République Tchèque - Russie

Match comptant pour le tournoi Karjala, deuxième manche de l'Euro Hockey Tour.

RolinekTomasLa Russie a pris la tête de l'Euro Hockey Tour hier, et si la République Tchèque ne la détrône pas aujourd'hui, il est probable que personne n'arrivera à lui reprendre les commandes jusqu'à la fin de la saison.

Cette équipe tchèque était pourtant quasiment identique (19 joueurs sur 23) à celle qui avait gagné trois fois lors du premier tournoi de l'Euro Hockey Tour, mais ici, elle a déjà perdu deux fois. Elle espérait peut-être étoffer encore son effectif, mais ses deux meilleurs joueurs en KHL (Jagr et Marek) sont actuellement blessés.

Quant à Zbynek Irgl, il s'est dit "fatigué" au téléphone, ce qui n'a pas du tout plu au sélectionneur tchèque Vladimir Ruzicka qui pense qu'il a été influence par son club du Lokomotiv Yaroslavl : "Je n'aime pas quand, dans une année olympique, il y a de la pression sur nos joueurs. Bien sûr, tout le monde n'est pas sensible à la pression. Tomas Rolinek, par exemple, répond toujours du premier coup à l'appel de la sélection. Seuls les joueurs avec cette attitude peuvent compter sur un voyage au Canada."

Les bons points pour les JO de Vancouver, outre le capitaine Rolinek, c'est le duo Cervenka-Bednar qui en a obtenu. Il a été nettement plus à son avantage que le duo Bulis-Hudler, d'ailleurs séparé pour ce dernier match. Jiri Hudler, qui avait les plus grandes chances a priori, est loin de son niveau de septembre.

Dans le camp russe, on y voit plus clair. Beaucoup plus clair, même. La composition de la Russie aux JO commence à se dessiner. De quoi se livrer au petit jeu des pronostics en fin d'article pour deviner qui Bykov emmènera à Vancouver...

À la faveur de la réorganisation des lignes tchèques, Pavel Brendl réapparaît. Il avait été laissé sur le banc en fin de match jeudi, puis envoyé en tribune samedi. Ce buteur vétéran, capable toute sa carrière du meilleur comme du pire, feint que cette "punition" ne lui fait ni chaud ni froid, néanmoins il réussit son meilleur match international et participe au départ canon des Tchèques sur leur quatrième ligne. Alors que Vishnevski l'a fait trébucher, Brendl réussit en tombant à faire la passe à l'opposé pour Jan Bulis (1-0, 05'34"). Jiri Hudler, malchanceux, trouve le poteau, et son ex-partenaire Bulis, de sa zone défensive, trouve Brendl oublié à la bleue, qui contourne le gardien et marque en angle fermé (2-0, 08'03").

ProshkinVitaliLa Russie, déjà menée de trois buts contre la Finlande, doit donc se lancer dans une nouvelle course-poursuite. Le gardien tchèque Marek Schwarz se fait une grosse frayeur quand un tir de la bleue de Dmitri Kalinin passe entre ses jambières avant de frôler le poteau. À la quinzième minute, une charge de la bande de Melichar sur Zinoviev provoque une petite mêlée dans laquelle Radulov n'est évidemment pas le dernier à se jeter, aux prises avce un de ses "amis" tchèques de Magnitogorsk (Rolinek). Comme Bulis était déjà en prison, les Tchèques se retouvent à trois contre cinq pendant cinquante secondes, mais Schwarz tient bon.

 Le gardien de Mladá Boleslav est encore à l'honneur face à Tereshchenko ou Zinoviev en début de deuxième période. Mais le jeu collectif russe a le dernier mot : la passe aveugle de Vitali Proshkin décale Maksim Sushinsky qui sert Oleg Saprykin dans le slot (2-1, 25'45"). Après ce but, la muraille Schwarz s'effrite. Il réagit trop tard au tir du poignet du sniper Mozyakin, touchant le palet sans l'arrêter (2-2, 33'59").

Les Tchèques ont un défaut, ils prennent trop de pénalités. Celle d'Ondrej Nemec - un "faire trébucher" - est de trop. Konstantin Korneev vient créer la confusion devant la cage et Danis Zaripov en profite pour marquer en angle fermé (2-3, 47'02"). Encore une fois, la Russie a renversé la situation.

Les hommes de Ruzicka n'ont cependant pas l'intention de se laisser faire. Frantisek Lukes s'infiltre entre les défenseurs et échoue sur Koshechkin, mais M. Laaksonen signale un tir de pénalité car Korneev lui a retenu le maillot (54'50"). Jiri Hudler s'élance pour le penalty face au géant de Togliatti et... lui tire dans le masque. Décidément, le centre du Dynamo Moscou n'est pas en réussite ce week-end. Pas grave, car le duo magique l'est toujours à la faveur d'une pénalité de Proshkin : le passeur Roman Cervenka arrive à trouver au milieu des défenseurs dans l'enclave le buteur Jaroslav Bednar, qui décoche sa flèche sous la botte droite de Koshechkin (3-3, 55'37").

Aleksei Morozov avait marqué le tir au but décisif contre la Finlande, aujourd'hui c'est en prolongation qu'il est décisif, avec un lancer balayé du cercle droit (3-4, 62'17"). Un but aidé par un surnombre tchèque survenu au plus mauvais moment lors de la prolongation : c'est Nemec, déjà pénalisé deux fois au troisième tiers, qui est monté trop tôt sur la glace en remplaçant Rachunek.

Depuis quatre ans que Bykov est sélectionneur, la Russie a toujours remporté le tournoi Karjala. Ce but en prolongation lui assure un succès de plus.

Désignés joueurs du match : Jan Bulis pour la République Tchèque et Danis Zaripov pour la Russie.

KorneevKonstantinPronostic de l'équipe russe aux Jeux Olympiques

Bon, alors, et les choses sérieuses ? Cette composition ? Finalement, ce match n'a pas changé les tendances précédentes. L'ex-joueur de NHL Viktor Kozlov était clairement motivé pour gagner sa place olympique, mais malheureusement pour lui, il n'était pas efficace. Compte tenu que Zinoviev a été assez enthousiasmant pour gagner sa place, que Zaripov a retrouvé la forme après avoir dit lui-même que son jeu des dernières semaines ne méritait pas une sélection olympique, et que Radulov a été décevant mais pas au point de perdre tout son crédit, voici donc mon pari quand à l'équipe russe aux JO, avec des lignes possibles...

Gardiens : Nabokov, Bryzgalov, Varlamov.

Défenseurs : Volchenkov-Gonchar ; Markov-Nikulin ; Grebeshkov-Kalinin ; Tyutin.

Attaquants : Kovalchuk-Malkin-Frolov ; Ovechkin-Datysuk-Semin ; Zaripov-Zinoviev-Morozov ; Saprykin-Fedorov-Radulov.

Il reste un huitième défenseur (Proshkin ? Korneev ? Atyushov ?) ou éventuellement un treizième attaquant (Tereshchenko ? Kozlov ? Afinogenov ? Kovalev ??), et les candidats auront l'occasion de se mettre en valeur d'ici là. C'est valable aussi pour Fedorov qui n'a pas encore gagné sa place. Et puis bien sûr, nombre de joueurs-clés et non des moindres (Markov, Volchenkov, Gonchar, Ovechkin, Malkin et Kovalchuk) sont actuellement blessés. Même si tous devraient être rétablis à temps, avec des réserves sur Andrei Markov pour qui le temps est compté, cela rappelle la fragilité des prédictions. Que la deadline plaise ou non à Bykov, rendez-vous le jour de Noël pour la confirmation ou le démenti...

 

Commentaires d'après-match

Vladimir Ruzicka (entraîneur de la République Tchèque) : "Je pense que notre entame était excellente. Nous avons mené 2-0 et ça aurait pu faire 3-0. En deuxième période, nous avons un peu reculé et arrêté de patiner. Les Russes ont mis la pression et sont revenus. Au tournoi de Karlovy Vary. Nous avons pris 8 points. Ici, nous en avons pris 1. Cela aurait tout aussi bien pu être 2 ou 3 là-bas et 4 ici. C'est juste une question de réussite. [...] Roman Cervenka confirme à chaque tournoi qu'il est le meilleur joueur d'Extraliga et certainement un des meilleurs en sélection. C'est un des plus jeunes et il tire l'équipe."

Vyacheslav Bykov (entraîneur de la Russie) : "Ce tournoi se tenait sur une glace réduite [NB : patinoire "finlandaise" de 58x28], similaire en largeur aux glaces nord-américaines. Par conséquence, presque toutes les équipes sont arrivées à Helsinki avec leur meilleure composition, pour un essai préliminaire à Vancouver. Et pour nous, ce fut un succès. [...] Koshechkin a su se montrer, on a retrouvé le gardien dont on se souvenait il y a deux-trois saisons. Il y a eu des problèmes dans les lignes défensives, aussi bien dans la défense placée que durant les contre-attaques. Nous avons plusieurs options pour le trio de Kazan [NB : Tereshchenko ou Zinoviev au centre]. La vie dira laquelle nous choisirons... La deuxième ligne a été largement tirée par le travail de Zinoviev. Je ne peux pas reprocher à Saprykin un manque d'activité, mais Sacha Radulov peut et doit jouer de façon plus intéressante. Viktor Kozlov doit s'habituer aux grandes glaces et chercher son jeu. Les tirs de Mozyakin ont eu un impact, mais il peut jouer mieux, de façon plus stable. [...] L'IIHF nous demande de donner notre sélection olympique de 23 noms pour le 25 décembre. C'est probablement nécessaire pour des questions de marketing et d'assurance. Mais pous nous entraîneurs, ce n'est pas très satisfaisant. Peut-être que dans certaines équipes la concurrence n'est pas élevée, mais ce n'est pas le cas en Russie. L'idéal aurait été de nommer une liste finale de 30 joueurs et de faire le choix définitif plus près des Jeux olympiques."

 

République Tchèque - Russie 3-4 après prolongation (2-0, 0-2, 1-1, 0-1)
Dimanche 8 novembre 2009 à 13h00 à Hartwall Arena de Helsinki. 4201 spectateurs.
Arbitrage de Tom Laaksonen et Jari Levonen (FIN) assistés d'Antti Orelma et Sakari Suominen (FIN).
Pénalités : République Tchèque 32' (12'+10', 4', 4', 2'), Russie 22' (4'+10', 2', 6', 0').
Tirs : République Tchèque 34 (11, 10, 12, 1), Russie 32 (9, 13, 7, 3).
Évolution du score :
1-0 à 05'34" : Bulis assisté de Brendl
2-0 à 08'03" : Brendl assisté de Bulis
2-1 à 25'45" : Saprykin assisté de Sushinsky et Proshkin
2-2 à 33'59" : Mozyakin assisté de Kalinin
2-3 à 47'02" : Zaripov assisté de Nikulin et Morozov (sup. num.)
3-3 à 55'37" : Bednar assisté de Cervenka et Rachunek (sup. num.)
3-4 à 62'17" : Morozov assisté de Nikulin

 

République Tchèque (2' pour surnombre)

Gardien : Marek Schwarz.

Défenseurs : Josef Melichar (2'+10') - Karel Rachunek (A, -1) ; Miroslav Blatak (+1) - Ondrej Nemec (+1, 4') ; Angel Krstev (2') - Zdenek Kutlak (-1) ; Tomas Mojzis.

Attaquants : Tomas Rolinek (C, -2, 4') - Jiri Hudler (-2) - Tomas Kurka (-2) ; Jiri Hubacek - Roman Cervenka (2') - Jaroslav Bednar (A) ; Frantisek Lukes - Josef Vasicek (4') - Petr Kumstat ; Jan Bulis (+2, 2') - Jiri Novotny (+2) - Pavel Brendl (+2) ; Marek Kvapil.

Remplaçant : Lukas Mensator (G). Absent : Jakub Cutta (blessé).

Russie

Gardien : Vassili Koshechkin.

Défenseurs : Konstantin Korneev - Ilya Nikulin ; Vitali Proshkin (A, 2') - Stanislav Galimov ; Viatli Vishnevski - Aleksandr Guskov (2') ; Dmitri Kalinin - Vitali Atyushov (2').

Attaquants : Danis Zaripov - Aleksei Tereshchenko - Aleksei Morozov (C, 2') ; Oleg Saprykin - Sergei Zinoviev - Aleksandr Radulov (4'+10') ; Sergei Mozyakin - Anton Kuryanov - Maksim Sushinsky (A) ; Viktor Kozlov - Piotr Schastlivy - Aleksandr Perezhogin.

Remplaçant : Georgi Gelashvili (G).