Dijon - Épinal (Ligue Magnus, 7e journée)

GuttigAnthonyUn point, c'est déjà bien...

Faute de voir la vie en rose, les Spinaliens broient du noir. Et la fermeture de Poissompré n'arrange rien... Quelle tuile, ce toit !

C'est dire si les Vosgiens ne viennent pas avec une "cote en or" là où ils ont pourtant gagné le mois dernier. Mais c'était en Coupe de la Ligue, une compétition synonyme de turn-over pour les Ducs. Mais cette fois, changement de décor. Dijon est au complet, même s'il manque la dernière recrue en date : Matt Reynolds. Une "affaire" à saisir puisque le gaillard valait 55 points l'an passé en élite britannique. Mais voilà, le Canadien a fait les frais de son mauvais début de saison. Comme quoi à Hull, où le conserver cet été était une priorité, on ne fait pas de sentiments...

À Épinal, un ultimatum a été lancé à Tommy Andersson. Après l'élimination en Coupe de France, le Suédois, parfait bouc-émissaire, est donc en sursis. Comme Tomi Karlsson purge le premier de ses deux matchs de suspension, Kévin Benchabane lui succède aux côtés de Guillaume Chassard et Jussi Haapaasari. Ce dernier fait d'ailleurs son retour, à l'instar de Benoît Quessandier, qui passera ce soir plus de temps en prison qu'autre chose, mais incitait, avant le match, ses coéquipiers à "se révolter".

Ceux-ci sont pourtant vite dépassés par les événements, sitôt l'hommage rendu à Jean-François Pointet. Ce dernier, décédé tragiquement dans la semaine, avait notamment marqué l'histoire du hockey dijonnais en participant, entre autres, à la remontée en Division 1 en 2000.

Touchés...

S'il convient de se méfier d'une bête blessée, force est de constater que Petrik n'est pas dans assiette. Le Slovaque, brillant cinq jours plus tôt à Strasbourg, est préféré à Henrik Tojkander. Un coaching perdant pour Andersson, voyant son gardien fébrile sur sa première sortie au bâton et pas aidé par une défense laissant Kristin, à l'affût au poteau droit, exploiter ce cafouillage (1-0 à 01'44").

Face à des Ducs inspirés, c'est la pire des entame possible, d'autant que les pénalités viennent rapidement gangrener le jeu spinalien. L'ICE subit donc un premier siège mais le carré, puis le triangle lorsque Haapasaari s'en vient rejoindre Petrak au cachot (4e), retardent l'échéance. Retardent seulement, puisque le naturel revient vite au galop, à la vitesse d'une relance dans l'axe ratée par Slovak, ce dont profite Gillet pour tester Petrik (6e).

Décidément, Peter Slovak a pris de mauvaises habitudes cette saison et n'est pas plus brillant en supériorité numérique, où Tommy Andersson s'obstine toujours à l'utiliser comme "plot de chantier" à la ligne bleue. Pas de doutes, s'il y avait un prix Nobel du powerplay, Andersson, c'est sûr, ne serait jamais nominé... La seconde unité, elle, ne vaut pas mieux. À l'image d'un Jussi Haapasaari accumulant les mauvais choix. Du coup, le "jeu de puissance" est une proie facile pour des Ducs bien en place.

Si l'ICE n'a plus de "patator" digne de ce nom, le DHC, lui, n'a plus Poznik depuis quelques années déjà. Mais Aymeric Gillet, dans son genre, n'est pas mal non plus. C'est d'ailleurs lui qui, de la pointe, ouvre sur un Mazerolle "oublié" par la défense. D'un contrôle orienté, le Canadien se joue d'un Petrik livré à lui-même (2-0 à 09'32"). Dommage toutefois que ce but soit entaché d'une action litigieuse à sa base, lorsque Petrak se fait accrocher par Lustberg.

Appelez Mulder et Scully. Ou bien les frères Winchester si vous préférez. Avis de fantômes sur Trimolet, où ce diable de Kristin s'en donne à cœur joie. Flanqué de Guttig et Lezo, le Slovaque est à surveiller comme le lait sur le feu et en met plein la vue à un repli... fantôme. Son tir en coin est repoussé par Petrik, pour un rebond axial qui fait le bonheur de Guttig (3-0 à 10'14"). Le gardien spinalien, totalement déconfit, ne se fait pas prier pour rejoindre son banc...

Vu la tournure des événements, un remake "à l'envers" de la saison passée (où l'ICE s'était imposée 7-3 après avoir mené 4-0 au premier tiers) est envisageable. Eh bien non, puisque dans la foulée, Petrak profite d'un courant d'air sur l'aile droite pour servir Chipaux côté opposé, qui expédie le palet sous la barre (3-1 à 11'27").

Ce but redonne un peu d'allant aux "rose et blanc," mais la mainmise locale ne se dément pas. Avec le seul Tojkander pour limiter les dégâts, Épinal peine à soutenir la comparaison avec ses hôtes, plus aboutis collectivement et dotés eux-aussi d'un gardien rassurant. Florian Hardy démontre toute sa solidité sur quelques arrêts importants à bout portant.

Les Spinaliens n'ont que peu d'occasions à se mettre sous la dent et se les procurent surtout en... désavantage numérique. La meilleure d'entre elles restant l’œuvre d'une première ligne jusqu'alors perdue de vue. Y a t-il du Jacques Pradel là dessous ? Toujours est-il que Plch se rappelle à notre bon souvenir en débordant Resetka pour servir le caviar à un Petrak petit bras devant Hardy (23'51").

... mais pas coulés !Michal Petrak

Dominer n'est pas gagner. Un adage encore vérifié ce soir par des Ducs incapables d'accroître leur avance. La faute à un Tojkander des grands soirs. Le Suédois est en fait le seul à ne pas faire le poireau dans une défense parfois réduite à l'état végétatif. Une merveille de déplacement latéral, sur un centre au cordeau de Strapaty vers Kristin au second poteau, ôte un but tout cuit aux Ducs (25'40").

En état de grâce, Toj' tient son équipe à bout de bras et cache la misère des siens qui, rappelons-le, ne comptent que deux buts de retard. Et bientôt plus qu'un seul lorsque Petrak profite d'un moment de flottement pour trouver Simko, qui fait mouche à mi-distance (3-2 à 31'19"). La muraille Hardy se fissure ensuite sur un lancer excentré de Chassard (3-3 à 32'29").

En baissant sa garde, Dijon est tombé dans le piège de la facilité. Un passage à vide inattendu quelques instants auparavant et matérialisé par une application moindre. Autant collective qu'individuelle (relances baclées, replis défaillants). Mais relâchement coupable ou pas, tout est à refaire... Et ce n'est plus du tout la même mayonnaise face à des Dauphins totalement requinqués !

Comme Tojkander poursuit son numéro et que les Lorrains ont du répondant dans les duels, Dijon reste à la merci des contres. À toi, à moi, entre Haapasaari et Chassard... et c'est Hardy qui trinque (3-4 à 38'18"). Quel revirement de situation !

En plein dans le Mille

Le "Maric's band" a payé cher sa suffisance et doit maintenant faire sauter le verrou Tojkander. Leader discret de la défense, Mathieu Mille serait-il serrurier à ses heures ? Toujours est-il que l'international tire les siens de l'ornière grâce à un lancer lointain, bonifié par le trafic régnant dans le slot (4-4 à 42'19").

Dès lors, aucun des deux protagonistes n'entend rendre les armes, et surtout pas l'équipe au chevalier, parfois à court de solutions, et qui presse maintenant de manière désordonnée. Hardy le bien nommé doit toutefois couvrir ses arrières face à Petrak (45e). Jesse Lustberg, parti à l'abordage en infériorité numérique, s'y reprend à deux fois pour marquer du bras (52'50"), ce qui n'échappe (pour une fois) pas aux zèbres de service...

Tous les ingrédients sont maintenant réunis pour une fin de match "au couteau". Un surnombre bête et méchant, pêché mignon de l'ICE version Andersson, offre une dernière chance au powerplay local. Mais voilà, les visiteurs ont serré la vis et Mazerolle, alias Luc pour les intimes, n'est pas "Lucky" dans la finition. Lezo, lui, y va d'une charge appuyée sur Plch, pour une ultime supériorité numérique (57'27"). Les Ducs sont poussés dans leurs derniers retranchements mais tiennent bon. Ce soir, ils ont au moins sauvé un point face à leurs "voisins" lorrains. Pour les Dauphins en revanche, ce n'est que du bonus. Ils peuvent en tout cas remercier Tojkander, leur ange-gardien sans qui, ce soir, la raclée était assurée.

Mort-subite ou pas, Michal Petrak a toujours cette fâcheuse tendance à jouer les un contre un. Quitte à se faire "cueillir" par Mathieu Mille. S'ensuite un déboulé rageur de l'ailier de poche Hascoët, trop vif pour Leroy (61'27"). La paire Lustberg - Nurminen, sous la pression de Chipaux & cie, a toute les peines du monde à se dégager mais lorsqu'elle y arrive, Guttig file en break mais choisit de tirer en force... et le cadre se dérobe. Jan Plch, quant à lui, trouve le relais d'un Jan Hagelberg plus incisif qu'à l'accoutumée. Le Finlandais arrive lancé en zone offensive et Mille pris de vitesse, ne peut que l'accrocher (63'18"). Une pénalité toujours malvenue en prolongation, mais le temps tourne finalement en faveur des Bourguignons...

Lezo joue les héros

Place maintenant à la loterie des tirs au but. Une fusillade où Stephen Dugas défouraille en premier. Le capitaine tente de fixer Tojkander, bien sur ses appuis. Chassard, lui, a plus de réussite en glissant le disque par dessus le bras d'Hardy (0-1). Kristin s'élance à son tour et tente d'embarquer le Suédois, qui couvre bien sa ligne. Plch s'essaye lui du revers, sans réussite. Dos au mur, Mazerolle a le sang froid suffisant et la dextérité nécessaire pour placer son back-hand (1-1). Comme les revers sont à la mode, Petrak s'y met à son tour... mais le poteau lui répond. Hardy était pourtant battu.

Chassard (revers non cadré), Kristin (repoussé du bras), Hagelberg et Guttig (revers sur le poteau) se succèdent en vain. Et après le "coup de barre" d'Haapasaari, Lezo s'en vient déporter Tojkander (2-1). Au bout du suspens, Dijon a finalement eu le dernier mot dans ce match à rebondissements.

 

Dijon - Épinal 5-4 t.a.b. (3-1, 0-3, 1-0, 0-0, 1-0)

Samedi 31 octobre 2009 à 20h30 à la patinoire Trimolet. 678 spectateurs.

Arbitrage de Bruno Colléoni assisté de Laurent Rouèche et Benjamin Gremion.

Pénalités : 20' (10' + 2' + 6' + 2') contre Dijon ; 38' (10' + 14' + 6' + 0') contre Epinal.

Tirs : 35 (15 + 7 + 10 + 3) pour Dijon ; 19 (7 + 6 + 5 + 1) pour Epinal.

Évolution du score :

1-0 à 01'44" : Kristin assisté de Decock et Guttig

2-0 à 09'32" : Mazerolle assisté de Nurminen et Gillet

3-0 à 10'14" : Guttig assisté de Kristin et Gillet (double sup. num.)

3-1 à 11'27" : Chipaux assisté de Petrak et Hagelberg (inf. num.)

3-2 à 31'18" : Simko assisté de Petrak

3-3 à 32'29" : Chassard assisté d'Haapasaari

3-4 à 38'18" : Chassard assisté d'Haapasaari et Chipaux

4-4 à 42'19" : Mille assisté de Ritz

Tirs aux buts :

Dugas (raté), Chassard (réussi), Kristin (raté), Plch (raté), Mazerolle (réussi), Petrak (raté), Chassard (raté), Kristin (raté), Hagelberg (raté), Guttig (raté), Haapasaari (raté), Lezo (réussi).


Dijon

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Jesse Lustberg - Aki Nurminen ; Pavol Resetka - Peter Strapaty ; Mathieu Mille - Aymeric Gillet.

Attaquants : Stephen Dugas (C) - Luc Mazerolle - Arnaud Hascoët ; Miroslav Kristin - Anton Lezo - Anthony Guttig ; Thomas Decock - Erwan Pain - Mathieu Séguy ; Nicolas Ritz.

Remplaçants : Andy Foliot (G), Loïc Chabert, Daniel Masik, Thomas Lecoanet. Absents : Yassine Fahas , Pierre Sanchez , Matt Reynolds (en attente de qualification).

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik [puis Henrik Tojkander à 10'14"].

Défenseurs : Peter Slovak - Fabien Leroy ; Jan Hagelberg - Niko Mäntylä ; Benoît Quessandier (A).

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Jan Plch (C) ; Kévin Benchabane - Jussi Haapasaari - Guillaume Chassard (A) ; Anthony Rapenne - Tarik Chipaux - Erwan Agostini.

Absents : Tomi Karlsson (suspendu), Lionel Simon (douleurs abdominales), Nathan Ganz (adducteurs), Yvan Charpentier (avec la Division 3 à Metz).