Rouen - Chamonix (Ligue Magnus, 3e journée)

2009-10-03-Rouen-Chamonix5Rouen respire

Rouennais et Chamoniards n’arrivent pas à débloquer leurs compteurs en ligue Magnus ! Deux matches, deux défaites chacun. Une troisième pourraient bien mettre la tête des Rouennais à l’envers pour un bon moment. En recevant une équipe des Huskies aux ambitions inférieures aux leurs, les Dragons ont une dernière occasion de se sortir la tête de l’eau, sous peine sinon de risquer de se noyer en accueillant dans trois jours un des ténors du championnat, les Ducs d’Angers, pour le compte des matches retour de la coupe de la ligue. Mardi dernier à l’aller, les joueurs de Heikki Leime ont déjà abondamment enfilé les buts dans la cage normande (8-6)...

Les visiteurs ont plutôt bien fait ce qu’ils avaient à faire, même s'ils repartent avec une sévère défaite qui ne reflète pas tout à fait la physionomie de la rencontre. Les Haut-Normands ont remporté leur premier match, ça c’est la bonne nouvelle. La moins bonne, c’est que sur le plan du jeu, le RHE 76 semble toujours très laborieux... mais n'a pas failli à sa mission. Au terme d'un match enlevé, joué sur un bon rythme, les protégés de Stéphane Gros ont parfaitement su contrer, jusqu’au troisième tiers, une équipe rouennaise plus fébrile et lacunaire – absente en infériorité numérique, en patinage et contre la bande – que brouillonne, mais qui n'a collectivement vraiment jamais abdiqué. Les coéquipiers de Richard Aimonetto auraient pu quitter l’île Lacroix avec les deux points de la victoire dans leurs sacs, avec plus de discipline et surtout si Carl Mallette n’avait pas recouvré toute sa réussite en égalisant sans trop y croire à trois partout à la 44e minute. Ce but a relancé et libéré toute l’armada noire et jaune. Le capitaine du RHE 76 (2 buts, 2 passes décisives, une autre assistance, +3 au ratio) a été le meilleur joueur de la rencontre.

Malgré une technique et un physique en moyenne supérieure, mais hétérogènes dans leur rythme, suffisants dans la conquête et dans les duels, les Dragons délaissent trop le combat au profit des joueurs du club doyen. Et malheureusement, une équipe si talentueuse soit-elle ne peut pas gagner une partie sans volonté de sacrifice et un peu de concentration. Après une très bonne entame de match aboutissant aux occasions de Tardif à 3’03 et Mallette à 4’03, les joueurs locaux sont retombés dans leurs travers de la semaine dernière où ils ont encaissé l’ouverture du score. Ils ont laissé un boulevard à Emil Tobiasson-Harris. L’ailier suédois placé à la ligne bleue en avantage d’un homme frappe le puck dans une cage ouverte suite à une longue passe transversale de Höög lors d’un jeu placé (0-1 à 05’07). Après un but sévèrement refusé à Jérémie Romand (6’02), Éric Doucet arrache l’égalisation sur le deuxième jeu de puissance rouennais en reprenant son propre rebond (1-1 à 11’20). Ensuite, la défensive des Huskies tiendra le coup par deux fois à un joueur de moins (13’52 et 17’44). La parité affichée au tableau quand la première pause survient n’est pas volée ni pour les hommes du président Chaix ni pour ceux du président Bibollet.

2009-10-03-Rouen-Chamonix4

Menant pourtant 2-1 au début de la deuxième période après un nouveau but de Daniel Babka en supériorité numérique – lancer frappé de loin dans le haut des filets sur une rondelle sortant du fort trafic dans une enclave transformée pour l’occasion en champ de bataille par Julien Desrosiers et Carl Mallette – les hommes du duo Garnier-Pouget auraient dû s’offrir une fin de match beaucoup plus tranquille et s’éviter une seconde sortie aux vestiaires sous les quelques sifflets entendus. Ils auraient dû être avertis par les chances d’Aram Kevorkian (21’05) et d’Alexandre Audibert (24’30). Au lieu de cela, ils ont donné le bâton (la crosse) à des Haut-Savoyards très candidats à un petit coup d’EVMD (Épinal, Villard, Morzine, Dijon) sur les bords de Seine. Laurent Gras, un des trois meilleurs Huskies ce soir, fait son doublé. Le vétéran joueur de centre se trouve dans l’enclave pour glisser de près le palet très bien adressé de la droite par Höög et arraché par Mathias Arnaud dans le coin (2-2 à 27’04). L’ancien Pingouin de Morzine n’hésite pas non plus en supériorité numérique lorsqu'il reçoit le caoutchouc d’une rapide transversale d’Anders Torgersson. Du haut du cercle de mise en jeu droit, Laurent Gras frappe le puck à ras la glace entre les jambières d’un gardien trop lent dans son placement au sol (2-3 à 38’09). Entre-temps, la défensive du CHC bloque deux jeux de puissance rouennais presque consécutifs – où Julien Desrosiers est frustré (30’54) – et surtout fébrile à l’image de Kai Öhberg qui ne cadre pas sur une cage grande ouverte (32’21) !

À la seconde reprise, Vincent Kara n’est pas loin de créer la cassure (40’30). C’est pourtant le moment que Carl Mallette choisit pour prendre les choses en mains. Déjà très dangereux après un bon jeu de Julien Desrosiers, le capitaine des Dragons fait briller Tom Charton (41’26). Puis, d’un revers inspiré, il manque de peu son objectif (41’36). Il ne le manquera pas moins de deux minutes plus tard. Ilpo Salmivirta a gagné un palet en zone neutre pour le donner au Canadien qui tout en puissance passe sans coéquipier en zone offensive. Dans le haut du cercle d’engagement droit, résigné il n’a pas d’autre choix que de frapper fort la rondelle... dans la lucarne opposée. Surpris, Tom Charton, qui a pourtant tout le loisir de lire le jeu de l’attaquant, n’esquisse aucun geste. Après un petit temps de réflexion, Carl Mallette partage sa joie expansive avec la tribune la plus proche (3-3 à 43’13). Cette réussite retrouvée semble métamorphoser le Québécois. La faute d’Anders Torgersson sur Loïc Lampérier tombe très mal pour les Chamoniards (43’49). Ilpo Salmivirta dans le coin trouve Kai Öhberg à mi-distance d’une belle passe. À mi-distance, le finlandais lance fort, le rebond du tir est saisi par Carl Mallette qui combatif envoi dans les filets (4-3 à 45’34).

2009-10-03-Rouen-Chamonix7

L’inquiétude revient dans les travées lorsque Petri Virolainen s’en va au cachot après une faute sur Mathias Arnaud (45’50) car ce soir, les Huskies tiennent une fiche de 100% de réussite en power play. Mais revigorés par leurs deux derniers buts, les Dragons sont en confiance malgré leur infériorité numérique. Sitôt un palet gagné en face-off par Carl Mallette en zone neutre, Julien Desrosiers s’échappe et frappe fort en entrant dans la zone offensive et double l’écart (5-3 à 46’53). Hardi, Kai Öhberg imite le Franco-Canadien moins de trois minutes plus tard dans le haut des filets cette fois (6-3 à 49’12). Stéphane Gros prend son temps mort mais ses joueurs sont assommés. À cinq contre trois pendant 1’21, les montagnards ne parviennent pas même à inquiéter les accrocheurs et excellents trios (Virolainen-Doucet-Babka, Holmqvist-Zwikel-Eriksson) rouennais. Le sort est jeté et toute la patinoire du centre sportif Guy Boissière peut respirer. Les Dragons tiennent leur première victoire – aux forceps – de la saison. En fin de match, Marc-André Thinel clôturera la marque sur une attaque massive avec gardien complètement masqué (7-3 à 57’47).

Les Rouennais ont produit un hockey intéressant au dernier tiers mais trop par séquence et parcimonie dans les deux précédentes périodes. Le jeu de puissance, sans être transcendant s’est amélioré. Pas loin de 30% au plus mal de la rencontre (après le deuxième tiers) et à la fin du match. La réussite semble de retour. Mais surtout avec cette victoire les Dragons emmagasinent (enfin) de la confiance qui peut les faire décoller dans cette ligue à condition d’enchaîner face à Angers mardi en coupe de la ligue et surtout à Gap lors de la quatrième journée.

Coté chamoniard, plusieurs joueurs ont tiré leur épingle du jeu. Outre Laurent Gras, nous avons pu apprécier Jonas Höög qui a été dans tous les bons coups. Vincent Kara a été en vue lui aussi. Marek Priechodsky a été le dépositaire du jeu défensif des siens. Mais les Huskies doivent travailler la discipline et éviter les erreurs individuelles qui brident le collectif. Avec six défenseurs et l’arrivée de Daniel Ström pour remplacer Dieude-Fauvel parti, Chamonix sera sans doute aussi plus solide.

 

Rouen - Chamonix 7-3 (1-1, 1-2, 5-0)

Samedi 3 octobre 2009 à 20h00 à la patinoire du centre sportif Guy Boissière. 2384 spectateurs.

Arbitrage d'Alexandre Hauchart assisté de Benjamin Gremion et Adrien Ernecq.

Pénalités : Rouen 10' (2', 2', 6') ; Dijon 20' (8', 6', 6')

Évolution du score :

0-1 à 05'07" : Tobiasson-Harris assisté de Höög (sup.num.)

1-1 à 11'20" : Doucet assisté d'Eriksson et Thinel (sup.num.)

2-1 à 23'12" : Babka assisté de Desrosiers et Mallette (sup.num.)

2-2 à 27'04" : Gras assisté de Hoog et Kara

2-3 à 38'09" : Gras assisté de Torgersson (sup. num.)

3-3 à 43'13" : Mallette assisté de Salmivirta et Öhberg

4-3 à 45'34" : Mallette assisté d'Öhberg et Salmivirta (sup. num.)

5-3 à 46'53" : Desrosiers assisté de Mallette (inf. num.)

6-3 à 49'12" : Öhberg assisté de Mallette et Desrosiers

7-3 à 57'47" : Thinel assisté de Doucet et Tardif Jr (sup. num.)

 

Rouen

Gardien : Trevor Koenig.

Défenseurs : Magnus E;riksson – David Holmqvist ; Kai Öhberg – Daniel Babka ; Petri Virolainen – Daniel Carlsson.

Attaquants : Luc Tardif Jr – Eric Doucet (A) – Marc-André Thinel ; Jérémie Romand – Carl Mallette (C) – Julien Desrosiers ; Ilpo Salmivirta – Jonathan Zwikel (A) – Lionel Tarantino puis Loïc Lampérier (à 20’00).

Remplaçants : Adrien Fénart (G), Cédric Custosse, Alexandre Mulle et Anthony Rech.

Chamonix

Gardien : Tom Charton.

Défenseurs : Anders Torgersson – Damien Torfou ; Numa Besson – Marek Priechodsky ; Maxime Claret-Tournier.

Attaquants : Jonas Höög – Richard Aimonetto (C) – Emil Tobiasson Harris ; Vincent Kara – Laurent Gras – Mathias Arnaud ; Aram Kevorkian (A) – Thibault Geffroy – Alexandre Audibert.

Remplaçants : Radovan Hurajt (G), Valerian Croz, Mathias Terrier et Dorian Duchosal. Absents : Fabien Veydarier, Daniel Ström (non qualifié).