Dunkerque - Toulouse (Division 2, 5e journée)

2009-11-07-Dunkerque-Toulouse

François accueille Maurice...

Ce samedi 7 novembre est une date cochée depuis la parution du calendrier par tous les proches du club dunkerquois. Non que le HGD reçoive une formation respectable de la division, en plus d'un adversaire direct. C'est évidemment le retour au bercail d'un des fils prodiges de la formation nordiste qui capte toute l'attention. L'après-midi a de plus donné lieu à l'organisation d'une conférence de presse autour de Tristan Alric, venu présenter son dernier ouvrage.

Parti tutoyer les sommets du hockey hexagonal il y a quinze ans, Maurice Rozenthal n'a pas, contrairement à trois de ses adversaires du soir (François, Grégory Dubois et Karl Dewolf), regagné son club formateur et entame sa reconversion à Castres. Mais le public de Michel-Raffoux ne lui en tient aucunement rigueur, comme en témoigne son accueil au coup d'envoi, symboliquement donné par le grand frère Jean-Christophe, aux côtés de qui François et Maurice ont débuté en équipe première.

... mais les sentiments attendront

Une fois passée l'émotion, la troupe de Karl Dewolf se doit de prendre les choses en main après la soirée difficile vécue en Touraine. Dans la semaine, le coach a d'ailleurs insisté sur la nécessité de fournir une prestation constante, et de minimiser les passages à vide.

Entre les deux formations les plus pénalisées de la poule (seul Cherbourg fait "mieux" en Division 2), il fallait en outre s'attendre à une surcharge de travail pour les préposés à la table de marque... le tout en l'absence de Damien Gadiot et de ses 31 minutes de pénalités. À ce petit jeu, les locaux, pourtant à l'oeuvre rapidement comme ils en ont pris l'habitude depuis le début du championnat à domicile, par Rozenthal, du revers, et une combinaison Péan-Destoop, vont subir quatre infériorités numériques au cours du premier tiers.

Joueur le plus remuant de l'attaque midi-pyrénéenne, Maurice Rozenthal profite de la situation pour offrir à son ancien public un enchaînement de feintes, et permettre à Benoît Pourtanel, monté devant l'enclave, de tenter sa chance mais la cage a été déplacée sur l'action. Sur le deuxième caviar du capitaine, substitut de Christophe Ribanelli, Tommy Flinck casse sa crosse... La troisième supériorité ne débouche que sur un tir peu appuyé de Pourtanel, directement sur Bram De Backer. Quant à la quatrième, elle voit notamment Maurice Rozenthal, à la réception d'une passe au niveau des genoux, revenir vers la zone neutre faute de solutions.

Enfin à égalité numérique après un quart d'heure de jeu, Dunkerque peut venir inquiéter Thomas Picavet, sorti de la crosse devant François Rozenthal et efficace du gant devant Folcke. Cependant, la fluidité fait défaut des deux côtés, les passes à contretemps et les relances difficiles se succèdant pour laisser le public sur sa faim. Les montées de Dewolf et Dubois ne permettent pas plus à la situation de se décanter, malgré une ultime minute animée par une accélération de Jérémy Pradel sur la gauche, à laquelle répond François Rozenthal, pour autant de parades de portiers occupés par intermittences.

Au retour des vestiaires, le TBHC connaît des retards à l'allumage, comme Maurice Rozenthal, sorti en retard et contraint de regagner son banc via les travées situés derrière l'un des buts. Ses équipiers subissent pour leur part de nouveaux assauts de Ghislain Folcke et font face à une situation chaude née d'un lancer haut du jeune Maël Gars, difficilement capté par Picavet. L'organisation défensive toulousaine, orchestrée par un solide Benoît Pourtanel, ne peut épargner bien longtemps son dernier rempart. Le premier jeu de puissance des Nordistes fait mouche après dix-neuf secondes, sur un lancer en lucarne de Karl Dewolf, qui redirige l'essai initial de son capitaine (1-0 à 27'02").

Tommy FlinckTommy Flinck, le banni libérateur

Si les trois victoires des Bélougas l'ont été après avoir ouvert la marque, ils prouvent rapidement qu'un retournement de situation est également dans leur cordes. Tommy Flinck reprend ainsi un lancer de Pourtanel pour maintenir la pression sur De Backer et la défense dunkerquoise, poussée à la faute à deux reprises, notamment par Rozenthal. Ce dernier, suite à un nouvel essai infructueux de Pourtanel, décale Terry Prunier (1-1 à 29'17") puis offre le deuxième but à Tommy Flinck sur une contre-attaque rapidement menée (1-2 à 32'24"), peu de temps après un essai infructueux de Zajac sur le poteau gauche.

Assommé en trois minutes, Dunkerque subit une nouvelle pénalité, sur laquelle le trio Flinck-Rozenthal-Lombard développe un rapide jeu en triangle, contrarié in extremis par Grégory Dubois. Le capitaine permet ainsi aux siens de rester au contact à l'abord du dernier acte, entamé une fois n'est pas coutume en attaque spéciale. Il retrouve ainsi une position familière, à la ligne bleue, d'où il contraint Thomas Picavet à repousser la rondelle, avant de bénéficier de l'inexorable secours de la paire Pourtanel-Prunier.

L'ancien Angevin ne tremble toujours pas sur un face-à-face avec François Rozenthal. Et quand Folcke prend de vitesse l'ex-Rouennais, il manque de lucidité dans le dernier geste, comme un peu plus tard Clément Thomas, qui emporte le gardien pour rater le cadre. Ce manque de réalisme tranche avec la réussite toulousaine, à la suite d'une accélération de Pradel bien maîtrisée par De Backer. Le portier gèle certes la rondelle, mais sur l'engagement Terry Prunier l'expédie avec fracas dans le fond des filets, depuis l'entrée de la zone (1-3 à 45'26"), trouvant ainsi la juste récompense de ses nombreuses montées aux avant-postes.

Dès lors, les visiteurs s'attèlent à défendre leur avance avec abnégation. Thomas Picavet met fin aux déhanchements de Rozenthal, repousse encore le tir du poignet de Destoop et le lancer tendu de Zajac. Lorsqu'il abandonne un rebond, il est systématiquement secouru par un partenaire. Maurice Rozenthal s'illustre désormais par son repli, notamment sur son jumeau, qui tente de forcer la décision en se déportant sur la droite, et doit s'avouer vaincu à plusieurs reprises au cours de dernières minutes campées dans la zone toulousaine. Tommy Flinck, auteur du but décisif, n'est pas en reste, histoire de faire oublier ses cinq pénalités mineures.

Symbole de la soirée, Karl Dewolf coupe un dégagement à la ligne bleue et, bien placé, arme son lancer... contré par son homologue Benoît Pourtanel, homme-orchestre de la très bonne organisation haut-garonnaise, sur laquelle les Corsaires ont butté durant toute la soirée.

Les deux victoires en cinq rencontres placent les Corsaires dans le doute, à quelques jours d'un déplacement à Asnières... Avec deux assistances et une clairvoyance dans les deux sens de la patinoire, Maurice Rozenthal sort vainqueur du duel avec son malchanceux jumeau. Revanche le 23 janvier.

 

Commentaires d'après-match

Benoît Pourtanel (défenseur de Toulouse) : "Nous savions qu'il fallait être discipliné défensivement et, avec un gardien comme nous l'avions ce soir, les chances de repartir avec les deux points étaient fortes. Au début, l'équipe n'a pas su profiter des supériorités numériques mais nous avons tenu dans les deux sens de la patinoire. L'objectif du club est de former les jeunes en les encadrant de joueurs d'expérience comme Tommy Flinck et Maurice Rozenthal, qui savent passer la ligne rouge et jouer simple à des moments clés. Ce soir nous a permis de prouver que le match de Lyon était un écart et de rebondir. Il ne faut pas s’enflammer, même si l’équipe est sur le podium, l’objectif reste de faire mieux que les saisons précédentes en donnant du temps de glace aux jeunes."

 

Dunkerque - Toulouse 1-3 (0-0, 1-2, 0-1).
Samedi 7 novembre 2009 à 18h45 à la patinoire Michel Raffoux. 1 118 spectateurs.
Arbitrage de Christian Maltaverne et Guillaume Gardiol.
Pénalités : Dunkerque 20' (10', 6', 4'), Toulouse 12' (2', 4', 6').
Évolution du score :
1-0 à 27'02" : Dewolf assisté de Cousein et N'Guyen, sup. num.
1-1 à 29'17" : Prunier assisté de Rozenthal, double sup. num.
1-2 à 32'24" : Flinck assisté de Rozenthal
1-3 à 45'26" : Prunier

 

Dunkerque
Gardien : Bram De Backer [sorti à 59'30"].
Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Karl Dewolf ; Benjamin Louf - Clément Derepper ; Maël Gars.
Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N’Guyen (A) - François Rozenthal (A) ; Ghislain Folcke - Loïc Destoop - Arnaud Péan ; Barthélémy Cousein - Camille Argiolas - Aurélien Zajac.
Remplaçants : Arthur Legrand (G), Benjamin Denis, Olivier Batardière, Christophe Eichenholc, Sébastien Maison.

Toulouse
Gardien : Thomas Picavet.
Défenseurs : Terry Prunier (A) - Cyril Charenton ; Benoît Pourtanel - Harold Ten Braak.
Attaquants : Alexis Codevelle (A) - Lionel Barin - Jérémy Pradel ; Maurice Rozenthal (C) - Tommy Flinck - Antoine Lombard ; Anthony Wagret - Guillaume Solves - Rémi Doroginsky.
Remplaçant : Pierre Mauffrey (G). Absents : Damien Gadiot (suspendu), Christophe Ribanelli (accident de bicyclette).