Présentation de la division 3

La division 3 débute officiellement ce soir (même si Besançon a remporté un match avancé chez la réserve de Dijon mardi dernier) et elle traduit une fracture qui coupe la France en deux : développement au nord, dépeuplement au sud.

Dans le nord, même si Louviers a renoncé à la D3 après seulement un an, il y a de quoi fonder beaucoup d'espoirs sur les nouveaux projets de Valenciennes, après une année d'entraînement, et de Metz, après un feuilleton estival quant à l'homologation de sa patinoire, deux agglomérations importantes où les collectivités s'impliquent. Et il faut y ajouter une dynamique avec la création des réserves de La Roche, Asnières, Dunkerque, Dijon, Amnéville et Mulhouse. Bilan de la moitié nord en nombre d'équipes : +7 !

Dans le sud, par contre, c'est la débandade totale. Jusqu'en 2006 il y avait trois poules géographiques au sud, aujourd'hui il n'y en a plus qu'une, la moins étendue de toutes avec seulement quatre équipes. Cet été, Albertville a jeté l'éponge en même temps que les réserves de Morzine, Avignon et Valence. Si on y ajoute l'équipe 2 du Mont-Blanc qui a disparu de la D2, le bilan du sud est inquiétant : -5 ! Cette perte est entièrement concentrée dans le COS Sud-Est, c'est-à-dire l'ancienne Ligue des Alpes qui a longtemps été le centre du hockey français.

Ceci dit, ce n'est pas parce que le sud n'a qu'une poule de quatre qu'il faut la négliger. Le favori évident de la D3 est Toulon, troisième l'an passé. Surtout que les Varois étaient en train de recruter en grand format lorsque le recours de Tours devant le CNOSF a annulé leur repêchage en division 2... Ils auront justement un test de niveau D2 dans leur groupe F puisque Font-Romeu a renoncé à cette division pour raisons financières. La réserve de Villard-de-Lans se souvient avoir bousculé les Toulonnais l'an passé. La qualification semble promise à ces trois équipes et Roanne sera le petit poucet.

Reprenons le fil des autres poules...

Dans le groupe A, Poitiers était le mieux classé l'an dernier mais a perdu à la fois ses deux étrangers, et ses deux gardiens Guillaume Papillon et Florent Robin, partis en D2 à l'intersaison. Le Stade Poitevin a donc cherché cet été un partenaire pour fusionner. D'abord du côté de Niort, qui a annoncé être déjà complet avec 22 joueurs. Puis du côté de Tours, qui aura finalement une équipe en D2 et une en D3 malgré l'incertitude. Chacun de ces trois clubs aura donc une équipe, de niveau sans doute assez proche, ce qui est une bonne nouvelle. S'il faut chercher un favori, par contre, tournez-vous vers Limoges ou encore vers Rennes, à suivre avec son nouvel entraîneur-joueur Yven Sadoun. Le petit nouveau La Roche-sur-Yon a créé son équipe D3 comme débouché pour ses espoirs excellence qui ont obtenu de bons résultats ces dernières années.

Dans le groupe B, Orléans, barré par Anglet l'an dernier, a désormais le champ libre et vise le carré final. Le relégué de division 2, l'ACBB n'a pas de projet spécifique pour cette saison. Le club légendaire de Boulogne-Billancourt est en effet entré dans une phase de réflexion active et ses grands anciens "brainstorment" pour lui définir un avenir plus conforme à son histoire, ce qui ne fera pas en un an. Ni Le Havre ni les réserves franciliennes (Cergy, Courbevoie, Asnières) ne devraient beaucoup gêner les ambitions orléanaises.

Dans le groupe C, les projets du nouveau président de Compiègne Christophe Tagliapietra (voir interview) visent plutôt l'année prochaine, le temps de tout mettre en place. Il a quand même déjà fait venir Julien Lefranc, qu'il a entraîné au Vésinet, et un attaquant canadien, Francis Mayrand. Les nouvelles équipes nordistes Dunkerque II et Valenciennes utilisent un réservoir de joueurs qui existait mais avait été privé de glace par les diuverses fermetures de patinoire : certains avaient franchi la frontière pour former les "Black Sheep de Tournai", engagés dans une division loisir belge où ils ne rejoueront plus cette année pour cause de retour en France. Cela explique par exemple que les Valenciennois aient assez de joueurs pour avoir quatre lignes. Mais il y a un os pour ces nouveaux : la réserve de Neuilly-sur-Marne est une habituée du haut de tableau. Saint-Ouen ne devrait en revanche pas se mêler à la qualification.

Dans le groupe D, la réserve de Strasbourg pourrait être très forte, mais cela dépendra combien de juniors y joueront, selon qu'ils sont ou non alignés avec la Magnus ou prêtés à Amnéville. Cette zone a comme tradition d'être la plus serrée, et Luxembourg, la réserve d'Épinal et Châlons-en-Champagne comptent bien tirer tous leur épingle du jeu. Il reste cependant une grande inconnue, ce qui se passe en Moselle : Metz crée sa grosse équipe avec nombre d'anciens Amnévillois, mais en face, Amnéville se dote d'une réserve. Ces deux formations ne commenceront leur championnat que dans deux semaines, et il faudra attendre pour en savoir plus.

Dans le groupe E enfin, Belfort a très faim après avoir été privé de play-offs pendant deux ans. Besançon ne devrait pas être en mesure de l'inquiéter. Colmar devrait se qualifier grâce au renfort du nouvel entraîneur-joueur Yannick Maillot et du junior finlandais Jari Virtanen. Les réserves de Dijon et Mulhouse feront leur apprentissage en D3.