France - Polésie (Coupe de Polésie)

Ce rendez-vous de novembre devrait être l'occasion pour l'équipe de France de se tester au complet. Cependant, les cadres qui évoluent en Elitserien suédoise (Amar, Meunier, Bellemare) et en Extraliga tchèque (Yorick Treille) ont tous de petites blessures qui les gênent depuis quelque temps. Dave Henderson a donc préféré qu'ils profitent de la pause internationale pour bénéficier d'un repos régénérateur, et il a convoqué à leur place les jeunes qui avaient laissé une bonne impression cet été.

Avec les remplaçants, l'équipe de France prend ainsi une coloration dijonnaise totalement inédite : il y a cinq joueurs de Daniel Maric, soit autant que de Morzinois la saison passée. Le contexte est cependant inverse. le HCMA était allé chercher des internationaux confirmés, alors que, là, c'est l'équipe de France qui va chercher les Dijonnais. À l'exception de Mille qui revient justement du club haut-savoyard, les autres sont des jeunes qui bénéficient à plein du début de saison dijonnais, à l'instar de Florian Hardy, titularisé pour ce premier match face à la Polésie.

Je suis sûr qu'une question vous taraude : au fait, c'est quoi, la Polésie ?

La Polésie, géographiquement, c'est une région plate et relativement marécageuse située au sud du Bélarus et au nord de l'Ukraine, tout le long de la frontière entre ces deux pays qui va jusqu'à la Pologne à l'ouest et la Russie à l'est. Une région qui a subi les principales retombées de la catastrophe de Tchernobyl. Vu qu'elle n'a jamais été constitué une entité administrative en tant que telle, ses limites sont plutôt floues. Selon certaines définitions strictes, les villes de Bobruisk et Zhlobin où se déroulent le tournoi ne sont pas en Polésie. Un habitant local est appelé "Polishchuk" en ukrainien, et les connaisseurs du hockey international auront remarqué que c'est le nom d'un international du Kazakhstan - Fedor Polishchuk - qui est natif d'Ukraine.

Julien DesrosiersOui mais bon, en hockey, la Polésie, ça signifie quoi ? Il s'agit d'une sélection de joueurs des clubs du sud du Bélarus (Gomel, Zhlobin, un peu Bobruisk), y compris donc des étrangers comme les défenseurs lettons Agris Saviels et Sergejs Durdins, équipe à laquelle on a ajouté quelques jeunes non retenus dans la vraie sélection nationale. Elle sert donc en partie de réserve, et un des joueurs qui devaient faire partie de l'équipe, Pavel Razvadovski, a d'ailleurs été emprunté au dernier moment par les "A" pour remplacer Kovyrshin, fiévreux et renvoyé chez lui à l'isolement (la moindre température est un sujet sensible ici : un sondage téléphonique mené en direct par le talk-show "Vybor" a révélé que 93% des gens ne croyaient pas à l'information officielle selon lequel le Bélarus est le seul pays de la région où personne n'est mort de la grippe H1N1)

L'équipe de France aborde la rencontre en étant totalement débarrassée du stress du voyage. Elle est en effet arrivée sur place dès lundi, avec trois jours d'avance, pour se préparer dans la tranquillité.

La tranquillité, ce n'est pourtant pas ce qui caractérise le premier tiers-temps. Anthoine Lussier est pénalisé dès la première minute et lance le bal des prisons. La Polésie, deux fois pour un total de 2'23", et la France, une fois pendant deux minutes pleines, se retrouvent chacune leur tour à cinq contre trois, mais elles n'en profitent pas. Les phases de jeu au complet ne voient pas les deux formations s'approcher beaucoup de la cage.

Lorsqu'ils ressortent les vestiaires, les Français montrent un tout autre jeu. Quand une double supériorité numérique se présente, la première ligne Da Costa - Hecquefeuille - Desrosiers ne laisse pas passer l'occasion. Julien Desrosiers, qui ne figurait pas dans la sélection initiale mais a été convoqué après le forfait des cadres et de ses coéquipiers rouennais Romand et Tardif, ajoute deux autres buts. La France se prépare à atteindre la pause avec une avance de 3-0... lorsqu'elle encaisse deux buts dans la dernière minute, tous deux similaires sur de rapides contre-attaques à 2 contre 1.

La Polésie y trouve une motivation et essaie d'accélérer le jeu au troisième tiers-temps. Florian Hardy résiste cependant à toutes les attaques. Sergei Kukushkin en particulier manque deux belles occasions d'égaliser. Plus on approche de la fin, et plus l'équipe de France se montre stricte et disciplinée défensivement. Son bon travail lui permet même d'empêcher l'adversaire de sortir le gardien et de passer une fin de match bien mieux maîtrisée que la fin du deuxième tiers.

Désignés joueurs du match : Julien Desrosiers pour la France et Gennadi Savilov pour la Polésie.

 

France - Polésie 3-2 (0-0, 3-2, 0-0)
Jeudi 5 novembre 2009 à 18h30 au palais de glace Metallurg de Zhlobin. 1200 spectateurs.
Arbitrage de Vladimir Nalivaiko et Vladimir Proskurov (BLR) assistés de Vassili Koleda et Aleksandr Gavrilenko (BLR).
Pénalités : France 22' (10', 4', 8'), Polésie 18' (8', 8', 2').
Tirs : France 30 (9, 16, 5), Polésie 35 (12, 6, 17).
Évolution du score :
1-0 à 26'24" : Hecquefeuille assisté d'Auvitu et Desrosiers (double sup. num.)
2-0 à 31'03" : Desrosiers assisté de Quessandier et Da Costa (sup. num.)
3-0 à 38'24" : Desrosiers assisté de Hecquefeuille et Da Costa
3-1 à 39'07" : Savilov assisté de Musienko
3-2 à 39'33" : Khomko assisté de Durnov et Osipov

 

France

Gardien : Florian Hardy.

Défenseurs : Benoît Quessandier (-1, 2') - Nicolas Besch (-1) ; Antonin Manavian (+1) - Kévin Igier (+1, 2') ; Yohann Auvitu (-1) - Teddy Trabichet (-1) ; Matthieu Mille.

Attaquants : Teddy Da Costa (2') - Kévin Hecquefeuille - Julien Desrosiers (4') ; Damien Fleury (-1) - Laurent Gras (-1) - Anthoine Lussier (-1, 2') ; Loïc Lampérier (2') - Damien Raux - Sacha Treille ; Erwan Pain (4') - Anthony Guttig (2') - Brian Henderson ; Thomas Decock.

Remplaçant : Eddy Ferhi (G).

Polésie

Gardien : Igor Brikun.

Défenseurs : Agris Saviels (-1) - Aleksandr Valentin (4') ; Yaroslav Maslennikov - Andrei Filichkin ; Vadim Novitski (+2, 2') - Konstantin Durnov (+2) ; Ilya Shinkevich - Sergejs Durdins (-1).

Attaquants : Yuri Eliseenko (-1) - Aleksei Krutikov (-1, 4') - Pavel Volchek (-1, 2') ; Pavel Musienko (+1) - Sergei Kukushkin (+1) - Gennadi Savilov (+1) ; Sergei Khomko (+1, 2') - Nikita Osipov (+1, 2') - Igor Kovalenia (+1) ; Aleksei Lozhkin - Dmitri Kalachev - Roman Blokh (2').

Remplaçant : Arunas Aleinikovas (G).