Andrei Khomutov entraînera le Dynamo Moscou

DynamoAndrei Khomutov a retrouvé un poste, et ce sera le plus prestigieux de sa jeune carrière d'entraîneur puisque l'ancien partenaire indissociable de Bykov a été engagé à la tête du Dynamo Moscou. Il était au chômage depuis la dernière semaine de 2008, date de son licenciement par le Sibir.

À vrai dire, Khomutov n'était pas le premier choix. Il passait après deux Tchèques. Le Dynamo n'a pas hésité à recontacter son coach de l'an passé Vladimir Vujtek, qui a confirmé qu'il était à la retraite. Après avoir chassé les joueurs de Linköping, le club moscovite a aussi essayé de piquer à son homologue suédois son entraîneur Slavomir Lener. Celui-ci ne s'est pas montré du tout intéressé à l'idée de quitter l'Elitserien pour la KHL.

Si le Dynamo est dans une telle urgence, après un mois de championnat, c'est parce que, la semaine dernière, son entraîneur Sergei Kotov a annoncé sa démission après une nouvelle défaite contre le Severstal. Dans la soirée, des cadres de l'équipe ont plaidé en sa faveur pour que les dirigeants refusent cette démission. Kotov est ainsi resté entraîneur, officiellement, mais en arrêt maladie. Et ce n'est pas du vent tant il faisait peine à voir : ses dernières conférences de presse d'après-match, il était obligé de les tenir debout, car il ne pouvait pas s'asseoir tellement il avait mal au dos !

Le pauvre Kotov, coach "démocrate" (c'est ainsi qu'on appelle en Russie les moins autoritaires et les plus ouverts au dialogue de ses confrères), a souffert dans sa chair face à la pression de ce premier poste d'entraîneur en chef dans un grand club. Et il en reste très marqué. Interrogé sur la possibilité d'un retour à son poste une fois guéri, il a été cinglant : "J'ai déjà dit que je ne voulais pas travailler dans un club où les supporters s'autorisent à insulter le coach. Durant mon traitement je n'ai pas changé de position."

Khomutov sait donc ce qui l'attend... Il n'est pas facile de diriger une équipe qui a fait naître de grands espoirs par son recrutement de classe mondiale. Les deux prodiges suédois ont en effet rencontré des difficultés d'adaptation en Russie... mais n'était-ce pas prévisible pour des joueurs qui n'avaient jamais quitté leur cercle polaire ? Aujourd'hui, Linus Omark commence à décoller un peu, mais son compère Johan Harju, bloqué à 2 assistances en 12 rencontres, peine toujours à suivre le rythme.

Coincé en milieu de tableau, juste sous la moyenne (17 points en 12 matchs), le Dynamo ne cesse de bouleverser son effectif pour s'en sortir. Il a d'abord envoyé Dmitri Afanasenkov en équipe-ferme pour le "punir" de son mauvais travail défensif, alors même qu'il était statistiquement le meilleur attaquant de l'équipe. Les autres clubs avaient alors le droit de racheter son contrat, et le Lokomotiv Yaroslavl s'est jeté sur l'occasion.

Mais dans l'effectif du Dynamo, ce n'est pas l'attaque qui posait question. Ce n'est que maintenant qu'il se renforce à l'arrière, en profitant de retours d'Amérique. Le défenseur Andrei Plekhanov n'a pas été retenu au camp NHL de Columbus, et ne voulait pas passer une troisième saison en AHL. Pour récupérer ses droits sur ce joueur, le Dynamo a dédommagé son club d'origine Nijnekamsk en lui cédant l'attaquant Pestushko. Et enfin, la dernière recrue est Aleksei Semenov, qui sort de deux saisons difficiles à San José (2 buts marqués pour son équipe... et 2 contre son camp). Sa valeur NHL a donc fondu, et les Rangers ne lui ont offert "que" 600 000 dollars de salaire, montant largement dépassé par le Dynamo. Les dépenses continuent... À quand le retour sur investissement ?