Val Vanoise - Lyon (Division 2, 6e journée)

Le lion évite la corne du bouquetin

Deux équipes aux objectifs différents et pourtant proches au classement, seulement séparées d’un point.

Vanoise, au départ difficile, mais qui nous a montré que l’équipe commençait à se trouver; ceci dit, il fallait qu’elle puisse se jauger face à un cador du championnat; il faut noter que certaines pièces importantes du jeu de Vanoise manquait à l’appel samedi soir : Jérome Roumeau (poignet), Mick Martinol (épaule), Antony Baetz (coude), Éric Dupieux (clavicule), Pierre Rossat-Mignod (genoux…). La perspective de se replacer et de prendre la quatrième place du groupe en cas de victoire laissait augurer d’un gros match de la part des Montagnards.

Lyon, au parcours chaotique (2 victoires à l’extérieur, aucune à domicile sur 3 confrontations) et aux ambitions pourtant résolument axées sur une montée en division supérieure, venait le couteau entre les dents dans un but très clair : « manger » du bouquetin pour son festin du samedi soir…Peut être un peu de suffisance… la suite nous le démontrera.

C’est la Patinoire du Forum de Courchevel qui accueille les deux équipes ; l’affluence monte en puissance (double par rapport au dernier match) avec 250 personnes (mais nous le répétons ici, un effort de communication vers la vallée pourrait certainement permettre d’augmenter l’importance du public pendant l’avant-saison hivernale)

1er tiers : Quelle vitesse !

Des deux côtés les cerbères seront ce soir suédois : Rickard Olsson pour Vanoise, Daniel Svedin pour Lyon.

Presque comme prévu, c’est Lyon qui gagne le premier engagement et qui essaie de s’installer dans la zone de défense alpine... mais un lutin sort de sa boîte, subtilise le palet, et part pour une chevauchée dont lui seul a le secret, pour servir de manière idéale son compère Svante Broström après avoir mystifié toute la défense lyonnaise. Pardon ? Son nom ? Ben... Mathieu Cyr bien sûr... voilà Lyon est prévenu, il découvre « la perle ».

Pendant tout ce début de tiers, à l’étonnement de certains, à la joie de tous les autres, c’est Vanoise qui fait le jeu en monopolisant le palet : fait d’un jeu rapide, de passes millimétrées, le niveau de l’équipe est monté d’un cran. Un retard de jeu lyonnais donne à Vanoise l’opportunité de se mettre en évidence, mais rien ne se passe, si ce n’est une première faute locale infligée à Boris Gellé pour accrocher. Occasion donnée à Lyon de montrer l’efficacité de son power-play... Bof, des imprécisions dans les passes, un jeu de puissance qui tarde à se mettre en place, alors les Rhodaniens en sont réduits à tirer de la bleue (petit signe d’impuissance), mais là Rickard Olsson reste impérial et Vanoise tue cette période d’infériorité.

Juste après la mi-tiers, Vanoise retient son souffle, Rickard Olsson vient d’être sauvé par son poteau gauche... Première alerte... Mais le gardien savoyard ouvrira grand la porte pour l'égalisation de Xavier Simoni : il faut dire qu’il avait déserté sa cage pour aller récupérer un palet qui traînait contre la bande... Robert Olsson au contact, n’a aucune peine à récupérer le puck et à servir son compère idéalement placé pour marquer ; dommage pour Vanoise qui tenait pourtant le match jusque là (1-1, 11'36"). Les équipes vont se neutraliser jusqu’à la fin du tiers, Ugo Martin enrayant un break de Lyon, en faisant déjouer l’attaquant. Une pénalité côté Savoyard, deux du côté de la Capitale des Gaules ne donneront rien et les deux équipes rentrent aux vestiaires dos à dos.

2e tiers : dominer n’est pas gagner

Dès le début du jeu, on sent les joueurs du Rhône avec un tout autre état d’esprit (résultant d’une mise au point durant le temps de repos), et le jeu proposé est alors beaucoup plus à l’image d’un prétendant à la montée... et ce qui devait arriver arriva. Xavier Simoni (encore lui) profite d’un superbe service de Robert Olsson pour marquer (1-2, 21'18"). Lyon domine mais ne parvient pas à corser l’addition : même en supériorité numérique par deux fois, les Savoyards réussiront à s’en sortir. Une nouvelle frayeur pour le public alpin à 27'28", quand un but est marqué par Lyon après un gros cafouillage devantla cage... Seulement au hockey il faut suivre les règles, et la très belle reprise de volée du patin a été logiquement annulée par le duo arbitral.

La pression des hommes de Pascal Margerit est de tous les instants, mais comme on peut régulièrement le noter des périodes de domination intense se soldent souvent par un retour de bâton ; Svante Broström se fait faucher par le dernier défenseur, la sanction tombe : tir de pénalité. Pour la deuxième confrontation entre Suédois, il s’élance et vient battre Svedin de manière imparable d’un tir tendu dans la partie supérieure gauche du filet (2-2, 28'27"). Les Lyonnais semblent décontenancés : comment un promu peut-il développer un tel jeu, et surtout contenir une machine de guerre aux intentions bien affichées ?

Mais cela n’est pas fini, et malgré deux autres pénalités infligées à Vanoise (Lundberg à 30'17" et Kraucuk à 31'53"... et oui encore une double infériorité gâchée) restées sans conséquence, ce sont au contraire les hommes de Pierre Rossat Mignod qui vont prendre l’avantage au score en profitant d’une supériorité numérique, suite à une faute de Joseph Cappellano (charge avec la crosse). Sur une combinaison Broström-Martin, c’est le joker slovaque Michal Kraucuk (et non Ugo Martin comme l'indiquera la feuille de match) qui marque sur déviation son premier but pour son premier match dans le championnat Français (3-2, 36'23").

Les Bouquetins finissent fort le tiers, mais deux pénalités sifflées à l’encontre de Vanoise (Ugo Martin à 39:45 obstruction et Michal Kraucuk à 39:55 cinglage), risquent de changer quelque peu la face du match 

3e Tiers

Le début de ce tiers va donc se faire à 5 contre 3. Les trois Buquetins, emmenés par Mathieu Cyr et arc-boutés en défense, vont protéger leur «citadelle» et interdire à tout assaillant l’opportunité d’aggraver le score ; une défense héroïque des Montagnards et un power play pitoyable de la part des Lyonnais, permet à Vanoise de préserver la marque... À 42'20", Rickard Olsson fait un arrêt déterminant sur un attaquant lyonnais parti en break...  Oui, mais la fatigue commence à se faire sentir, et un long arrêt de jeu demandé par la table de marque commence à semer le trouble (en fait le responsable lyonnais avait tout simplement oublié de noter l’un de ses joueurs sur la feuille de match ; petit souci réglé grâce à la perspicacité de Marie Maraux et Adeline Combaz, les charmantes préposées à la table de marque)

En effet la physionomie de la partie va changer du tout au tout et Vouligny achève un beau mouvement initié par Robert Olsson et François-Henri Désérable (3-3, 42'29"). La fatigue se fait sentir du côté de Vanoise, le repli défensif n’est plus aussi rigoureux, et en l’espace d’un peu plus de deux minutes, les Lyonnais vont enrichir leur capital de trois nouvelles unités en contre : Désérable, les frères Olsson puis Frioux construisent cette série magistrale de Lyon (3-6, 50'55"). C’en est fini des espoirs des Savoyards, et pour donner du temps de jeu à son deuxième gardien Pierre Rossat Mignod fait rentrer Jérémy Prévost en lieu et place d’Olsson.

Alors que Vouligny va prendre 2'+10' (charge contre la bande et méconduite pour contestation), les Alpins ont un sursaut d’orgueil et marquent par Mathieu Cy (4-7, 56'19"). Dans le public on se plaît à croire... En un peu plus de trois minutes... Mais non, décidément la fatigue est manifeste du côté des Tarins et c’est Lyon au contraire qui clôture le score et marque un ultime but par Mathieu Combe (4-7, 58'15").

Comme on peut le remarquer, le score est flatteur pour Lyon, et les Rhodaniens sont passés tout prés d’une situation catastrophique ; ils empochent les points de la victoire mais il semble qu’ils aient beaucoup de travail à fournir pour espérer atteindre leur objectif de remontée en D1 (entre autres choses améliorer leur power-play qui de l’avis de pas mal d’observateurs est à un niveau plus que faible pour une équipe avec de telles ambitions). Sur leur prestation de ce soir, je n’en ferai pas un favori pour la montée. Daniel Svedin, homme du match (un nombre impressionnant d’arrêts). 

Malgré la défaite (plutôt sévère), Vanoise semble, en revanche, assez au point pour réaliser ses objectifs de la saison (maintien et play off)... et peut*être un peu plus, si l’effectif revient au complet. Il aura manqué 15 minutes à cette jeune équipe pour créer l’exploit. Sont à féliciter Mathieu Cyr (que l’on a trouvé un peu fatigué), Michal Kraucuk pour son premier but, et deux jeunes qui ont su tirer leur épingle du jeu, Tanguy Chardon et Ugo Martin. 

 

Commentaires d'après-match (sur le site officiel de Lyon)

Damien Croux (défenseur de Lyon) : "C'était un match que l'on a très mal entamé : on n'a pas su faire la différence sur nos supériorités numériques, ce qui aurait pu nous décourager. Cependant, nous avons réussi à réagir en troisième période et faire la différence quand il le fallait. Le fait de se sentir à domicile (grâce aux supporters venus en nombre) nous a sans doute aidés à ramener deux points au terme d'un match délicat à jouer."

Xavier Simoni (défenseur de Lyon) : "Nous avons eu de grandes difficultés à rentrer dans le match, peut-être à cause de l'altitude (le Forum de Courchevel se trouve à 1850 mètres). Nous avons subi les assauts incessants de leur première ligne menée par leur numéro 13 (Mathieu Cyr), sans toutefois flancher. Et puis, après s'être fait remonter le porte-jarretelle par Daniel et Pascal à la fin du deuxième tiers, nous avons su réagir et rugir à cinq reprises !"

Matthieu Combe (attaquant de Lyon) : "Bon, je ne vais pas faire la même analyse que tout le monde, car je pense à peu près la même chose ! Alors je voudrais simplement remercier notre kiné Laurent Vicard, avec qui j'ai bien travaillé suite à ma blessure à l'épaule, et à qui je dédicace mon but !"

 

Vanoise - Lyon 4-7 (1-1, 2-1, 1-5)

Samedi 14 novembre 2009 à 18h30 à la patinoire olympique de Courchevel. 250 spectateurs.

Arbitrage de Philippe Emerit et Jérôme Moulin.

Pénalités : Vanoise 26' (4', 12', 10'), Lyon 26' (6', 4', 6'+10').

Évolution du score :

1-0 à 00'42" : Broström assisté de Cyr

1-1 à 11'36" : Frioux

1-2 à 21'18" : Simoni assisté de R. Olsson

2-2 à 28'27" : Broström (tir de pénalité)

3-2 à 36'23" : U. Martin assisté de Broström et Cyr (sup. num.)

3-3 à 45'29" : Vouligny assisté de Wikström et Désérable

3-4 à 47'54" : Wikström assisté de Magallon

3-5 à 48'34" : A. Olsson assisté de R. Olsson

3-6 à 50'55" : Frioux assisté de A. Olsson et R. Olsson

4-6 à 56'19" : Cyr assisté de Pastore et Lundberg (sup. num.)

4-7 à 58'15" : Combe assisté de Kodyjasz et Désérable

 

Vanoise

Gardien : Rickard Olsson puis Jérémy Prévost à 55'28".

Défenseurs : Emil Björnberg - Niclas Lundberg ; Pierre Sorin - Ugo Martin ; 

Attaquants : Svante Broström - Mathieu Cyr (A) - Boris Gellé ; Tanguy Chardon (C) - Jonathan Pastore (A) - Michal Kraucuk ou Jérémy Gacon ; Damien Magand.

Remplaçant : Anthony Boulanger. Absents : Éric Dupieux (blessé), Jérome Roumeau (poignet), Mick Martinol (épaule), Antony Baetz (coude), Éric Dupieux (clavicule), Pierre Rossat-Mignod (genou), Dylan Mounier.

Lyon

Gardien : Daniel Svedin.

Défenseurs : Joseph Cappellano - Charles Vouligny ; Xavier Simoni - Damien Croux (A) ; Martin Croguennec - Nicolas Deshaies.

Attaquants : François-Henri Désérable - Kim Wikström (C) - Arnaud Magallon ; Alexander Olsson - Robert Olsson - Baptiste Frioux ; Adryan Serrano - Mathieu Combe - Anthony Kodyjasz (A).

Remplaçant : Frederick Witte (G). Absents : Geoffrey Paillet (ligaments du genou), Paulin Jouanin (épaule).