République Tchèque - Russie

Match comptant pour les Czech Hockey Games, première manche de l'Euro Hockey Tour.

La Russie battue... par le Dynamo

Le dernier match du tournoi en est aussi la grande finale, entre des Tchèques et des Russes qui ont réveillé leurs vieux antagonismes tout au long de la saison dernière. Les principaux protagonistes étaient alors Aleksandr Radulov et Jan Marek, mais ce dernier s'est blessé à la jambe en tombant dans sa maison à Magnitogorsk. Pas grave, car on n'a pas besoin de déclarations cinglantes pour animer la soirée : sur le plan du hockey, les deux équipes livrent probablement ce qui est le premier grand match de la saison 2009/10.

Ivan Nepryaev (photo de Francis Larrède)

Aleksandr Perezhogin, qu'on n'avait jamais vu à ce niveau dans un tournoi international, est intenable. Il se procure un bon tir à sa première présence, puis provoque la faute de Blatak à la suivante. Piotr Schastlivy est idéalement placé au rebond du puissant lancer de Konstantin Korneïev, et la Russie passe en tête après seulement cinq minutes.

Les Tchèques souhaitent réagir, mais il y a un grain de sable depuis le début du tournoi : un fantôme erre en première ligne en la personne de Pavel Brendl. La patience du coach Vladimir Ruzicka a ses limites, et il le remplace donc par Petr Kumstat. L'attaquant de Karlovy Vary, devant son public habituel, se montre digne de cet honneur en servant près de la cage Jiri Hudler, sans que l'ancien défenseur de NHL Andrei Zyuzin n'esquisse le moindre geste au marquage (1-1).

Néanmoins, la République Tchèque souffre en deuxième période. Elle est souvent bloquée en zone neutre, et quand elle la franchit enfin, elle reste à la merci des contre-attaques russes. C'est ce qui se produit quand Hubacek se fait contrer dans la bande par Scahstlivy. Sergei Mozyakin remonte alors le palet à grande vitesse et sert en retrait Denis Kulyash qui bombarde (2-1). L'écart aurait pu être plus élevé, car Nepryaev s'est retrouvé seul face à Mensator. Même le débutant Varnakov, monté en première ligne à la faveur de la blessure de Zinoviev, a eu son occasion.

Au troisième tiers-temps, Ivan Nepryaev manque un nouveau palet de but, et les Tchèques, qui ont laissé passer l'orage, donnent ce qui leur reste pour égaliser. C'est encore l'idole locale Petr Kumstat qui décale parfaitement Jiri Hudler à droite du but pour l'égalisation (2-2). Ce point assure d'ores et déjà la première place aux Tchèques, mais il reste la cerise sur le gâteau avec une séance de tirs au but épique.

Jaroslav Bednar commence et choisit le tir, détourné par le gant d'Eremenko. La crosse de Lukas Mensator vient ensuite interrompre Radulov au beau milieu de son mouvement. Klepis tente la feinte à gauche, mais Eremenko bloque sa tentative. Mozyakin a le geste du buteur avec un tir imparable à mi-hauteur. Il est donc tout proche de donner la victoire à la Russie... mais il y a un joueur qui a marqué plus que lui dans ce tournoi. Ce joueur, c'est Jiri Hudler, qui s'élance avec obligation de réussir. Le petit centre bifurque à droite et place le palet en lucarne avec une vitesse d'exécution impressionnante. Le capitaine russe Maksim Sushinsky a encore le palet de la victoire, mais sa conclusion reste bloquée contre le patin de Mensator, bien collé à son poteau.

Égalité après les trois tireurs, on change donc l'ordre. Ce sont les Russes qui s'élancent les premiers, et ils choisissent évidemment Mozyakin. Il tire de l'autre côté cette fois... mais le palet heurte le poteau ! Il en hurle sa déception, mais rien n'est perdu, puisqu'Eremenko ferme bien ses jambières sur le revers de Kumstat. Le tir du poignet de Viktor Kozlov est rapide d'exécution mais peu précis, et échoue dans les bottes du gardien. Hudler tente de rééditer son essai initial ; le mouvement, à gauche cette fois, est encore joli, mais la conclusion n'est pas cadrée. Mozyakin tire une troisième fois, toujours du même endroit, toujours à mi-hauteur, mais dans le souci d'éviter le montant son tir est un peu trop axial. Mensator pare du bras gauche.

Les gardiens sont chauds désormais, et Eremenko repousse de la jambière gauche le tir de Bednar, pas en réussite ce soir dans son exercice favori. Mensator ne se laisse pas non plus surprendre par le lancer de Schastlivy. Et revoilà Hudler, pour le 14e tir de la séance. Il ne s'embarasse pas : avant même de franchir la ligne virtuelle qui relie les cercles, il arme très haut un slap qui ne laisse aucune chance au gardien. Ou la démonstration d'un pur technicien : comment réussir un pénalty en force.

Les Tchèques peuvent exulter. Ils remportent leur premier tournoi dans l'Euro Hockey Tour depuis décembre 2002. Quelle meilleure façon de lancer la saison après une olympiade globalement très frustrante pour eux. C'est un premier pas pour redevenir l'équipe dominante qu'ils étaient autrefois.

La Russie a de quoi se consoler d'avoir perdu ce tournoi. Certes, elle a cédé deux fois aux tirs au but, contre la Suède jeudi et ce soir. Mais à chaque fois, tous les buts adverses ont été marqués... par des joueurs du Dynamo Moscou ! Le fait que la vedette du week-end ait été Jiri Hudler, la principale prise de la KHL à la NHL de l'été, est une belle propagande qui fait oublier la défaite...

Résumé vidéo du match et de la séance de tirs au but.

Compte-rendu signé Marc Branchu

 

Commentaires d'après-match

Vladimir Ruzicka (entraîneur de la République Tchèque) : "C'est inconfortable d'entendre que nous n'avons plus gagné depuis six ou sept ans. Maintenant, vous pouvez vous calmer un peu. Quand on joue à domicile, on veut que ce soit une réussite. C'est bien d'avoir gagné, mais ce sera très difficile en Finlande et en Russie. L'année dernière, nous avons bien joué le premier tournoi et nous nous sommes écroulés ensuite. [...] Brendl était sous une énorme pression parce que tout le monde le regardait après ce qui avait été écrit sur lui. Il a essayé de jouer comme en club, il a eu sa chance."

Jiri Hudler (attaquant de la République Tchèque) : "Chapeau à Mensator, il a été un mur dans ce tournoi et nous a permis de gagner. Quand Kumstat m'a fait cette passe décisive, j'ai pensé qu'il était dingue. Il était face à la cage, il aurait pu tirer, mais il m'a donné le palet. Il a dû penser que j'étais mieux placé. J'étais énervé du deuxième pénalty : je voulais refaire la même chose, mais le palet a sauté. À la troisième tentative, j'ai évacué toute pensée et j'ai tout donné. [Sur sa rupture qui a fait la une des pages "people"] J'espère que les médias auront une autre cible la prochaine fois. Certains ont spéculé que je ne viendrais pas, ce qui est stupide. C'est agréable de jouer chez soi, les gens ont été fantastiques. [Sur sa situation contractuelle] J'ai entendu que Monsieur Fasel m'aiderait, on va voir."

 

République Tchèque - Russie 2-2 (1-1, 0-1, 1-0, 0-0) / 2-1 aux tirs au but

Dimanche 6 septembre 2009 à 17h30 à la KV Arena de Karlovy Vary. 5682 spectateurs.

Arbitrage de Morgan Johansson et Sören Persson (SUE) assistés de Stanislav Barvír et Petr Blümel (TCH).

Pénalités : République Tchèque 10' (8', 2', 0'), Russie 10' (6', 2', 2').

Tirs : République Tchèque 35 (9, 14, 11, 1), Russie 20 (8, 8, 4, 0).

Évolution du score :

0-1 à 05'10" : Schastlivy assisté de Korneev et Kulyash

1-1 à 17'30" : Hudler assisté de Kumstat et Klepis

1-2 à 26'02" : Kulyash assisté de Mozyakin et Korneev

2-2 à 57'21" : Hudler assisté de Rachunek et Kumstat et Rachunek

Tirs au but

Russie : Radulov (arrêté), Mozyakin (réussi), Sushinsky (arrêté).

République Tchèque : Bednár (arrêté), Klepis (arrêté), Bednar (réussi).

Tireurs supplémentaires : Mozyakin (R, poteau), Kumstat (T, arrêté), Kozlov (R, arrêté), Hudler (T, manqué), Mozyakin (R, arrêté), Bednár (T, arrêté), Schastlivy (R, arrêté), Hudler (T, réussi).

 

République Tchèque

Gardien : Lukas Mensator.

Défenseurs : Petr Caslava - Karel Rachunek (A) ; Miroslav Blatak (2') - Ondrej Nemec ; Josef Melichar - Zdenek Kutlak ; Jakub Cutta (2') - Angel Krstev.

Attaquants : Jakub Klepis - Jiri Hudler - Pavel Brendl ; Tomas Rolinek (C) - Roman Cervenka - Jaroslav Bednar (A) ; Jiri Hubacek - Josef Vasicek (4') - Petr Kumstat ; Petr Vampola (2') - Jiri Novotny - Tomas Kurka.

Remplaçant : Jakub Stepanek (G). En réserve : Frantisek Lukes.

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Vitali Proshkin (2') - Ilya Nikulin ; Kirill Koltsov (2') - Dmitri Kalinin ; Denis Kulyash - Konstantin Korneev (2') ; Nikita Nikitin - Andrei Zyuzin.

Attaquants : Mikhaïl Varnakov - Viktor Kozlov - Maksim Sushinsky ; Oleg Saprykin - Konstantin Gorovikov (2') - Aleksandr Radulov ; Sergei Mozyakin - Piotr Schastlivy - Aleksandr Perezhogin ; Igor Makarov (2') - Ivan Nepryaev - Maksim Rybin.

Remplaçant : Vassili Koshechkin (G). En réserve : Sergei Zinoviev (blessé).