Amiens - Epinal (Ligue Magnus, 6e journée)

On prend les mêmes...

À peine quatre jours après une nouvelle promenade de santé en Coupe de la Ligue, les Gothiques reçoivent de nouveau, comme ils l'avaient fait la semaine dernière avec les Ducs de Dijon, les Dauphins d'Épinal. Ces derniers, déjà perturbés par des difficultés structurelles, voient leur situation sportive s'enliser à mesure que les interrogations s'amoncellent sur la capacité de l'effectif à relever la tête.

Toutefois, les hommes de Tommy Andersson ne se présentent pas en victimes expiatoires et font mieux que résister aux cadors locaux.

Le harcèlement de Jussi Haapasaari lui offre la première occasion, suivie d’une chevauchée solitaire de Petrak et d’une bonne présence de Guillaume Chassard dans le rôle de perturbateur. Côté amiénois, l’entame est timide, même si Riendeau fait une première fois goûter la force de son lancer à Tojkander. Le Québécois est imité dans la foulée par Henderson, suite à une passe abandon de Pazak. Lorsque ce dernier, en manque de réussite, offre une belle occasion à son autre compagnon de ligne en l’absence de Sadoun et Mortas, à savoir Simon Petit, repris de justesse par Henrik Tojkander, l’assistance pense ses protégés sur le point de briser la parité.

Là où d’autres formations, comme Neuilly, ont craqué, Épinal fait preuve de répondant, pour employer Sébastien Ylönen, à nouveau appelé à suppléer Ville Koivula, malade en semaine. Haapasaari et Karlsson viennent ainsi inquiéter le jeune portier suite à une bonne présence de la deuxième ligne vosgienne. La première unité n’est pas en reste et met à son tour en évidence les difficultés picardes sur une passe de Simko pour isoler Jan Plch au centre. Nullement inquiété, Tomi Karlsson repique de la droite pour se casser à son tour les dents sur Ylönen.

Sur le plan défensif, Peter Slovak confirme les bonnes dispositions des siens, son placement venant contrarier le contre mené par les deux anciennes étoiles strasbourgeoises. Bien regroupée, efficace et appliquée, l’arrière-garde spinalienne n’est pas plus perturbée par les longues ouvertures de Kowalczk. Une mauvaise appréciation de Slovak est en outre rattrapée sur le champ. Le premier jeu de puissance ne remet pas plus les Gothiques dans le bon sens, l’unique lancer, en force de Yanick Riendeau, venant se heurter à un gant solide.

Tarik Chipaux, en contre, passe à son tour près de la réussite, sur une passe détournée dangereusement. Au retour à égalité numérique, Chassard, servi par Plch, vient à son tour tester Ylönen, peu perturbé par l’échappée préalable de Petrak et auteur d’une double intervention face à Simko et Chipaux (16’20"). Le brio du dernier repart, sauveur à plusieurs occasions d’une formation peu en jambes, ne peut que retarder l’inéluctable ouverture de la marque, signée Simko, servi à droite de la cage d’où il repique pour glisser le palet au fond (0-1 à 16'51").

Un changement de maillot pour repartir de zéro

Histoire de dissiper la confusion entre les deux équipes, dont la tunique laisse une part importante à la mode du rose, les Gothiques reviennent sur la glace avec un maillot orné d’orange et de noir, couleurs habituellement portées à l’échauffement. Ce changement tarde à porter ses fruits car la physionomie de la rencontre ne s’en trouve pas bouleversée pour autant. Une première frayeur, sur un palet de relance oublié par Sylvain Rodier, passe près de profiter au buteur spinalien. La faute provoquée par le combatif Chipaux replace Sébastien Ylönen sur le devant de la scène. Les lancers successifs de Slovak et Simko, en force, puis de Chassard, sans contrôle, mettent encore en évidence la bonne performance du nouveau venu, à tel point que Simko et Plch doivent user et abuser des passes pour trouver une position de tir appréciable.

À son tour en infériorité, Peter Slovak joue encore les pompiers de service. Un temps seulement car les Gothiques cafouillent leur jeu, Pazak n’étant pas épargné par la maladresse sur une passe facile ratée vers Kowalczyk, dont le rare lancer touche du métal ! Pour ne rien arranger, la paire Marcos-Bault monte de concert sur Jan Simko en entrée de zone, laissant le champ libre à Michal Petrak, au revers victorieux (0-2 à 29'32"). Puis Teddy Trabichet est touché par un palet frappé par Guillaume Chassard, et, enfin, Miroslav Pazak se relève avec difficulté d’une charge de Tomi Karlsson...

Au moment où tout tourne mal pour Antoine Richer et ses hommes, ces derniers vont pourtant faire preuve d’un retour renversant, comme leurs capacités offensives peuvent le permettre. La révolte vient sans surprise du percutant Brian Henderson, d’un tir croisé en force (1-2 à 30'23"). Elle se poursuit par une percée de Valentin Claireaux, à gauche face à Jan Hagelberg pour offrir l’égalisation à Jonathan Boehrer (2-2 à 31'09"). Totalement déboussolé, Henrik Tojkander perd ses appuis sur un tir détourné vers l’arrière de sa cage, et vite converti par Riendeau, jusque là muet et pourtant dans le dos du Suédois (3-2 à 31'35").

Le temps mort ne peut arranger les affaires des Dauphins, à la suite de ces soixante-douze secondes de folie. L’avantage numérique, bien plus convainquant, est converti par Riendeau, d’une reprise sèche en un temps sur un décalage de Sylvain Rodier (4-2 à 33'48"). Au contraire de Spinaliens, qui finissent le tiers avec deux hommes supplémentaires sans pour autant trouver le fond des filets picards. Sébastien Ylönen contrecarre ainsi les plans de Simko, artilleur à mi-distance, et Chassard, à la recherche d’une ouverture de la gauche. Surpris par Petrak, il se rachète à temps en captant la rondelle à même la ligne avant de confirmer ses bonnes dispositions, sans trembler devant Chipaux, esseulé. Face à ce portier bien en place, les avants lorrains sont contraints de tergiverser avant de lancer, et ratent le cadre à plusieurs reprises, y compris sur face-à-face gâché par Simko.

À l’épisode des maillots succède, pour le dernier tiers, le retard dû à l’attente d’une glace praticable. Une fois la piste en place, les artistes québécois profitent des unités spéciales pour grossir un peu plus leurs compteurs, d’un jeu à trois parfaitement exécuté (5-2 à 44'19"). Un lancer à la ligne bleue de Béron, suivi par Offret (6-2 à 49'21"), vient tuer tout suspense. L’hémorragie n’est d'ailleurs pas terminée pour autant car Pavel Kowalczyk vient à son tour chercher des points, d’un lancer repoussé sur Béron (7-2 à 50'25") et d’une montée à point nommé pour offrir le surnombre devant la cage (8-2 à 52'29").

Malgré cette nouvelle salve de trois buts en quasiment autant de minutes, Épinal ne baisse pas les bras. Épargné de longues minutes, Ylönen fait encore front, à bout portant, à Jan Simko, puis aux cinq avants alignés sur le jeu de puissance... mais s’incline dix secondes après le retour des punis Marcos et Bault, sur un effort de Karlsson, revenu de la gauche pour trouver le haut du filet (8-3 à 56'14"). Un beau mouvement en "une-deux" de Plch et Petrak permettra au premier de sauver une dernière fois l’honneur des Vosgiens (8-4 à 57'32"). Et de sortir la tête haute d’une rencontre plutôt bien entamée. Petite consolation par les temps qui courent...

Méconnaissables jusqu'à l'ouverture de leur compteur par le catalyseur Henderson, les Gothiques devront montrer un tout autre visage lors des prochaines (grosses) échéances. Un réveil à la mi-match s'avérerait préjudiciable.

Désignés meilleurs joueurs du match : Sylvain Rodier pour Amiens et Jan Simko pour Épinal.

 

Commentaires d'après-matchLionel Simon

Lionel Simon (défenseur d'Épinal) : "Après le match de mardi, une grosse mise au point des dirigeants et la motivation devaient permettre de ne pas rééditer la même performance. Mais ce soir on a vu la différence entre une équipe en confiance et une autre dans le doute. Le match bascule en cinq minutes, ensuite tout devient compliqué. Il est difficile de dire si c'est Ylönen qui brille ou si notre manque de réussite fait la différence car, comme en Coupe de la ligue, nous ne concrétisons pas nos occasions. Il faudra bâtir sur notre première moitié de match, même si on ne voit pas le bout du tunnel. On va continuer à s'entraîner à Metz ou Colmar et tenter de rebondir à Strasbourg et Dijon."

 

Amiens - Épinal 8-4 (0-1, 4-1, 4-2)
Samedi 24 octobre 2009 à 20h00 au Coliseum. 2 750 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Sébastien Juret et Adrien Ernecq.
Pénalités : Amiens 14' (4', 6', 4‘), Épinal 16' (4', 4', 8').
Évolution du score :
0-1 à 16'51" : Simko assisté de Mäntylä et Plch
0-2 à 29'32" : Petrak assisté de Simko
1-2 à 30'23" : Henderson assisté de Petit et Pazak
2-2 à 31'09" : Boehrer assisté de Claireaux et Marcos
3-2 à 31'35" : Riendeau assisté de Rodier et Glaude
4-2 à 33'48" : Riendeau assisté de Rodier et Cayer (sup. num.)
5-2 à 44'19" : Rodier assisté de Riendeau et Cayer (sup. num.)
6-2 à 49'21" : Offret assisté de Marcos et Béron
7-2 à 50'25" : Béron assisté de Petit et Kowalczyk (sup. num.)
8-2 à 52'29" : Kowalczyk assisté de Pazak et Marcos
8-3 à 56'14" : Karlsson
8-4 à 57'32" : Plch assisté de Petrak (inf. num.)

Amiens
Gardien : Sébastien Ylönen.
Défenseurs : Jean-Philippe Glaude (A) - Teddy Trabichet ; Grégory Béron - Pavel Kowalczyk ; Julian Marcos (A) - Romain Bault ; Maxim Belov.
Attaquants : Yannick Riendeau - Sylvain Rodier - David Cayer ; Miroslav Pazak (C) - Brian Henderson - Simon Petit ; Yannick Offret - Valentin Claireaux - Jonathan Boehrer.
Remplaçants : Ville Koivula (G), Kévin Hamon. Absents : Vincent Bachet (blessé), Anthony Mortas (adducteurs), Loïc Sadoun (tendinite).

Épinal
Gardien : Henrik Tojkander.
Défenseurs : Jan Hagelberg - Peter Slovak ; Lionel Simon - Niko Mäntylä ; Yvan Charpentier.
Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Tomi Karlsson - Jussi Haapasaari - Guillaume Chassard (A) ; Anthony Rapenne - Tarik Chipaux (A) - Nathan Ganz ; Kévin Benchabane - [Chipaux] - Erwan Agostini.
Remplaçant : Stanislav Petrik (G). Absents : Benoît Quessandier, Guillaume Papelier (rotule), Fabien Leroy.