Où va la LNB suisse ?

Pendant qu'en France deux clubs se sont fait sanctionner pour des dissimulations dans leurs comptes, un club suisse s'est fait carrément retirer sa licence pour avoir déclaré des cotisations sociales qui n'avaient pas été payées. Dans le cas des Young Sprinters de Neuchâtel, le problème était de toute façon insoluble : le club, qui avait eu sa licence sous conditions, n'a jamais pu trouver l'argent espéré via une augmentation de capital. Le conseil d'administration a donc déposé le bilan et libéré les joueurs avec effet immédiat.

Et pourtant, les Young Sprinters étaient autrefois un grand club : en 1958 par exemple, il avait terminé vice-champion et remporté la coupe. Et pourtant, Neuchâtel est une des vingt plus grandes villes de Suisse... Oui, mais voilà, elle est devenue une ville de football, avec un stade flambant neuf et une patinoire archaïque. Le malaise ne se résume cependant pas au seul cas particulier de Neuchâtel.

Fin 2005, pour la première fois de toute son histoire, le hockey suisse avait vu un club - le Forward Morges - mis en faillite en plein milieu de la saison. Quatre ans plus tard, le scénario se reproduit trait pour trait avec les Young Sprinters. Il aura tenu un an de plus en LNB, dépensant moins sans compter, mais aura fait le même constat : quelques centaines de spectateurs ne suffisent pas à trouver les ressources suffisantes. La 1re ligue (amateur) est d'un niveau et d'un intérêt trop faible pour préparer à la promotion en LNB, et cette dernière se meurt à petit feu, sclérosant le hockey suisse où plus aucun nouveau club n'émerge. C'est son principal défaut actuel par rapport aux pays majeurs d'Europe.

Où va la LNB ? Cette question ne date pas d'hier.

Pour cette saison, on sait : les résultats des Young Sprinters sont annulés et les poules différenciées (entre les équipes classées de 1 à 7 et de 8 à 11) seront supprimées, ce qui a le mérite de livrer une formule plus claire où l'on passe directement aux quarts de finale. Dans l'intervalle, il y aura une cinquième confrontation entre les dix équipes restantes après les deux aller-retour classiques. Les clubs les mieux classés y recevront cinq fois, les autres seulement quatre.

Oui, mais après ? Continue-t-on à 10, alors que la LNA se joue à 12 ? C'est un peu absurde comme pyramide, mais comme ce sont les clubs qui votent, ils plaident chacun pour leur intérêt, donc plus pour un élargissement qu'une réduction qui verrait certains d'eux descendre. C'est pour cela que l'on vit depuis des années dans l'illusion d'une LNB à 12 qui ne se concrétise jamais. Les clubs alémaniques ne veulent en effet pas monter dans une division à majorité romande car ils y perdraient leurs derbys, et les seuls à franchir le pas sont donc les clubs francophones... mais ceux-ci sont moins compétitifs et moins aptes au niveau supérieur. L'ascenseur ne fonctionne plus, coincé par des mentalités régionalistes inconciliables.

Tout restructurer ? Il faudrait forcer la main des intérêts à court terme de certains clubs. Bon courage à Werner Augsburger, le nouveau directeur de la Ligue Nationale, élu ce matin - au lendemain du désastre neuchâtelois - et qui prendra ses fonctions le 1er janvier. Denis Vaucher, son prédécesseur démissionnaire qui part à la fédération suisse de ski, lui laisse un héritage compliqué.