Épinal - Dijon (4e journée, Coupe de la Ligue)

SeguyMathieuCirculez, y'a rien à voir...

Qu'attendre d'un match de Coupe de la Ligue sans enjeux apparents face à des Dijonnais désinteressés ? Une parodie, tout simplement, à peine relevée de quelques buts et gangrenée par les approximations en tous genre. Pour peu, avec le brouillard, on se serait cru en pré-saison...

Si l'ICE a laissé son public sur sa faim samedi contre Briançon (1-3), elle l'a quitté ce soir sur une impression étrange. Toujours à la recherche de solutions qui, de toute évidence, ne viendront pas de son banc de touche...

Toujours privée de son maître à jouer Miroslav Kristin, l'équipe au chevalier s'est "allégée" de toute sa deuxième ligne (Anton Lezo, Arnaud Hascoët et Erwan Pain). Sans oublier Mathieu Mille et Nicolas Ritz, appelé chez les "Bleuets" pour un triptyque face à la Pologne. Du coup, l'alignement dijonnais, complètement rafistolé, a logiquement manqué de repères et de consistance. Anthony Guttig s'est montré volontaire, mais très brouillon à l'image de ses inédits compagnons de route (Thomas Decock et Mathieu Séguy). La troisième ligne, celle des jeunes pousses, n'a rien montré. Quant à Luc Mazerolle, il fut désigné "joueur du match" côté dijonnais. C'est dire...

Dans ce joyeux désordre, où deux passes réussies tiennent du miracle, Épinal prend rapidement les devants et fait preuve d'initiatives pour tester Andy Foliot. Le "numéro 1 bis" des Ducs doit donc s'employer dans ce match ouvert à tous vents... et riche en courants d'airs. Pas l'idéal pour une défense vosgienne réduite à sa plus simple expression (et dire que Charpentier cire le banc...). Parfait en revanche pour relancer une attaque spinalienne improductive...

Ce rythme débridé ne sied pas vraiment au "revenant" Peter Strapaty, pas à son avantage sans un leader à ses côtés pour notamment assurer la transition. L’armoire à glace fait la paire avec le jeune Daniel Masik, qui n'a ni l'expérience, ni le savoir-faire de Pavol Resetka, l'habituel partenaire du "Strap" en championnat. Aussi Strapaty, pas rapide pour deux sous, se fait-il déborder derrière la cage par Jussi Haapasaari qui remet aussitôt dans la boîte, d'où jaillit Benoît Quessandier pour ouvrir la marque (1-0 à 06'24").

Peter Slovak sur le flanc, c'est Guillaume Chassard qui se colle à la pointe d'un jeu de puissance pour le moins original. En effet, faute de solutions, c'est Erwan Agostini qui siège dans l'enclave... Le powerplay ne ressemble donc pas à grand chose mais, en face, le box-play est tout aussi inspiré... Un palet égaré laisse du champ à Agostini, qui repique dans l'axe et tente de centrer. Tente seulement puisque Resetka se couche pour contrer mais dévie la rondelle dans ses propres filets (0-2 à 10'57"). Si le hockey est un jeu d'erreurs, ce match en est l'exemple même et Jesse Lustberg y va d'une passe (?) dans l'axe aussitôt récupérée par ce diable d'Haapasaari. Le Finlandais, qui rôdait par là, n'a plus qu'à ajuster son centre pour Guillaume Chassard, monté au second poteau (3-0 à 18'02").

Trois buts sont venus concrétiser une domination spinalienne qui ne saute même pas aux yeux. Car Tojkander reste à la merci des incursions adverses, pas aidé par une défense "aux fraises" sur la première supériorité numérique du match côté bourguignon. Lustberg à la pointe lance Dugas, qui bute sur Tojkander. Mazerolle, qui avait suivi, reprend derrière la cage, temporise et bascule sur Lustberg, qui décoche un plomb sous la barre (3-1 à 23'48"). C'est-là la seul but concédé par Henrik Tojkander, sonné par sa sortie kamikaze au-devant d'Anthony Guttig. Ce dernier, qui s'était ouvert le chemin du but aux dépends du Suédois, s'excentre dangereusement... et rate la cible (28'41") !

Jan Hagelberg, de son côté, a raté tout ce qu'il a entrepris ce soir. Petit bras dans ses relances et fébrile dans les duels, le Finlandais déçoit. Il n'y a pas photo avec Niko Mäntylä, besogneux et constant dans son abatage défensif. Encore l'un des seuls, ce soir, à tirer son épingle du jeu...

Faute de spontanéité, les locaux se refilent la "patate chaude" sans jamais tenter leur chance. Avec leurs contres désordonnés, les Ducs ne valent pas beaucoup mieux mais grignotent toutefois leur retard. Luc Mazerolle pique un sprint côté gauche et centre pour Stephen Dugas, dont la reprise instantanée file entre les bottes de Petrik (3-2 à 37'25"). Épinal, par son gratteur de poche Tarik Chipaux, creuse à nouveau l'écart (4-2 à 38'06") mais Dijon aura dernier mot dans ce deuxième tiers indigeste. Lustberg pour Dugas devant la cage et c'est Petrik qui s'embrouille (4-3 à 39'17")...

Si Haapasaari, en bonne position, fait la passe de trop sur un caviar de Chassard, c'est pour servir Karlsson. Un altruisme excessif puisque Foliot a le bon reflexe à bout portant, avant de céder peu après sur un break de Karlsson (5-3 à 41'33"). Jussi Haapasaari, d'une astucieuse remise, permet à Tomi Karlsson de doubler sa mise d'un tir sec à ras de glace (6-3 à 41'57"). La dernière fois que l'ancien d'HPK était à pareille fête, c'était face aux amateurs suisses de Franches-Montagnes en août dernier, avec un triplé à la clé. Est-ce enfin le déclic pour cette décevante deuxième ligne ?

Un tir excentré de Mazerolle, le boute-en-train de service, (6-4 à 42'45") lance une véritable course poursuite entre deux équipes patinant frénétiquement d'une cage à l'autre, dans un grand élan de n'importe quoi. À bout de souffle, Jan Plch termine le travail en exploitant habilement l'angle restreint d'un rebond de Petrak (7-4 à 52'05"). Le seul éclair de génie d'une première ligne n'ayant même pas fait la différence devant cette faible adversité... Traverse t'elle une mauvaise passe ? Est-elle devenue trop prévisible ? Toujours est-il que la belle mécanique liant ces trois fortes individualités est aujourd'hui devenue grinçante...

Si les Vosgiens n'ont toujours pas de fond de jeu digne de ce nom, les quarts de finale se profilent à l'horizon. C'est tout ce que l'on retiendra...


Épinal - Dijon 7-4 (3-0, 1-3, 3-1).

Mardi 6 octobre 2009 à 20h15 à la patinoire de Poissompré. 700 spectateurs.

Arbitres : Alexandre Bourreau assisté de Benjamin Gremion et Laurent Rouèche.

Pénalités : 14' (0' + 10' +4') contre Épinal ; 12' (2' + 8' +2'). contre Dijon.

Tirs : 33 (10 + 11 + 12) pour Épinal , 25 (6 + 11 + 8) pour Dijon.

Évolution du score :

1-0 à 06'24" : Quessandier assisté d'Haapasaari et Karlsson

2-0 à 10'57" : Agostini (sup. num.)

3-0 à 18'03" : Chassard assisté d'Haapasaari

3-1 à 23'52" : Lustberg assisté de Mazerolle et Dugas (sup. num.)

3-2 à 37'25" : Dugas assisté de Mazerolle

4-2 à 38'06" : Chipaux assisté de Rapenne et Simon

4-3 à 39'17" : Dugas assisté de Lustberg et Mazerolle

5-3 à 41'33" : Karlsson assisté de Chassard et Haapasaari

6-3 à 41'57" : Karlsson assisté d'Haapasaari

6-4 à 42'47" : Mazerolle assisté de Strapaty et Dugas (sup. num.)

7-4 à 52'05" : Plch assisté de Petrak et Quessandier (inf. num.)

 

Épinal

Gardien : Henrik Tojkander [puis Stanislav Petrik à 28'46"].

Défenseurs : Jan Hagelberg - Niko Mäntylä ; Benoît Quessandier (A) - Lionel Simon ; Yvan Chaprentier.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Tomi Karlsson - Jussi Haapasaari - Guillaume Chassard (A) ; Anthony Rapenne - Tarik Chipaux - Erwan Agostini ; Kévin Benchabane.

Absents : Guillaume Papelier (rotule), Fabien Leroy (suspendu), Peter Slovak (vertèbres déplacées), Nathan Ganz (malade).

Dijon

Gardien : Andy Foliot.

Défenseurs : Pavol Resetka - Aymeric Gillet (A) ; Peter Strapaty - Daniel Masik ; Jesse Lustberg - Aki Nurminen.

Attaquants : Thomas Decock - Anthony Guttig (A) - Mathieu Séguy ; Stephen Dugas (C) - Luc Mazerolle - Thomas Lecoanet ; Yassine Fahas - Pierre Sanchez - Loïc Chabert.

Remplaçant : Florian Hardy (G). Absents : Miroslav Kristin (sciatique), Nicolas Ritz (équipe de France U20), Mathieu Mille, Arnaud Hascoët, Erwan Pain et Anton Lezo (au repos), Andrej Hebar (pas qualifié).