Amiens - Angers (Ligue Magnus, 8e journée)

La route des Gothiques emprunte en novembre une courbe sinueuse. Une nouvelle gifle du voisin rouennais laisse en effet la place à la réception du leader angevin, quelques mois seulement après un quart de finale épique et tendu. Les mots ont d'ailleurs fusé dans les jours précédents, et les discussions préalables entre le président Juret et le staff du Coliseum augurent d'une soirée animée...

Sur le plan purement sportif, chacun fait le compte des absents, dans les lignes défensives surtout. Si les visiteurs du soir doivent composer avec plusieurs défections (Mihalik, Igier et Lacroix), conduisant Heikki Leime à placer Hermani Vidman à l'arrière, Amiens peut enfin compter sur le retour de l'emblématique Vincent Bachet, orphelin toutefois du massif Kowalczyk, et du travailleur Offret.

Amiens sur courant alternatif...

Précédée d'une vidéo et sous le regard de pom-pom-girls vêtues de noir, l’entrée des joueurs amiénois augure d'une entame plutôt à l'avantage des hommes d'Antoine Richer, en jeu de puissance. Quelques échauffourées devant la cage d'Aubry et une charge très virulente sur Henderson plus tard, les Ducs parviennent à écarter le danger devant un cerbère avare de rebonds.

Sébastien Ylönen est à son tour employé par une première percée de la paire Fortier-Bellemare (08'09"). Les Québécois d'Amiens n'étant guère en réussite, à l'image d'un trois contre deux mal négocié, la situation se corse par la montée en puissance des visiteurs. Contraint à réaliser le grand écart, Sébastien Ylönen doit même laisser prématurément sa place à l’ancien Angevin Ville Koivula (09'16"), décisif pour rattraper un contrôle manqué de Glaude.

Le premier jeu de puissance des joueurs des Pays de Loire est le bon. En 34 secondes, la passe devant la cage de Matias Metsäranta est convertie par Baluch (0-1 à 14'04"). Plus rien ne sera marquée avant la première sirène, malgré un contre angevin dû à une erreur de transmission de Bault et un gros lancer de Laprise, et à cause de l'abnégation de Baluch face à Henderson.

C'est sous les sifflets à l'encontre du Président Juret que le jeu reprend. Sa formation bénéficie de bonnes occasions au détriment de Gothiques parfois en difficulté, tels Pazak, dont la passe est interceptée, Cayer, bousculé, et Mortas, de retour mais trop juste sur un rebond. Si bien qu'il faut recourir à la troisième ligne pour obtenir l'égalisation, sur une mise au jeu remportée par Henderson et propulsée par Simon Petit au fond des filets d'un portier médusé (1-1 à 21'50").

Loin de paniquer, les Ducs font toutefois surface, sur un shoot de Vidman, repoussé par le montant (23'20"), et, suite à deux fautes contestées des locaux, Marko Kiprusoff place la rondelle au-dessus de l'épaule de son compatriote (1-2 à 30'08"). Sur une nouvelle erreur picarde, Jonathan Bellemare passe ensuite près du break, raté par Laprise peu après en contre.

... et Laprise en état de grâce

Les efforts de Brian Henderson, encore meilleur Amiénois du match, à la récupération du palet dans la neutre avant de lancer sans succès, n'y changent rien. Angers navigue tranquillement vers un nouveau succès, repoussant sans sourciller une pénalité concédée par son gardien, par moments assez bavard avec Monsieur Barbez.

Pierre-Luc Laprise obtient rapidement l'occasion de se racheter. Son compatriote Rodier sur le flanc, il participe au troisième but, venu d'un lancer initial de Lauri Lahesalu à ras glace et suivi par Bellemare (1-3 à 36'06"), puis reprend victorieusement la passe de ce dernier (1-4 à 36'22").

À l'abord du dernier acte, les sifflets sont dirigés vers le corps arbitral. Il se dissipent vite sur une action d'un Miroslav Pazak retrouvé, parti de la neutre pour s'en aller ajuster Aubry (2-4 à 41'08").

Toutefois, malgré un Teddy Trabichet propre, les errements défensifs des Picards sont trop nombreux pour espérer un exploit. Ils sont encore à l'origine d'un nouveau filet de Pierre-Luc Laprise, esseulé face à un Koivula délaissé, et servi par ses deux partenaires de ligne, trop rapides pour les roses (2-5 à 42'43").

Angers sort ainsi facilement vainqueur d’un match marqué par les largesses amiénoises, un jeu de puissance affûté et des contres rondement menés. Malgré un but à la limite du hors-jeu et des pénalités contestées, Amiens baisse une fois de plus pavillon face à un cador.

Désigné meilleur joueur amiénois d'octobre : Yanick Riendeau.

 

Amiens - Angers 2-5 (0-1, 1-3, 1-1)
Samedi 14 novembre 2009 à 20h00 au Coliseum.
Arbitrage de Nicolas Barbez assisté d'Éric Bouguin et Benjamin Gremion.
Pénalités : Amiens 12' (4', 6‘,2‘), Angers 16' (10', 2', 4‘).
Évolution du score :
0-1 à 14'04" : Baluch assisté de Metsäranta et Vidman (sup. num.)
1-1 à 21'50" : Petit assisté de Henderson
1-2 à 30'08" : Kiprusoff assisté de Lahesalu et Vidman (sup. num.)
1-3 à 36'06" : Laprise assisté de Bellemare et Lahesalu (sup. num.)
1-4 à 36'22" : Laprise assisté de Bellemare et Fortier
2-4 à 41'08" : Pazak
2-5 à 42'43" : Laprise assisté de Bellemare et Fortier