Suède - Russie

PerssonNiklasMatch comptant pour le tournoi Karjala, deuxième manche de l'Euro Hockey Tour.

Forsberg est un grand garçon

Russes et Suédois ont remporté leur premier match avant-hier et s'affontent donc aujourd'hui pour la finale en puissance de cette manche finlandaise. Comme c'est la deuxième des trois rencontres su tournoi, il est cependant habituel que ce soit le second gardien qui la joue. Mikael Tellqvist est un habitué dans les cages suédoises, en revanche c'est le grand jour pour Georgi Gelashvili. Le jeune gardien du Lokomotiv Yaroslavl, qui était le meilleur lors de la première saison de KHL, connaît sa première titularisation en équipe nationale.

C'est un grand jour aussi pour Peter Forsberg. Aujourd'hui, il devient un grand garçon ! Hein ? Quoi ? Et oui, Forsberg obtient le droit de porter la médaille des "Stor Grabb", les "grands garçons", une distinction suédoise qui s'applique à tous les athlètes selon des critères propres à chaque sport. Dans le hockey sur glace, il faut d'une part avoir un minimum de 100 sélections, et d'autre part obtenir 100 autres points au mérite en fonction des médailles olympiques ou mondiales d'or (30 points), d'argent (20) ou de bronze (10).

Il est évident que Forsberg, double champion olympique et double champion du monde, remplit largement ce second critère. Mais il lui manquait cette centième sélection, qui survient aujourd'hui, pour rejoindre un Panthéon réunissant tous les plus grands hockeyeurs suédois. Forsberg a la médaille frappée du numéro 165 parmi les "Stor Grabb". Le numéro 164, c'est le gardien Stefan Liv qui l'a gagnée avant-hier.

Forsberg doit jouer sur un trio réorganisé par l'absence de Per-Johan Axelsson. "Pebben" est en effet reparti au pays parce qu'il va bientôt être papa. Le centre Patrik Zackrisson est passé à l'aile pour faire place à Niklas Persson, qui fait une bonne entrée et ouvre des espaces. Mais en fin de premier tiers, Zackrisson devra rentrer aux vestiaires, blessé, et c'est Niklas Nordgren qui prendra place sur cette ligne décidément instable...

L'équipe de Russie se montre très joueuse dès les premiers instants. Elle n'est pas exempte de déchet, comme ce palet perdu en zone neutre par Schastlivy qui met son équipe en danger, mais elle réussit surtout de bonnes séquences collectives. Une bonne passe en retrait de Radulov sert ainsi Zinoviev en troisième homme qui part sur la gauche de la cage et glisse le palet derrière le gardien (0-1). La Suède égalise deux minutes plus tard. Le lancer de la bleue de Johan Åkerman bat Gelashvili qui paraissait pourtant avoir vu le départ du lancer (1-1).

RadulovAleksandrPas grave, car le point fort russe, cela reste l'attaque. Danis Zaripov essaie de revenir de derrière la cage : Johan Harju est sur son dos, lui fait mettre un genou à terre, presque le second, et pourtant, dos au but et en déséquilibre, l'attaquant de Kazan parvient à marquer du revers (1-2). La Russie est impressionnante par moments, notamment sur une combinaison éblouissante de la ligne de Zinoviev : passe millimétrée du centre d'Ufa qui franchit toute la zone neutre puis passe-abandon en zone offensive de Saprykin pour Radulov. N'en jetez plus...

Le premier tiers-temps a eu la particularité de ne pas compter la moindre pénalité. À la reprise, en revanche, Oscar Hedman commet une obstruction sur Tereshchenko pour gêner une contre-attaque. La Russie n'en profite pas. La Suède se révèle beaucoup plus dangereuse en avantage numérique. Peter Forsberg n'avait pas encore joué dans cet exercice, il obtient maintenant un temps de jeu très conséquent en passant deux minutes entières sur la glace. Il sert dans le slot Niklas Nordgren pour un tir rapide. De plus en plus dans son match, Gelashvili est à la parade.

À cinq contre cinq, les moments forts de cette deuxième période ont consisté en trois bonnes actions individuelles d'un Aleksei Morozov dominant, qui ont toutes obligé Tellqvist à des arrêts difficiles (un des tirs a même heurté son masque). Forsberg a aussi servi un caviar de plus à son nouveau partenaire Nordgren, mais celui-ci a oublié le palet devant la cage.

Un surnombre suédois a été sifflé à trente secondes de la fin, et la Russie commence donc le troisième tiers-temps en jeu de puissance. Sa première unité tourne beaucoup autour de Morozov, qui temporise sur son côté droit et fait circuler le palet pour mieux le voir revenir avec une position de lancer. La seconde unité russe de powerplay se fait sortir de la zone, mais elle y revient alors que la pénalité s'est terminée. Zinoviev inscrit alors un doublé sur une passe de derrière la cage de Saprykin (1-3). Une négligence de Davidsson permet ensuite à Zaripov de partie en contre, mais il ne trouve que la transversale.

La Suède a rapidement l'occasion de revenir avec 40 secondes de 5 contre 3, une chance qu'elle ne semble pas exploiter à fond. Alors qu'elle ne joue plus qu'à 5 contre 4, elle perd même inexplicablement le palet en zone offensive et laisse Sushinsky et Mozyakin transformer un 2 contre 1 d'école (1-4).

MozyakinSergeiÀ dix minutes de la fin, la Tre Kronor sort de sa léthargie grâce à sa première ligne : Weinhandl effectue un relais parfait à la bleue sur une passe transversale en zone neutre de Thörnberg, et il sert ainsi Johan Davidsson dans l'axe avec un petit avantage sur la défense. Gelashvili s'interpose. Côté russe, la passe transversale de Kuryanov décale Sushinsky dans le cercle droit, mais Tellqvist attrape ce palet dans sa mitaine.

Linus Omark accroche Zinoviev et suit Berglund en prison. Le jeu de puissance russe est bien installé, mais les Suédois parviennnt à couper les dernières passes. En infériorité, Korneev lance un 2 contre 1, mais Morozov manque de conviction pour conclure la passe de Zaripov et tire dans le plastron de Tellqvist bien placé.

Les nombreux drapeaux russes flottent fièrement dans les tribunes de Helsinki après cette victoire sans appel. Dans le camp suédois, Forsberg s'est très bien débrouillé en dépit de la composition fluctuante de sa ligne. Dommage que Nordgrén, pourtant un buteur, n'ait pas su convertir ses passes en or. Plus généralement, personne ne s'est rendu incontournable pour la sélection olympique. Le duo Omark-Harju du Dynamo Moscou, qui avait fait tomber la Russie en septembre, a cette fois fini le match avec une fiche implacable de -3... Le meilleur marqueur actuel de la KHL, Magnus Weinhandl, est sorti un peu du lot, mais sans être transcendant.

C'est tout le contraire chez les Russes où la ligne Sapykin-Zinoviev-Radulov n'a rien à envier au trio Zaripov-Tereshchenko-Morozov. Les quatre ailiers auront certainement (Morozov, Radulov) ou probablement (Saprykin, Zaripov) leur place à Vancouver. Il n'en va pas de même au poste de centre où Datsyuk et Malkin (NHL) ont leur place acquise, et où un certain Sergei Fedorov est toujours un sérieux candidat en réserve (on peut penser qu'il sera mis en situation en décembre pour le dernier tournoi avant les JO, à domicile).

Tereshchenko et Zinoviev se livrent donc ce week-end un duel qui ne dit pas son nom. S'il ne doit en rester qu'un, ce pourrait être Sergei Zinoviev. Passeur génial, il a même été buteur efficace dans ce match, et il a toujours l'avantage de pouvoir éventuellement remplacer son "rival" au milieu de ses ex-partenaires de Kazan.

Désignés joueurs du match : Magnus Johansson pour la Suède et Sergei Zinoviev pour la Russie.

 

Suède - Russie 1-4 (1-2, 0-0, 0-2)
Samedi 7 novembre 2009 à 13h00 à la Hartwall Arena de Helsinki. 6723 spectateurs.
Arbitrage de Sami Partanen et Jyri Petteri Rönn (FIN) assistés de Jouni Saukkonen et Hannu Sormunen (FIN).
Pénalités : Suède 20' (0', 4', 6'+10'), Russie 10' (0', 4', 6').
Tirs : Suède 24 (5, 12, 7), Russie 37 (7, 10, 20).
Engagements : Suède 29, Russie 34.
Évolution du score :
0-1 à 05'04" : Zinoviev assisté de Radulov et Galimov
1-1 à 07'24" : Thörnberg assisté d'Åkerman
1-2 à 11'37" : Zaripov assisté de Morozov et Tereshchenko
1-3 à 41'44" : Zinoviev assisté de Saprykin et Proshkin
1-4 à 44'32" : Mozyakin assisté de Sushinsky (inf. num.)

 

Suède (2' pour surnombre)

Gardien : Mikael Tellqvist.

Défenseurs : Christian Bäckman (-1) - Johan Åkerman (-1) ; Oscar Hedman (2') - Mattias Timander (-1) ; Marcus Ragnarsson (A, -1) [sorti blessé à 40'] - Magnus Johansson (C, -1) ; Daniel Fernholm (-1).

Attaquants : Martin Thörnberg (+1) - Johan Davidsson (A, +1) - Mattias Weinhandl (+1, 2'+10') ; Linus Omark (-3, 2') - Johan Harju (-3) - Daniel Widing (-2) ; Peter Forsberg (-1) - Niklas Persson (-1) - Patrik Zackrisson puis à 20' Niklas Nordgren (-2) ; Marcus Nilson - Christian Berglund (2') - Jimmie Ölvestad.

Remplaçant : Stefan Liv (G). Absent : Per-Johan Axelsson (parti, remplacé par Fernholm), Daniel Tjärnqvist (blessé).

Russie

Gardien : Georgi Gelashvili.

Défenseurs : Konstantin Korneev - Ilya Nikulin (2') ; Vitali Proshkin (A, +2, 2') - Aleksandr Galimov (+1) ; Vitali Vishnevski (+1) - Aleksandr Guskov ; Dmitri Kalinin - Vitali Atyushov (+2).

Attaquants : Danis Zaripov - Aleksei Tereshchenko - Aleksei Morozov (C) ; Oleg Saprykin (+2) - Sergei Zinoviev (+2, 4') - Aleksandr Radulov (+2) ; Sergei Mozyakin (+1) - Anton Kuryanov (2') - Maksim Sushinsky (A, +1) ; Viktor Kozlov - Piotr Schastlivy - Aleksandr Perezhogin.

Remplaçant : Vassili Koshechkin (G).