Lyon - Tours (Division 2, 3e journée)

Pour le deuxième match de la saison à Charlemagne, les Lyonnais ont le droit à un deuxième choc de la poule A. Après la réception de Dunkerque, ce sont les Diables Noirs de Tours qui débarquent à la confluence, et au grand complet ! On ne peut pas en dire autant pour les Lions qui n’alignent que quatorze joueurs sur la feuille de match, amputés de trois blessés et des deux nouvelles recrues défensives, pas encore qualifiées. C’est également un match particulier pour l’entraineur Tourangeau, Robert Millette, qui avait passé deux saisons ici entre 1986 et 1988.

Dès le début de la rencontre, les Lyonnais tentent d’imprimer leur rythme à l’image des percées de Baptiste Frioux ou Nicolas Deshaies qui n’inquiètent cependant pas Thomas Sychterz. Une interruption de quelques minutes pour réparer un trou dans la glace permet aux Diables Noirs de se remobiliser puis de donner du travail à Daniel Svedin, comme Judicaël Xavier avec un tir frappé à la cinquième minute. À force de mettre la pression sur la cage du Suédois, la première prison de la partie tombe contre Lyon. Les Tourangeaux n’en profitent pas, incapables d’une part de s’installer en zone offensive et d’autre part de lancer vers Svedin !

Compte tenu des absences, les jeunes joueurs lyonnais ont droit à beaucoup de temps de jeu, et plus particulièrement Baptiste Frioux qui joue tant sur la première que sur la troisième ligne. Et il est dans la plupart des bons coups rhodaniens, comme sur un raid côté gauche duquel découle un tir de Damien Croux que Sychterz repousse difficilement du bouclier (12’). Autre jeune très en verve sous le maillot bleu et blanc ce soir : Nicolas Deshaies, qui fait parler son slap à deux reprises à la dix-huitième minute, à la pointe de l’unité spéciale, permettant à Sychterz de rester bien chaud. S’ensuit un gros temps fort lyonnais, conclut par un lancer à ras la glace de Damien Croux qui termine sa course au fond de la cage (1-0, 18'30"). Ainsi se termine un premier tiers-temps assez fermé et où le palet a été âprement disputé dans les bandes avant que le jeu ne se débride sérieusement dans les dernières minutes.

Dès le début du deuxième acte, on comprend que ça ne sera pas la même limonade. Les Tourangeaux prennent immédiatement les choses en main avec une série d’occasions, notamment en profitant mieux qu’au premier tiers des supériorités numériques. Tout d’abord un 2 contre 1 initié par Vladimir Sabol est mal conclu par Peter Lietava, puis plusieurs tirs de la ligne bleue permettent à Svedin de briller. Mais à force d’insister, l’arrière-garde de Tours trouve la faille avec un lancer de Jason D’Ascanio, qui fait mouche dans le haut du filet (1-1, 25'24").

Les Diables Noirs accrochent des Lions qui petit à petit accusent le coup physiquement. Ils ne sont plus dangereux que sur des exploits personnels comme sur ce contre éclair signé Robert Olsson (28e). Quatre minutes plus tard, tout le monde retient son souffle lorsque Philippe Ringuette trouve Lietava dans l’enclave mais Svedin fait l’arrêt une fois de plus.

C’est contre le cours du jeu que Lyon repasse devant au tableau d’affichage. Croux tente sa chance de la bleue trois fois en une poignée de secondes. Il touche une première fois la barre, puis manque la cible avant de finalement tromper Sychterz à ras la glace d’un tir plein de rage, exactement comme sur le premier but. Charlemagne explose (2-1, 34'38") ! Ce but réveille le public et permet aux Lions de sortir un peu la tête de l’eau... mais l’euphorie est de courte durée. Lietava donne une véritable leçon de maniement de palet à une défense lyonnaise passive, et trompe un Daniel Svedin complètement livré à lui-même (2-2, 37’24’’). Malgré tout Lyon s’en sort bien dans ce deuxième tiers, n’encaissant que deux buts après avoir été dominé de la tête et des épaules en concédant dix-sept tirs.

Au retour des vestiaires les Lyonnais semblent toujours aussi fatigués et Tours continue à maîtriser son sujet. Après cinq minutes de jeu, Ringuette manque une occasion en or dans l’enclave, envoyant droit dans les loges la rondelle reprise de volée. Deux minutes plus tard Damien Croux se fait subtiliser le palet en zone défensive par Lukas Krejci. Et à petite cause grands effets : sur le tir de Krejci, Svedin laisse un rebond propulsé au fond des filets par Devon Smith (2-3, 47'30").

C’est le début de la fin pour les Lions. Quelques secondes plus tard, Judicaël Xavier met en orbite François Gleize qui slalome dans la défense et trompe Svedin au-dessus de l’épaule d’un tir soudain et précis (2-4, 47'46"). Dès lors toutes les tentatives lyonnaises sont avortées. Les Tourangeaux protègent leur filet bec et ongles, Arnaud Magallon en fait même les frais, récoltant quelques coups de poing. Le temps mort demandé par Pascal Margerit et la sortie du gardien local n’y feront rien. Les hommes de Bob Millette peuvent lever les bras à la sirène finale.

La victoire de Tours est logique et leur permet de conserver leur invincibilité. Nul doute qu’ils feront encore parler d’eux cette saison. Coté Lyonnais, l’équipe a présenté quelques phases intéressantes mais les attaquants étaient trop peu inspirés pour espérer mieux ce soir. Le potentiel est là, et ils ne seront pas faciles à manœuvrer une fois que l’alignement sera complet.

(photos : http://lyon.actuhockey.net)

 

Commentaires d’après-match :

Robert Millette (entraîneur de Tours) : "Je suis très heureux de cette victoire à Lyon, qui va jouer le titre cette saison. Notre équipe ne se prépare que depuis trois semaines. L’équipe a pris possession du match au milieu du deuxième tiers-temps, les gars ont bien appliqué le système et obtiennent une grosse troisième victoire. Je pense que peu d’équipes viendront prendre des points ici. Les joueurs n’ont pas essayé d’en faire trop et on a vu la belle chimie entre les vieux et les jeunes. Ca m’a fait bizarre de revenir ici, j’ai une bonne pensée pour tous les gens que je connais à Lyon."

Pascal Margerit (entraîneur de Lyon) : "Tours mérite sa victoire ce soir, ils ont une équipe expérimentée tandis que la nôtre est très jeune. Ils ont bien géré, même menés ils ne se sont pas affolés, et sur la fin ont bien verrouillé le jeu. On perd pied à la mi-match. Ils ont fait très peu de fautes en défense, du coup je ne peux pas sortir mon gardien sur une supériorité numérique. On espère que ça sera différent en fin de saison, mais Tours était la meilleure équipe sur la glace ce soir."

 

Lyon - Tours 2-4 (1-0, 1-2, 0-2)
Samedi 17 octobre 2009 à 20h30 à la patinoire Charlemagne. 2164 spectateurs.
Arbitrage de Didier Drif et Jean-Charles Llorca.
Pénalités : Lyon 8’ (2', 4', 2'), Tours 14' (4', 6', 4').
Tirs : Lyon 23 (10, 4, 9), Tours 38 (12, 17, 9).
Mises au jeu : Lyon 29 (9, 10, 10), Tours 32 (11, 7, 14)
Évolution du score :
1-0 à 18'30" : Croux assisté de Wikström et Désérable (double sup. num.)
1-1 à 26'24" : D’Ascanio assisté de Gleize
2-1 à 34'38" : Croux assisté de Désérable (sup. num.)
2-2 à 37'24" : Lietava assisté de Ringuette et Lamothe
2-3 à 47'30" : Smith assisté de Krejci
2-4 à 47'46" : Gleize assisté de Xavier

 

Lyon

Gardien : Daniel Svedin [sorti de 58'41" à 59'48"].

Défenseurs : Xavier Simoni – Damien Croux (A) ; Martin Croguennec – Nicolas Deshaies.

Attaquants : François-Henri Désérable – Kim Wikström (C) – Baptiste Frioux ; Adryan Serrano – Robert Olsson – Anthony Kodyjasz (A) ; Arnaud Magallon – Paulin Jouanin – Baptiste Frioux.

Remplaçant : Quentin Duran-Moussy (G). Absents : Mathieu Combe (luxation de l’épaule), Alexander Olsson (genou), Geoffrey Paillet (ligaments du genou), Joseph Cappellano (licence), Charles Vouligny (licence).

Tours

Gardien : Thomas Sychterz.

Défenseurs : Radek Stepan (A) – Vladimir Sabol ; Jason D’Ascanio – Sébastian Wachowski ; Christophe Colombel – Antoine Picot (A).

Attaquants : Peter Lietava – Philippe Ringuette – Mickaël Lamothe ; Devon Smith – Lukas Krejci – Roman Novotny ; Judicaël Xavier – François Gleize (C) – Mathieu Pasquier.

Remplaçant : Yoann Therre (G).