006, Eric Staal a fini en ébullition au delà des 40 buts, et le reste de l'équipe a suivi après un départ catastrophique. L'expérience du titre sera primordiale face aux Devils, en s'appuyant sur les armes traditionnelles des Hurricanes : Rob Brind'Amour et ses mises au jeu, et les équipes spéciales, qui leur ont permis de s'installer en véritable épouvantail dans la dernière ligne droite. Pronostic : New Jersey 55 % - Carolina 45%.

Pittsburgh Penguins (4) - Philadelphia Flyers (5). Une autre série très indécise se profile entre les deux franchises de Pennsylvanie. Les Flyers, finalistes de conférence l'an passé, ont réussi une saison très constante. Une défense relativement solide devant Martin Biron, et une attaque explosive autour du jeune capitaine Mike Richards, du buteur Jeff Carter et du débutant Claude Giroux. Le retour de blessure de Daniel Brière et de simon Gagné a également apporté beaucoup de variété dans le jeu. La rudesse traditionnelle reste bien sûr présente pour une équipe assez complète. Néanmoins, une fin de saison délicate leur a coûté l'avantage de la glace sur le fil, ce qui pourrait se réveler crucial.

Tout autre fut la saison des Penguins. Finaliste de la coupe Stanley en juin, l'équipe a peiné toute la saison, malgré les exploits offensifs d'Evgeni Malkin, meilleur marqueur et passeur de la ligue. Sidney Crosby, 3e compteur, a connu quelques pépins physiques, mais c'est surtout la défense qui a eu du mal, avec l'absence de Sergei Gonchar dans la première moitié de saison. Il a fallu attendre quelques échanges, avec l'arrivée de Chris Kunitz en attaque et un changement d'entraîneur avec la promotion de l'ancien Ducks Dan Bylsma, pour sa première expérience de coach NHL, pour retourner la saison : Pittsburgh a fini très fort et son offensive fait peur. Marc-André Fleury a prouvé sa valeur en playoffs l'an passé, mais il faudra confirmer dans ce premier tour compliqué. Pronostic : Pittsburgh 60% - Philadelphie 40%.

San José Sharks (1) - Anaheim Ducks (8). C'est un cadeau empoisonné pour les Sharks, que ce trophée du Président de meilleure équipe de la saison régulière, avec record de points à la clé. San Jose le remporte pour la première fois et reçoit ainsi les dividendes de son effectif, savant mélange de jeunes prometteurs (Michalek, Pavelski, Vlasic), de stars confirmées (Thornton, Marleau) mais aussi de recrutement de nombreux anciens vainqueurs de la coupe (Blake, Boyle, Moen, Lukowich). Au final, une saison de rêve pour le coach débutant Todd McLellan, assistant de Detroit pour le titre 2008. Nabokov a été impérial dans les cages, sans trop de repos toutefois. Le jeu de puissance a fait mal partout où il est passé et l'équipe est complète, avec une bonne profondeur et une grosse solidité derrière.

Malheureusement pour les Sharks, le premier tour leur offre un derby californien compliqué contre le champion 2007, Anaheim. Les Ducks ont connu une saison en dent de scie, ne se qualifiant sur le fil que grâce à un bon final. Jean-Sébastien Giguère, décevant, a été supplanté par le débutant suisse Jonas Hiller. La défense reste assez impressionnante avec Scott Niedermayer, Chris Pronger mais aussi Ryan Whitney, acquis de Pittsburgh, et François Beauchemin, de retour de blessure. L'attaque enfin propose beaucoup de variété : la puissance de Ryan Getzlaf, le jeu de passe de Corey Perry et la vitesse de Teemu Selanne devraient encore gêner considérablement les Sharks, d'autant que le rookie Bobby Ryan a explosé cette année. Pronostic : San Jose 60% - Anaheim 40%.

Detroit Red Wings (2) - Columbus Blue Jackets (7) . Detroit, champion 2008, pouvait-il faire mieux ? La réponse est oui, avec une bonne quarantaine de buts supplémentaires pour une attaque explosive - justement l'apport de Marian Hossa, seul ajout de l'effectif champion. Si la défense et Chris Osgood ont été nettement moins solides que l'an passé, les Red Wings restent l'équipe à battre de ces playoffs. Expérience, talent, vitesse, physique... Une formation complète, qui sait ce qu'il faut faire pour gagner. Mais aussi un état d'esprit de gagnant, qui pousse tous les joueurs à rester : après les contrats long terme d'Henrik Zetterberg et Pavel Datsyuk, c'est Johan Franzen, décisif en playoffs 2008, qui signe 11 ans, alors que Marian Hossa, qui n'avait signé qu'un an, souhaite prolonger. Nicklas Lidström et Brian Rafalski étant toujours aussi solides derrière, Detroit devrait pouvoir avancer assez loin, une nouvelle fois.

En face, Columbus est déjà tout heureux d'être qualifié. Les Blue Jackets étaient les seuls à n'avoir jamais goûté aux phases finales : c'est enfin chose faite, même si le premier tour leur offre une montagne à franchir. La franchise de l'Ohio est la surprise de la saison, principalement grâce à un homme : Steve Mason, gardien débutant qui a franchi le cap des 30 victoires dès sa première saison. Insolent de réussite, l'ancien champion du monde junior a su profiter de la blessure de Pascal Leclaire pour porter l'équipe sur ses épaules. Devant lui, la défense a progressé autour de Rostislav Klesla et Mike Commodore, ancien champion avec Carolina. Mieux, l'attaque a produit : Rick Nash a dépassé son record de carrière et il a enfin eu du soutien : RJ Umberger a joué comme un centre n°1, Jason Williams apporté de la vitesse, les rookies Derrick Brassard et Jakub Voracek joué comme des vétérans, et l'acquisition d'Antoine Vermette à la deadline a offert des solutions supplémentaires. Columbus a déjà atteint son objectif et n'a plus grand chose à perdre. Pronostic : Detroit 85% - Columbus 15%.

Vancouver Canucks (3) - St-Louis Blues (6)
. Vancouver a conquis de haute lutte la division nord-ouest lors du dernier week-end, et l'on pourrait résumer l'équipe à un seul joueur : Roberto Luongo. Le portier québécois fut à nouveau l'homme décisif des Canucks toute la saison, terminant d'ailleurs par deux blanchissages. Devant, les jumeaux Sedin ont assuré l'offensive, bien relayés par une grosse saison de Ryan Kesler, l'explosion d'Alex Burrows et les contributions de Pavol Demitra ou Steve Bernier. Mats Sundin, en revanche, n'aura pas trop brillé. Il faudra pourtant toutes les armes offensives pour soulager Bieksa, Edler, Ohlund, Salo et Mitchell...

L'adversaire du premier tour est une surprise : St Louis. Les Blues restent sur plusieurs saisons au fond du trou et, quand son jeune défenseur Erik Johnson s'est bêtement blessé au genou à l'intersaison, personne ne croyait aux playoffs. Mais Andy Murray a plus d'un tour dans son sac et les joueurs ont suivi : les jeunes comme Brad Boyes, David Backes, Patrik Berglund et David Perron, mais aussi les plus anciens comme Keith Tkachuk. Mieux, Chris Mason, ancien gardien de Nashville, a assuré un spectaculaire rendement sur la deuxième moitié de saison, lorsque Manny Legace s'est blessé. La défense est peu connue mais a fait le travail : un gros sprint final et voici les Blues en playoffs, et ils n'ont rien à perdre. Pronostic : Vancouver 65% - St Louis 35%

Chicago Blackhawks (4) - Calgary Flames (5) . Chicago retrouve les playoffs après de longues années de disette. Les Blackhawks récoltent les fruits de leur bon recrutement de jeunes, et de l'apport de quelques vétérans. Nikolai Khabibulin a su sortir une bonne saison, évinçant quelque peu Cristobal Huet, et le Russe possède des statistiques incroyables contre Calgary. La défense, avec l'arrivée de Brian Campbell, a pris une autre dimension, d'autant que le duo Duncan Keith - Brent Seabrook a eu un niveau de all-star. Les contributions de Jonathan Toews et Patrick Kane étaient attendues, mais une saison sans blessure de Martin Havlat beaucoup moins... record de carrière pour le Tchèque. Mieux, un rookie inattendu a joué les premiers rôles, avec l'ancien espoir de Boston Kris Versteeg. Une équipe complète, renforcée par le spécialiste défensif des Ducks et ancien champion Sami Pahlsson, mais peut-être encore un peu jeune.

Il faudra en tout cas du courage pour se défaire des Flames de Calgary. La franchise de l'Alberta et son coach controversé Mike Keenan jouera sur son point fort : un physique extrêmement intense... les mises en échec vont pleuvoir ! Calgary arrive cependant diminué par de nombreuses blessures, au point que l'équipe a joué en effectif réduit en fin de saison. Phaneuf, Regehr et Sarich sont incertains, diminuant la défense devant Mikka Kiprusoff, véritable marathonien des cages. Offensivement, les Flames se sont retrouvées autour du capitaine Jarome Iginla. Il a reçu de bons soutiens de l'ancien King Mike Cammalleri, qui va découvrir les playoffs... tout comme Olli Jokinen, recrue de la deadline mais débutant en phase finale, après 799 matches NHL ! Le centre finlandais jouera gros, mais Calgary devra aussi s'appuyer sur sa profondeur, avec les jeunes Rene Bourque ou David Moss et les vétérans Todd Bertuzzi, Daymond Langkow, Craig Conroy. De la puissance, de la rudesse : la série ne sera pas tendre, c'est certain. Pronostic : Chicago 55% - Calgary 45% .