Épinal - Strasbourg (Coupe de la Ligue, 1re journée)

Un déclic et une claque

Un Épinal-Strasbourg, c'est toujours haut en couleurs. Ce soir, ça l'est d'autant plus que locaux étrennent une nouvelle tenue très "flashy". Un coloris très audacieux  (bleu-turquin et rose-bonbon en l'occurrence) sur un maillot surchargé et façon "dents de la mer", le tout suggéré par un logo se voulant plus "agressif". Les nostalgiques, ces partisans d'un retour au vert "ancestral", peuvent donc aller se rhabiller... ou tout simplement lever les yeux sur les charpentes vermoulues de Poissompré. Car, là-haut, le vert règne en maître... Mais d'ici à ce que le ciel nous tombe sur la tête, une nouvelle saison commence avec, déjà, un petit goût de playoffs. Les trois précédentes confrontations en pré-saison ont fait monter la sauce entre deux adversaires très proches et n'ayant plus de secrets l'un pour l'autre.

Quarts de finaliste l'an passé, les Spinaliens, par la voix de Guillaume Chassard, n'entendent pas galvauder cette compétition parallèle, toujours présentée sous le même format. Très vite donc, ses coéquipiers trouvent les espaces entre les lignes et il ne passe dix secondes avant une première alerte sur la cage de Vladimir Hiadlovsky. Sur une ouverture de Petrak, Plch prend l'intervalle et tente, en vain, de déporter son compatriote (00'10"). Cela commence fort... et ce n'est qu'un début !

Si les deux équipes ont une volonté commune d'aller de l'avant, l'ICE se montre plus consistante dans tous les secteurs du jeu. Plus présents en récupération, plus pressants en échec-avant, les locaux prennent un ascendant certain sur des Strasbourgeois atteignant déjà leurs limites. Le danger s'accentue devant Hiadlovsky et donne lieu à une première pénalité (06'55"). Une bonne occasion d'évaluer les progrès d'un jeu de puissance toujours privé de Jan Hagelberg. Une chose est sûre toutefois. Cette saison, il faudra compter sur deux unités compétitives en supériorité numérique, chose rendue possible par l'acquisition de nouvelles options offensives à l'intersaison. Parmi elles, un visage bien connu à Poissompré : celui de Jussi Haapasaari. Le petit Finlandais est encore loin de son meilleur niveau, lui pesait habituellement plus dans le jeu, mais son talent s'exprime sur quelques séquences. C'est d'ailleurs lui qui ressort le palet sur un Benoît Quessandier armant aussitôt. Son tir, freiné dans l'enclave, est repris par Tomi Karlsson au nez et à la barbe de Michal Cesnek (1-0 à 08'12"). En pré-saison, Karlsson a eu beaucoup de mal à se mettre en route mais semble désormais lancé. Percutant et incisif, l'ailier finlandais montre ce soir de quel bois il se chauffe. Et là aussi, ça promet !

Si les Nordiques sont à la mode dans la Cité des Images, les Canadiens restent une valeur sûre dans la capitale de l'Europe. Dommage toutefois que leur acclimatation au Vieux continent ne soit pas garantie d'avance. Ainsi le mal du pays a-t-il frappé Tomy Joly. L'annonce de son départ (après la double confrontation de cette semaine) a-t-elle déstabilisé le groupe ? Daniel Bourdages et ses hommes accordent-ils plus d'importance au match de samedi ? Toujours est-il que ce Strasbourg-là, en manque de rythme, n'est pas celui d'il y a deux semaines (victoire 3-1 ici-même).

Fermement décidés à laver l'affront du 29 août dernier, les Vosgiens sont eux plus dynamiques. Le repli est efficace et le soutien permanent vers des avants jamais à court de solutions. Même en infériorité numérique. Pour preuve, le powerplay alsacien est tout bonnement incapable d'installer un quelconque schéma offensif. Et comme Henrik Tojkander, préféré ce soir à Stan Petrik devant le filet, s'est mis au diapason, l'Étoile noire file un mauvais coton...

Envoyés sur les roses !

Capables d'amener le danger aux avants-postes en deux temps trois mouvements, les locaux se procurent quelques occasions très nettes. Et si Petrak, sur la trajectoire d'un tir flottant de Karlsson, rate sa déviation à bout portant, le Tchèque se rachète en décalant Simko d'une passe aux petits oignons. C'est net, sans bavures... et c'est Hiadlovsky qui trinque et s'en va parler du pays à ses défenseurs (2-0 à 16'53") !

Hormis cette relance dans l'axe de Fabien Leroy (que ne saura exploiter Miroslav Stolc), le rendu spinalien se conjugue au presque parfait dans un premier tiers où Strasbourg a fait de la figuration. "Vlad", visiblement agacé par la tournure des événements, n'en verra pas plus. Aussi débute-t-il l'acte médian sur le banc, remplacé par un Gilles Beck vivant un baptême du feu délicat. Comme la pause n'a pas rendu l'Étoile noire plus brillante, ce grand échalas de Miroslav Stolc ouvre la porte à Jan Plch, qui s'enfile sur le flanc droit et trouve aussitôt Michal Petrak dans l'axe. Tranquille comme Baptiste, le Tchèque fixe la lucarne de Beck (3-0 à 20'25"). Mais où est passée la défense ?

Dans cette débâcle, Aziz Baazzi est l'un des seul à surnager. Ce jeune défenseur du cru, passé par les équipes de France jeunes, dispose ce soir d'un temps de jeu assez conséquent. Plein de culot, Baazzi se voit parfois aligné en supériorité numérique (aux-côtés de Mallette notamment) et semble être la seule satisfaction d'un ensemble alsacien sans grand génie. Car les Strasbourgeois, incapables d'hausser leur niveau de jeu, subissent plus que jamais et s'en remettent à de rares "exploits" individuels.

Lorsqu'elle baisse sa garde et que sa rigueur décline, l'ICE peut compter sur un Tojkander solide. Ses rebonds orientés écartent le danger et sa présence se veut rassurante même si la troupe de Daniel Bourdages ne manifeste pas une créativité débordante. Miroslav Stolc reste d'ailleurs l'un des seul à faire preuve d'un réel esprit d'initiatives. Un jeu en première intention de Sarazin permet au colosse de prendre l'intervalle pour faire parler ses poignets (3-1 à 34'07"). Henrik Tojkander, sur ce tir sec à ras de glace, est battu.

Si Michal Petrak en fait parfois trop, l'activité de Jan Plch et Jan Simko compense largement ses maladresses. Par deux fois le danger pointe au bout de la palette d'un capitaine servant le caviar à un Quessandier petit bras au second poteau (37e) avant de voir Beck sortir sa plus belle mitaine à bout portant (37'12"). Simko, quant à lui, étonne par sa rudesse sur certains contacts et démontre même un certain réalisme. Mis sur orbite par Chassard, le Slovaque prend la tangente et s'en va battre Beck de près (4-1 à 39'36"). Est-ce le rose qui leur en met plein la vue ?

Alors que le jeu de puissance alsacien est définitivement resté dans les cartons, la mainmise spinalienne ne se dément pas. Jussi Haapasaari, lui, se montre plus à son avantage en fin de partie. Après avoir glané la mise au jeu en zone offensive, le Finlandais remise sur Mäntylä. Guillaume Chassard est le plus prompt à réagir et prend lui-même le tir, trouvant la lucarne d'un tir flottant (5-1 à 42'38"). Gilles Beck, qui s'était mis en papillon, ne couvrait pas son angle droit.

Vu l'ampleur du score, l'ICE laisse un peu de mou à son adversaire mais celui-ci n'y est plus. À vrai dire, y a-t-il vraiment été ? Partant du principe qu'il vaut mieux tard que jamais, Tomy Joly finit par se réveiller en enrhumant Peter Slovak côté gauche pour repiquer dans l'axe et glisser la rondelle entre les bottes de Tojkander (5-2 à 48'10").

Si les Dauphins gaspillent un double avantage numérique, signe que le chantier du powerplay n'est pas encore achevé (même s'il y a de l'idée, comme utiliser Mäntylä pour faire écran dans le slot), ils font en tout cas forte impression. Visiblement, la mayonnaise est en train de prendre avec des individualités affûtées au service d'un collectif prometteur. La faiblesse de l'adversité s'y prête il est vrai et à ce titre, mieux vaut soigner le goal-average. Un débordement de Jan Plch, relayé dans l'axe par Jan Simko et conclu par Guillaume Chassard en bout de course va dans ce sens (6-2 à 57'25"). Une dernière montée d'Haapasaari met Plch dans un fauteuil pour ajuster une dernière fois Beck (7-2 à 59'38").

Strasbourg aura bu le calice jusqu'à la lie et ne pourra que s'améliorer en vue de chaudes retrouvailles samedi. Pour ce faire, il faudra impérativement serrer les rangs et retrouver un semblant de combativité. L'ICE, elle, devra confirmer. Tout simplement.

 

Épinal - Strasbourg 7-2 (2-0, 2-1, 3-1)

Mardi 15 septembre 2009 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 500 spectateurs.

Arbitres : Jimmy Bergamelli assisté de Jérémy Rauline et Yann Furet.

Pénalités : 8' (2’ + 2’ + 4’) contre Épinal ; 10' (2’ + 2’ + 6’) contre Strasbourg.

Tirs : 26 pour Épinal (9 + 5 + 12) ; 23 pour Strasbourg (7 + 11 + 5).

Évolution du score :

1-0 à 08'12" : Karlsson assisté de Quessandier et Mäntylä (sup. num.)

2-0 à 16'53" : Simko assisté de Petrak et Quessandier

3-0 à 20'25" : Petrak assisté de Plch et Simko

3-1 à 34'07" : Stolc assisté de Sarazin et Baazzi

4-1 à 36'39" : Simko assisté de Chassard et Haapasaari

5-1 à 42'41" : Chassard assisté d'Haapasaari

5-2 à 48'18" : Joly assisté de Cesnek

6-2 à 57'25" : Chassard assisté de Simko et Plch (sup. num.)

7-2 à 59'38" : Plch assisté d'Haapasaari et Simko


Épinal

Gardien : Henrik Tojkander.

Défenseurs :  Benoît Quessandier (A), sur deux blocs, avec Peter Slovak et Niko Mäntylä ; Fabien Leroy - Lionel Simon.

Attaquants :  Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C)  ; Tomi Karlsson - Jussi Haapasaari - Guillaume Chassard (A) ; Erwan Agostini - Tarik Chipaux - Anthony Rapenne.

Remplaçants : Stanislav Petrik  (G), Borislav Ilic, Nathan Ganz, Kevin Benchabane, Yvan Charpentier. Absents : Guillaume Papelier (rotule), Jan Hagelberg (épaule).

Strasbourg

Gardien : Vladimir Hiadlovsky puis Gilles Beck à 20'00".

Défenseurs : Michal Cesnek - Maxime Mallette ; Julien Burgert - Bobby Raymond ; Hugues Cruchandeau - David Striz ; Aziz Baazzi.

Attaquants : Tomy Joly - Brennan Sarazin (A) - Miroslav Stolc ; Juho Lehtisalo - Édouard Dufournet - Heikki Laine ; Cyril Trabichet - Élie Marcos (C) - Pierre Antoine Devin (A) ; Timothée Frank - Jérémy Quillier - Noé Gersanois.