Caen - Neuilly/Marne (Coupe de la ligue, 3e journée)

Graham Avenel

Vent en poupe à domicile

Pour la troisième journée de coupe de la ligue, les Drakkars de Caen reçoivent les Bisons de Neuilly-sur-Marne. Il faut remonter deux saisons auparavant pour retrouver cette affiche, déjà en coupe de la ligue. Les rôles étaient alors inversés : Les Drakkars évoluaient en Magnus et les Bisons en D1. Et le HCC n’avait réussi à s’imposer qu’à la faveur d’un but, préfigurant la relégation des Bas-Normands au profit de leur adversaire du jour.

Dès le début du match, les Caennais cherchent à se surpasser. En plus de l’historique de l’affiche, ils veulent conjurer la contre-performance du samedi précédent (8-5 à Montpellier). Dans un premier temps, cette volonté de bien faire génère des prises de risque dans des passes qui finissent dans les patins plutôt que dans la crosse, ou encore des palets oubliés au moment de faire la passe. Mais quand Goëtz reçoit une première alerte en se retrouvant seul contre Hordelalay, les réflexes reprennent le dessus. Dostal mène le contre pour servir Jonathan Avenel qui ouvre le score (1-0 à 10’21"). 

Dès lors, le jeu des locaux se décomplexe et se fluidifie. Les leçons du championnat et les modifications des blocs offensifs portent leurs fruits. Tomas Oravec s’intègre bien à ses nouveaux coéquipiers : lorsque Lebey passe la bleue et lui laisse la rondelle, il avance vers la gauche du but et sert Boutin dégagé de l’autre côté. Tout seul, il n’a pas de difficulté à tromper le gardien (3-0 à 15’13"). Quand les conditions de tir ne sont pas suffisantes, Oravec a assez d’humilité pour se repositionner et se mettre au service de ses coéquipiers. C’est ainsi que pris par la défense, il décrit un grand cercle pour se replacer en face du but et tirer. Boutin a le temps de se placer devant le gardien et prend le rebond. Mais c’est Janil qui rentre le palet juste après (6-0 à 34’02").

De même, les frères Avenel, qui ont retrouvé leur mentor de la saison passée David Dostal, s’en émancipent en se servant chacun leur tour. C’est d’abord un contre orchestré par Vorobel, qui capte un rebond devant son gardien. Jonathan Avenel récupère le palet au centre de la patinoire et s’avance vers le but, aux prises avec un défenseur. Il voit son frère revenir à toute allure et temporise pour passer à ce dernier qui fait immédiatement trembler les filets (4-0 à 19’49"). Dix minutes plus tard, Graham monte au but, mais encadré par la défense, il fait une pirouette pour servir son ainé dans le dos des défenseurs et de Svaty (5-0 à 29’30").

Malgré ces belles prestations offensives, les pénalités pleuvent contre les Calvadosiens. Ils cumulent 16 minutes de prison à la fin du match contre 6 pour Neuilly. Certains éléments tendent à montrer que l’arbitre n’était pas très à l’aise dans une confrontation plutôt calme. La pénalité de retard de jeu contre Neuilly en est le reflet. Au troisième tiers, les Bisons sont sanctionnés pour avoir sorti le palet en zone défensive lors d’une supériorité adverse. Alors que le joueur est déjà en prison, l’arbitre se rapproche du banc nocéen, puis va chercher le joueur dans la prison et annule la pénalité. Mais il n’est pas judicieux de mettre ce total sur le dos de l’arbitre. Certains éléments sont à corriger, comme le surnombre sifflé au deuxième tiers.

En tout cas, Caen s’évertue à tuer toutes ces pénalités, y compris à 3 contre 5, en appliquant un repli en bloc jusqu’à la ligne bleue. Cette stratégie était justement au programme de l’entraînement de la semaine et perturbe considérablement les offensives des visiteurs. Si on y ajoute une envie d’aller chercher les palets bien plus flagrante côté Drakkars, on obtient la recette du second but. Kevin Da Costa est récompensé de son ardeur à perturber les remontées de Neuilly. Lorsque Dermigny contrôle un renvoi de Papaux à la main, le jeune centre caennais part au pressing. Il récupère le palet et s’envole seul vers le portier pour trouver l’ouverture (2-0 à 14’32").

Pierre-Charles Hordelalay passant un défenseurÀ 6-0, on peut dire que la défense caennaise a retrouvé le bon chemin. Les associations fonctionnent, comme Udo Marie qui couvre l’arrière quand Vorobel monte, et les avants défendent âprement. De plus, Goëtz confirme son excellent début de saison, privant les Bisons de succès à de nombreuses occasions. C’est le cas deux fois pour Hordelalay, échappé seul en contre face au portier Caennais. Le premier contre se solde par un arrêt du bout du patin… La chance ne tourne pas en faveur des Nocéens. Pas assez rapides à remonter le palet, ils ne parviennent pas à passer le rideau défensif bleu posté devant la zone défensive. La réaction d’orgueil après le troisième but se heurte au portier normand. Ce n’est qu’à 4 contre 4, dans un jeu beaucoup plus espacé qu’ils réussissent à le passer. Leonard lance un contre, transmet à Snider qui se positionne sur la droite et tire. Le palet est dévié et Wauthier profite d’un espace vide pour s’en emparer et rentrer le palet dans le but totalement ouvert (6-1 à 37’32").

Dans un troisième tiers plus fouilli, Neuilly réussit à rehausser son niveau et devenir plus incisif. Les attaquants lancent au fond de la zone caennaise et partent à la récupération contre la bande avec plus ou moins de succès. Cette stratégie leur permet de se rassurer et plus incisifs en défense. Et dans cet esprit plus volontaire, Gentilleau s’illustre d’une belle performance. Il récupère une passe de Delecour contre la bande, esquive une charge, s’impose contre les crosses de deux défenseurs, tire et prend Goëtz à contrepied (7-2 à 52’34").

Néanmoins, ces efforts ne canalisent pas les Caennais qui mettent un gros pressing en fin de match. Le point culminant a été un pressing de deux minutes en zone Nocéenne, les contraignant au dégagement interdit sans remplacement de ligne. Leur défense durant cette phase restera insuffisante pour empêcher Dostal d’aggraver la marque, à la suite d’une passe de derrière la cage signée Boutin (7-1 à 48’10").

En résumé, le score final reflète bien le match. Les Drakkars ont montré beaucoup plus d’envie que leurs adversaires et ont prouvé qu’ils étaient remis du faux pas montpelliérain. Pour Neuilly, on se demande si l’équipe a donné une réelle valeur à ce match. Si c’est le cas, il n’est pas impossible que l’acte final du scénario joué deux ans plus tôt se reproduise à l’inverse.

 

Caen - Neuilly-sur-Marne 7-2 (4-0, 2-1, 1-0)

Mardi 29 septembre 2009 à 20h00 à la patinoire de Caen la mer. 600 spectateurs environ

Arbitrage de Nicolas Barbez assisté de Nicolas Piedigrossi et Jérémy Rauline.

Pénalités : Caen 16’ (4’, 10’, 2’), Neuilly 6’ (2’, 2’, 2’)

Evolution du score :

1-0 à 10'21" : J. Avenel assisté de Dostal

2-0 à 14'32" : Da Costa assisté de Papaux

3-0 à 15'13" : Boutin assisté d’Oravec et Janil

4-0 à 19'49" : G. Avenel assisté de J. Avenel et Vorobel

5-0 à 29'30" : J. Avenel assisté de G. Avenel et Vorobel

6-0 à 34'02" : Janil assisté de Boutin

6-1 à 37'32" : Wathier assisté de Snider et Leonard

7-1 à 48'10" : Dostal assisté de Boutin et Oravec

7-2 à 52'34" : Gentilleau assisté de Delecour

 

Caen

Gardien : Arnaud Goëtz

Défenseurs : Slavomir Vorobel - Udo Marie ; Tommy Lafontaine - Jonathan Janil ; Alexis Gomane (A) - Olivier Vandecandelaere (C).

Attaquants : Jonathan Avenel (A) - David Dostal - Graham Avenel ; Jonathan Boutin – Julien Lebey - Tomas Oravec ; Charles Geslain - Kevin Da Costa – Mans Papaux.

Remplaçants : Clement Fouquerel (G), Hugo Deschamps, Raphaël Mazie. Absents : Pierre Bennett (déchirure musculaire).

Neuilly/Marne

Gardien : Roman Svaty.

Défenseurs : Sébastien Dermigny - Mathieu Wathier; Alexis Birolini - Nicolas Pousset (C) ; Hugo Delecour - Jérôme Wagner (A).

Attaquants : Seth Leonard - Shawn Snider - Michael Steiner ; Miroslav Kecka - Karl Fournier - Benjamin Galmiche (A) ; Pierre-Charles Hordelalay ou Gaël Guilhem - Romain Gentilleau - Luc Tanesie.

Remplaçants : Marco Emond (G).