Russie - Finlande

Leo Komarov

Match comptant pour le tournoi Karjala, deuxième manche de l'Euro Hockey Tour.

Joyeux anniversaire ! En ce jour de match, Aleksei Yashin fête ses 36 ans, et Nikolaï Zherdev ses 25 ans. Aucun n'est cependant dans l'effectif russe. Les deux joueurs ont en effet un autre point commun, celui d'être les principaux absents de la pré-sélection olympique de 50 noms.

Si Zherdev a connu un début de saison médiocre, ce n'est pas le cas du meilleur marqueur du SKA Saint-Pétersbourg. Les sélectionneurs ont donc été obligés de s'expliquer : "Nous n'avons pas de conflit avec Yashin, mais il a son propre système de jeu. Malheureusement, il est sur la liste de ceux qui ne conviennent pas à l'équipe nationale. Il aurait pu être mis sur la liste des 50 maintenant, pour éviter les discussions inutiles, et en être retiré avant Vancouver. Mais nous avons trop de respect pour Yashin pour le tromper avec de faux espoirs, ce ne serait pas humain."

Ce n'est pourtant pas le cas Yashin qui a fait débat cette semaine entre les sélectionneurs et le SKA Saint-Pétersbourg. Si la polémique s'est enflammée, c'est à cause d'un fax du club, arrivé seulement lundi après-midi, annonçant les forfaits de Zubov et Gorovikov. Trouver les remplaçants (Guskov et Schastlivy) n'a pas été simple car les clubs avaient déjà libéré leurs joueurs pour la trêve internationale.

En conférence de presse, Bykov s'est énervé contre le club pétersbourgeois : "Ils ont écrit qu'un joueur était blessé et l'autre en réhabilitation. Mais tous deux ont joué le dernier match avant la pause. Et ils auraient pu communiquer cette décision avant dimanche, ce qui aurait facilité la recherche d'un remplaçant. Cela montre la relation de l'équipe de Saint-Pétersbourg à la sélection. Se considérer au-dessus des autres et placer ses intérêts personnels au-dessus des intérêts de l'équipe nationale est inadmissible et inacceptable." Le SKA, qui est aussi le club du président de la KHL Aleksandr Medvedev, a réagi à cette mise en cause par un communiqué expliquant que les joueurs pensaient venir jusqu'au dernier moment mais ont finalement déclaré forfait pour "raisons médicales".

Le résultat probable de ce scandale est que la liste olympique ne compte probablement plus que 48 noms. Le retour de Sergei Zubov aurait pu faire l'évènement : comme beaucoup de membres de la génération d'Albertville partis en Amérique au moment de la chute de l'URSS, il a fait sa carrière presque exclusivement en NHL (il y est le défenseur russe le plus prolifique de l'histoire avec 771 points) et n'a plus porté le maillot de la Sbornaïa depuis treize ans. Après le foin autour de cette défection, il est probable qu'il ne le porte plus jamais...

Jarkko ImmonenEn l'absence de Zubov, un certain Oleg Tverdovsky voyait monter sa cote olympique dans le rôle du défenseur d'expérience doté d'un bon sens du jeu... Mais il est tombé malade pendant le voyage. Diagnostic : grippe H1N1 ! LOn lui a mis un masque dans l'avion et on l'a isolé dans le bus avant de le conduire dans un hôpital de Helsinki. L'attaquant débutant Galimov se retrouve du coup à compléter la défense russe...

Il ne faudra pas que la machine russe se grippe, car la Finlande veut faire tomber les doubles champions du monde. À exactement 100 jours des Jeux olympiques, l'ambiance commence sérieusement à monter. Le sélectionneur Jukka Jalonen a déclaré que cette équipe était la meilleure qu'il ait jamais constituée pour un Euro Hockey Tour. Il est vrai qu'elle ne compte qu'un seul débutant, Jani Tuppurainen, et beaucoup d'hommes d'expérience. Le capitaine Ville Peltonen en particulier est présent, et il a comparé une éventuelle victoire sur les Russes ce soir avec celle en demi-finale des JO 2006.

Cette Finlande conquérante réussit un début de match de rêve. Dès la troisième minute, Vitali Atyushov récupère le palet arrêté par son gardien derrière sa cage, mais ne voit pas arriver dans son dos Leo Komarov, qui lui subtilise la rondelle et remet devant la cage pour la conclusion à bout portant de Marko Anttila. Deux minutes plus tard, Jarkko Immonen tire dans la botte de Vassili Koshechkin et vient prendre son propre rebond sans que Zinoviev ne puisse l'en empêcher. Et pour couronner le tour, Markus Seikola sert d'une relance axiale ce même Immonen qui évite Atyushov au centre de la glace et vient jusqu'en haut de l'enclave trouver une lucarne parfaite (0-3, 07'52"). Trois buts en huit minutes : les hommes de Bykov vacillent comme jamais. Le gardien Koshechkin, propulsé titulaire par la blessure d'Eremenko, n'a rien pu faire. Ce n'est qu'en fin de première période que les Russes se créent leurs premières occasions russes par leurs vedettes Radulov et Morozov.

Aleksei TereshchenkoLa Finlande est dans une position idéale mais gâche tout à la reprise par son indiscipline. Janne Niskala trouve le moyen d'être pénalisé deux fois de suite pour accrocher. Trente secondes seulement espacent sa sortie de prison et sa récidive. Ossi Väänänen vient le rejoindre dans la geôle pour une dureté commune chez lui, et à 5 contre 3, la Russie installe son jeu. Saprykin n'a plus qu'à rediriger dans la cage ouverte la passe-laser de Sergei Zinoviev au second poteau (1-3, 26'26"). Les rouges fêtent ce but et la Finlande n'est plus aussi sereine, surtout après la blessure abdominale de Janne Pesonen qui casse sa meilleure ligne, celle d'Immonen.

En début de troisième période, les Finlandais sont en avantage numérique. Une passe transversale gourmande de Jukka Voutilainen sur toute la largeur de la zone neutre est interceptée par Danis Zaripov, qui est fait trébucher dans un premier temps mais finit l'action un peu plus tard devant la cage (2-3, 43'46"). La Finlande croit tenir ce maigre but d'avance jusqu'au bout, mais le plus beau reste à venir lors de l'égalisation russe avec une construction à une touche de palet en zone neutre : passe de Korneev vers la remise en retrait de Tereshchenko pour Zaripov qui décale Morozov côté droit. Le capitaine russe entre dans le cercle d'engagement et tire entre les jambières de Vehanen (3-3, 58'50").

La prolongation ne donne rien et la victoire se joue aux tirs au but : Mozyakin est le premier à marquer, Immonen répond à mi-hauteur côté plaque, mais Morozov offre le succès à la Russie d'une feinte maîtrisée sur le revers.

La ligne Zaripov-Tereshchenko-Morozov, pas convaincante à Kazan, a pourtant été alignée telle quelle par les sélectionneurs qui voulaient juger sur pièce en équipe nationale. C'est ce trio qui avait le plus à gagner ou à perdre ce soir, et il a marqué des points en permettant cette remontée fantastique des Russes devant des Finlandais qui avaient bien cru tenir leur exploit. Dans le camp des Leijonat, c'est la quatrième ligne Komarov-Santala-Anttila, constante et disciplinée, qui a laissé la meilleure sensation collective.

Le résumé vidéo du match.

Désignés joueurs du match : Aleksei Morozov pour la Russie et Antti Pihlström pour la Finlande.

 

Commentaires d'après-match (sur la chaîne de télévision YLE).

Leo Komarov (attaquant de la Finlande) : "Nous avons pris un bon départ. À 3-0, le match semblait bien engagé. Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé. Deux erreurs, et ça a fait 3-2. Notre jeu ne fonctionnait plus. Ennuyeux. Notre jeu s'est gelé au deuxième tiers. Nous avons gagné un peu de temps au troisième tiers, mais la fin de match a été difficile. [...] Il faut jouer physique contre les Russes. S'ils reçoivent beaucoup de mises en échec, cela peut aussi paralyser leur rythme et leur tempo."

 

Russie - Finlande 3-3 (0-3, 1-0, 2-0, 0-0) / 2-1 aux tirs au but
Jeudi 5 novembre 2009 à la Hartwall Arena de Helsinki. 10440 spectateurs.
Arbitrage de Christer Lärking et Marcus Vinnerborg (SUE) assistés de Jussi Terho et Mika Tervo (FIN).
Pénalités : Russie 8' (4', 2', 2', 0'), Finlande 8' (2', 6', 0', 0').
Tirs : Russie 38 (11, 14, 9, 4), Finlande 42 (13, 7, 15, 7).
Évolution du score :
1-0 à 02'59" : Anttila assisté de Komarov
2-0 à 05'01" : Immonen assisté d'Anttila
3-0 à 07'52" : Immonen assisté de Seikola (sup. num.)
3-1 à 26'26" : Saprykin assisté de Zinoviev et Atyushov (double sup. num.)
3-2 à 43'46" : Zaripov assisté de Tereshchenko et Atyushov
3-3 à 58'50" : Morozov assisté de Zaripov et Tereshchenko
Tirs au but
Finlande : Voutilainen (arrêté), Kerman (arrêté), Immonen (réussi).
Russie : Zaripov (arrêté), Mozyakin (réussi), Morozov (réussi).

 

Russie

Gardien : Vassili Koshechkin.

Défenseurs : Konstantin Korneev (+1) - Ilya Nikulin ; Vitali Proshkin (A) - Aleksandr Galimov (-1) ; Vitali Vishnevski (4') - Aleksandr Guskov ; Dmitri Kalinin (-1) - Vitali Atyushov (+1).

Attaquants : Danis Zaripov (+2) - Aleksei Tereshchenko (+2) - Aleksei Morozov (C, +1) ; Oleg Saprykin (-1) - Sergei Zinoviev (-1) - Aleksandr Radulov (-1) ; Sergei Mozyakin - Anton Kuryanov (2') - Maksim Sushinsky (A) ; Viktor Kozlov (-1) - Piotr Schastlivy (-1) - Aleksandr Perezhogin (-1, 2').

Remplaçant : Georgi Gelashvili (G).

Finlande

Gardien : Petri Vehanen.

Défenseurs : Pasi Puistola - Mikko Mäenpää ; Janne Niskala (+1, 4') - Lasse Kukkonen (+1) ; Ossi Väänänen (-1, 2') - Markus Seikola (-1, 2') ; Jan Latvala.

Attaquants : Ville Peltonen - Niko Kapanen - Jukka Voutilainen ; Janne Pesonen (+1) puis Jani Tuppurainen (-1) - Jarkko Immonen - Tony Salmelainen (-1) ; Antti Pihlström - Petri Kontiola - Kalle Kerman ; Leo Komarov - Tommi Santala - Marko Anttila (+1).

Remplaçant : Iiro Tarkki (G).