Épinal - Franches-Montagnes (amical)

Franchement bon pour le moral

La nuit a-t-elle porté conseil aux Spinaliens après le camouflet strasbourgeois (1-3) ? En ce bel après-midi d'été, Épinal repasse à l'heure suisse en accueillant Franches-Montagnes. Habituée ces dernières années aux représentants de LNB (Olten, Sierre et les GCK Lions en attendant les Young Sprinters jeudi prochain), l'ICE se frotte cette fois à un sparring-partner venu de 1re Ligue (3e échelon helvétique). Des Jurassiens n'ayant pas la constance de Zuchwil, qu'Épinal n'avait pu battre l'été dernier (3-3 en terres alémaniques), et qui ne se sont pas qualifiés l'an passé pour les playoffs de la division romande.

Reste que le HCFM a fait sensation cette semaine en engageant Geoffrey Vauclair, le capitaine sortant de Fribourg-Gottéron. Après douze saisons au plus haut niveau (et pas mal de blessures aussi), l'aîné de la plus célèbre fratrie de LNA (Julien et Tristan jouent à Lugano) entame sa reconversion comme assureur dans une agence fribourgeoise. Aussi ce bon coup fut-il rendu possible par le nouvel entraîneur Martin Bergeron, remplaçant du coup Cyrill Pasche (plus de 700 matchs en LNB) comme "guest-star". Mais celui qui pourrait le mieux parler du club taignon n'est autre que Tarik Chipaux. Et pour cause, le petit gratteur, Belfortain d'origine et formé dans le Jura, au HC Ajoie, a parfait ses gammes en 1re Ligue chez les voisins de Franches-Montagnes avant de rejoindre la Cité des Images voilà deux ans.

Si Vauclair a étrenné le chandail "sang et or" la veille (succès 4-1 sur les juniors-élite de La Chaux de Fonds), Bergeron, lui, a rechaussé à près de 41 ans. Le vétéran canadien, qui a fait les beaux jours d'Ajoie, Bâle et Olten en LNB, a de beaux restes mais peine à faire la différence dans un match où l'écart de niveau est flagrant. L'ICE est pourtant minée par les blessures (Chassard, Simko et surtout Hagelberg, arrêté pour quinze jours) mais, heureusement, les p'tits jeunes ont de la "Suisse" dans les idées ! Aussi le jeune Yvan Charpentier pose-t-il la première pierre à l'édifice d'un bon tir sous la barre (1-0 à 00'50"), bientôt suivi par un Jan Plch déconcertant de facilité pour servir Michal Petrak au second poteau (2-0 à 03'03"). Comme à l'entraînement...

Un match ? Non, une attaque / défense !

L'adversaire est limité et semble idéal pour travailler les temps forts et peaufiner les automatismes. C'est l'occasion rêvée pour que Tomi Karlsson et Jussi Haapasaari, en demi-teinte depuis la reprise, reprennent quelques couleurs. Reste que Karlsson, tout bon puncheur qu'il soit, n'a pas des mains de buteur et rate encore quelques belles montagnes à bout portant. Au lieu de cela, c'est Plch qui triple la mise de près (3-0 à 08'00")... et ça fait presque quatre lorsque Petrak répercute sur la barre un plomb dégainé par Ilic (08'21") ! Vous avez dit "à sens unique" ?

En l'absence de Guillaume Chassard, c'est Niko Mäntylä qui s'ajoute à Jussi Haapasaari et Tomi Karlsson pour une inédite triplette "suomi". Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Mäntylä est d'attaque et le prouve en contournant la cage pour servir Karlsson dans l'enclave (4-0 à 09'02"). C'est une première pour l'ailier finlandais... et sûrement pas la dernière !

Comme les petits gabarits suisses ne font pas le poids en attaque, les duels semblent parfois disproportionnés face aux Slovak, Leroy et autres Quessandier. C'est trompeur pour les arbitres, qui sanctionnent à tout va et permettent aux Jurassiens de ne pas repartir "fanny" de la Cité des Images. Avant d'être balancé derrière la cage, Pascal Faivet a tout de même pu centrer vers Jérémy Gigon, oublié dans le slot (4-1 à 16'23").

Intrinsèquement plus forts, les Vosgiens déroulent. Si l'excès d'individualisme est tentant, rien ne vaut la complémentarité liant Jan Plch et Michal Petrak. Sur une longue ouverture du Tchèque, le Slovaque fait parler son poignet devant Braichet (5-1 à 23'28"). Il faut bien cela pour refroidir des Suisses montés d'un cran au retour des vestiaires mais toujours laborieux dans l'élaboration de leurs schémas offensifs. Rien n'est simple pour eux d'autant qu'Erwan Agostini a mangé du lion et que Tarik Chipaux, surmotivé, est fermement décidé à marquer face à son ancien club. Mais le buteur attendu n'est pas celui que l'on croit. Pensez-donc, Bora Ilic qui touche la cible d'un slap à ras de glace (6-1 à 31'06") ! Tout simplement surréaliste, autant que de voir Karlsson faire preuve de sang-froid et marquer dans un trou de souris sur un bon travail préparatoire de Mäntylä (7-1 à 31'58").

Pendant ce temps-là, Henrik Tojkander fait son match, imperturbable. Alternance des gardiens oblige, c'est lui qui garde la maison et s'acquitte fort bien de cette tâche sans jamais perdre sa concentration, ce qui n'a rien d'évident lorsque les sollicitations se font rares. Le Suédois fait donc bonne impression mais pas autant qu'un "Speedy" Karlsson totalement libéré et faisant l'étalage de ses possibilités. Dommage toutefois que son cadrage-débordement, en étroite collaboration avec Haapasaari, ne profite pas à Mäntylä (42e).

La deuxième ligne, qu'affronter l'Étoile Noire trois fois de suite n'a pas rendu plus brillante, serait-elle en train de se trouver ? C'est bien parti, se dit-on, d'autant que Jussi Haapasaari ouvre (enfin) son compteur but avec la complicité de Jan Plch (8-1 à 46'53"). Comme quoi tout arrive... sauf ce but tant convoité par Tarik Chipaux ! Mais voilà, si Chipaux se démène comme un beau diable aux avants-postes, c'est un autre ancien d'Ajoie qui parvient à ses fins. Sur un bon décalage, Sacha Guerne prend l'intervalle et s'amène devant Tojkander pour mieux le prendre à contre-pied (8-2 à 50'53").

Thomas Hentzi, qui a succédé à Martin Braichet au second entracte, trouve visiblement le temps long à force de retarder l'échéance. Car le danger n'est jamais très loin et rime, en cette fin d'après-midi, avec Tomi Karlsson. D'un petit revers, le Finlandais joue au renard des surfaces (9-2 à 56'53"). Jan Plch, de son côté, passe la dizaine de justesse (10-2 à 57'26") avant que Bora Ilic ne fasse une nouvelle fois parler la poudre d'un tir dévié en lucarne (11-2 à 57'55").

Ce ne sera pas la même musique jeudi prochain face aux Young Sprinters de Neuchâtel (et sans Quessandier, retenu avec l'équipe de France pour un stage en Pologne) mais ce large succès est forcément bon pour le moral. En fait, le seul déçu est peut-être Tarik Chipaux qui, malgré tous ses efforts, n'a pu trouver l'ouverture. Il lui reste encore une chance, pour le match retour prévu à Saignelégier le 5 septembre...

 

Épinal - Franches-Montagnes 11-2 (4-1, 3-0, 4-1)

Dimanche 30 août à 15h30 à la patinoire de Poissompré. 250 spectateurs.

Pénalités : Épinal 30' ; Franches-Montagnes 18'.

Évolution du score :

1-0 à 00'50" : Charpentier assisté de Mäntylä

2-0 à 03'03" : Petrak assisté de Plch et Mäntylä

3-0 à 08'00" : Plch assisté de Petrak

4-0 à 09'02" : Karlsson assisté de Mäntylä

4-1 à 16'23" : J. Gigon assisté de I. Braichet et Faivet (sup. num.)

5-1 à 23'28" : Plch assisté de Ganz et Slovak

6-1 à 31'06" : Ilic assisté de Petrak et Plch

7-1 à 31'58" : Karlsson assisté de Mäntylä

8-1 à 46'53" : Haapasaari assisté de Plch et Quessandier

8-2 à 50'53" : Guerne

9-2 à 56'53" : Karlsson assisté de Plch et Petrak

10-2 à 57'26" : Plch assisté de Karlsson et Petrak

11-2 à 57'55" : Ilic assisté d'Agostini et Chipaux

 

Épinal

Gardien : Henrik Tojkander.

Défenseurs : Borislav Ilic - Peter Slovak ; Benoit Quessandier - Yvan Charpentier ; Fabien Leroy - Lionel Simon.

Attaquants : Nathan Ganz - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Niko Mäntylä - Jussi Haapasaari - Tomi Karlsson ; Erwan Agostini - Tarik Chipaux - Kévin Benchabane.

Remplaçant : Stanislav Petrik (G). Absents : Guillaume Papelier (rotule), Jan Simko (contracture), Jan Hagelberg (épaule déboîtée), Guillaume Chassard (angine), Anthony Rapenne.

Franches-Montagnes

Gardien : Martin Braichet puis Thomas Hentzi à 40'00".

Défenseurs : Luc Bourgnon - Luc Guenot ; Alex Kornmeyer - Guilhem Anker ; Thibaut Koller - Mathias Droz ; Maël Gigon - Simon Houriet.

Attaquants : Michael Röthenmund - Sacha Guerne - Pascal Faivet ; Geoffrey Vauclair (?) - Martin Bergeron - Sébastien Loichat ; Jérémy Gigon - Imier Braichet - Baptiste Personeni ; Yannick Houlmann - Jacques Hostettmann.