La qualification et la manière

La Coupe de la Ligue aura un dernier carré prévisible avec les meilleurs clubs du pays (Rouen, Angers, Briançon et sans doute Grenoble), mais ce que l'on retiendra de ce soir, c'est que les favoris, qui auraient pu se contenter de gérer après avoir fait le plein à l'aller, ont tenu à y mettre la manière et à remporter leur match retour.

C'est ainsi qu'Angers, toujours avec sa défense amputée de moitié, ne s'est pas laissé déstabiliser en étant mené 2-3 par Strasbourg après le premier tiers. Les leaders de la Ligue Magnus n'ont pas l'intention d'abandonner leur invincibilité au Haras, ce serait un trop mauvais signe envoyé à leurs adversaires. Ils ont donc arraché une victoire 6-4.

Idem pour Rouen. Une défaite à Amiens, même si une place en demi-finale était déjà en poche, ne saurait être concédée sous aucun prétexte par un Normand qui se respecte. Alexandre Mulle le sait bien : le jeune Havrais, rentré en jeu à la faveur d'une méconduite de Tarantino, s'est permis de marquer le but décisif. Quant au buteur amiénois Yanick Riendeau, non seulement il est resté muet face aux Dragons, mais il est retombé dans ses vieux démons en se faisant exclure pour un piquage.

Briançon a été le plus menacé pour la qualification. À dix minutes de la fin, il n'y avait toujours qu'un seul but d'avance sur l'ensemble des deux rencontres contre de coriaces Chamoniards. Damien Raux, qui avait eu le nez cassé à l'aller, a alors soulagé tout le monde en y allant de son but libérateur. L'ancien blessé Joni Lindlöf avait ouvert le score en début de match, et avec une première ligne Lindlöf-Raux-Terglav en santé, les Diables rouges retrouvent le sourire.

Grenoble a dû attendre les dernières secondes du deuxième tiers-temps pour que Damien Fleury ouvre le score. Deux supériorités numériques transformés par Broz et encore Fleury ont ensuite permis aux Brûleurs de Loups de s'assurer une avance confortable (3-0) avant le match à Gap, reporté à mardi prochain. Ce match aura en tout cas prouvé que le quart d'heure de résistance gapençais avant la panne de lumière était une vraie indication. L'inversion des rencontres aurait pu servir les Rapaces avec un scénario dans lequel ils auraient tenu le plus longtemps possible, mais les Grenoblois en ont décidé autrement. Ils peuvent souffler.