Toulouse - Rouen II (Division 2, 6e journée)

Il est des plaisirs simples dans la vie dont on ne se lasse jamais. Celui de partager une victoire au terme d'un match de haute lutte avec ses coéquipiers en fait partie indéniablement. Quelques minutes après la sirène finale de la rencontre de Division 2 entre Rouen et Toulouse, nul doute que les Rouennais, réfugiés dans leur vestiaire, pouvaient savourer avec délectation un bien joli succès 7 buts à 3 acquis sur la glace des Bélougas. Une douce saveur, un goût suave que les Dragons avaient presque oublié avec une série de cinq revers consécutifs qu'ils interrompront dans la ville rose.

Ainsi, après les rayons de soleil entrevus face à Tours, c'est une tempête de ciel bleu qui se positionnait au dessus de la tête des Rouennais. Attaquant fort, les Normands tentaient d'imprimer un gros rythme à la rencontre. Certes, en face, la réponse était solide à l'image de l'omniprésence d'un Maurice Rozenthal toujours aussi diablement talentueux ou celle de l'expérimenté Benoît Pourtanel toujours habile pour tourner la situation à son avantage mais, quoiqu'il en soit, les Dragons ne semblaient pas venus à Toulouse pour jouer les suppliciés. Bien que pris sous le joug du jeu de puissance toulousain dès les premières minutes de la partie (03'51), la formation rouennaise rivalisait d'abnégation pour tenir le but de Michaël Muller inviolé. Ce dernier, fort à l'aise dans son filet tout au long de la rencontre, mettait les siens en confiance en faisant preuve d'assurance dans ses interventions. Pour autant, l'envie ne suffisait pas. A l'énergie normande, les Bélougas répondaient avec leur diamant sniper. Peu avant la barrière des dix minutes, Maurice Rozenthal se chargeait des affaires courantes. Pénétrant avec volupté au sein de la défense rouennaise, le lancer millimétré du Dunkerquois avait de quoi glacer d'effroi le gardien jaune et noir, pris en faute sans qu'il ne puisse vraiment faire quoique ce soit (1-0 à 08'46"). Désormais menacés au tableau d'affichage, les Dragons ne tarderont pas à réagir.

Quelques minutes plus tard, Aurélien Gréverend trouvait en Thomas Dreyfus un parfait contre-attaquant. Les patins fièrement affûtés, le numéro 7 rouennais remontait la glace jusqu'à servir son capitaine pour l'égalisation jaune et noire (1-1 à 11'29"). Comme un symbole pour cette équipe de Dragons, le capitaine rouennais venait de montrer la voie du succès en passant le message à tout le monde. Un état d'esprit conquérant, démonstratif qui animera les Dragons jusqu'à la sirène finale. Pour autant, la combativité n'était pas la seule propriété des Normands. A Toulouse aussi, aller au combat n'est pas un vain mot à l'image de Benoît Pourtanel, qui profitait d'un coupable errement défensif rouennais pour se présenter seul face à Michaël Muller. De longues secondes d'incertitudes qui se soldaient par un premier arrêt du portier rouennais. Malheureusement pour ce dernier, le palet ruisselait entre ses jambières avant de trouver refuge dans la crosse de Jérémy Pradel pour le 2-1 (19'08"). Répliquant dans la foulée sur un déboulé de Valentin Dumélie pour un Kévin Marias-Magill opportuniste devant la cage (19'40"), les Dragons parvenaient à regagner le vestiaire sur un 2-2 plutôt logique.

A la reprise, les affaires rouennaises fructifiaient à grande vitesse. Moins en phase, les Bélougas subissaient nettement plus le jeu des Dragons toujours aussi volontaires. Après un premier où ils s'étaient montrés volontairement patients défensivement pour ne pas payer le prix fort face à une équipe pétrie de talents, les Normands s'enhardissaient peu à peu prenant conscience d'un possible bon coup à réaliser. A l'image de ce lancer puissant de Kévin Beziau (2-3 à 29'15") en avantage numérique, la marche en avant des Dragons semblait irrépressible à tel point que, quelques minutes plus tard, le break était réalisé. Laissé orphelin de défense, Thomas Picavet, le portier de la ville rose, ne pouvait que constater les dégâts au moment où Arnaud Briand et Kévin Beziau se présentait face à lui. A la finition du mouvement, Arnaud Briand portait la marque à 2-4 à la faveur des visiteurs dans un silence de stupéfaction (33'36"). Contraste saisissant entre une patinoire toulousaine muette de stupeur et un banc rouennais en transe après cette période d'intense furia offensive. Pourtant, le nirvana jaune et noir ne durera que quelques minutes. Dans un match parfaitement arbitré par le duo Llorca – Garbay, les Rouennais devaient s'acquitter de deux minutes en double infériorité numérique. Un laps de temps beaucoup trop important pour que ce diable de Maurice Rozenthal n'en profite pas. Effectivement, il ne fallait qu'une poignée de secondes pour que l'ex-Rouennais décoche un missile dont il a le secret emportant au passage la gourde du gardien rouennais (34'55").

De fait, avec ce retour en verve des Bélougas avant la deuxième pause, la menace restait constante sur la cage seino-marine. Les Toulousains semblaient proches de l'égalisation mais le gardien rouennais tenait bon dans sa cage, multipliant les interventions aussi efficaces qu'importantes. Ainsi, à vingt minutes du terme d'une rencontre à l'issue incertaine, de part et d'autre, on pouvait encore entretenir le secret espoir de s'imposer. Reprenant sa place dans son filet et non sur le banc comme la coutume le veut depuis le début de la saison, Michaël Muller, tout aussi interloqué que son capitaine espoir qui ne manquera pas de le souligner « tendrement » plus tard avec son légendaire brio à faire pleurer les plus endurcis, disputera un troisième tiers tout aussi vertueux célébrant ainsi son premier match complet sous ses nouvelles couleurs. Finalement, allumer tous les cierges de la cathédrale de Rouen n'aura pas été vain pour le cerbère haut-normand, qui se signalait à nouveau par de solides arrêts dès l'entame de la troisième période.

Contrecarrant les plans de retour en verve des Bélougas, les Rouennais profiteront même des dernières vingt minutes de la partie pour entériner définitivement leur victoire. Pire même pour les locaux, le score prendra une ampleur toute inattendue pour les Dragons qui faisaient grimper fortement leur compteur but. Ainsi, sur une sortie de zone de l'embrasé Clément Hondier, le palet s'en trouvait relayé dans la crosse de Valentin Dumelie. Quelques secondes plus tard, Quentin Berthon décochait un lancer tonitruant qui prenait en défaut Thomas Picavet (45'30").

Désormais hors du coup, les Bélougas se montraient aléatoires dans leur jeu après avoir livré un joli combat. Plus libres de leurs mouvements, les Normands en profitaient pour se montrer plus audacieux à l'offensive, enfin libérés de leurs angoisses d'avant match. Tandis que Maurice Rozenthal se voyait contraint de quitter ses partenaires sur une pénalité pour cinglage suivie d'un dix minutes, le « local de l'étape » Bryan Ten Braak prenait un malin plaisir à se signaler de la plus belle façon en inscrivant le sixième but des Dragons. Après avoir reçu au deuxième tiers sans aucune contestation possible l'oscar du plus élégant bernard de la soirée, le toulousain d'origine, opportuniste devant la cage profitait du bon travail de Cédric Custosse et de Quentin Berthon en reprenant un palet devant la cage de Thomas Picavet, décidément pas à la fête (3-6 à 49'55"). D'ailleurs, jusqu'à la lie, le calice il boira puisqu'il devra s'acquitter d'un dernier but avant la sirène finale. Sur un nouveau déboulé du capitaine rouennais, Alexandre Sucré remerciait son assistant pour l'ensemble de ses dons en lui adressant une parfaite passe de but. La cage grande ouverte, restait encore un intense suspense pour Thomas Dreyfus à la réussite parfois aléatoire depuis le début de saison.

Cette fois, point de blague de mauvais goût, le jeune rouennais ne manquait pas l'occasion et sortait son plus beau sourire au moment de rentrer sur le banc pour célébrer le septième et dernier but jaune et noir (3-7 à 54'00"). Quelques minutes encore à jouer dans cette rencontre et une ombre au tableau avec l'expulsion de Kévin Beziau sur un malheureux coupage sur Terry Prunier. Fort logiquement, le Rouennais devait regagner le vestiaire prématurément alors que les esprits s'échauffaient sérieusement. Cette partie n'avait pas besoin de ce bémol ni des vilains gestes qui s'en suivaient. Quoiqu'il en soit, bien que nettement moins « sereine », la rencontre s'achevait sur cette première victoire de la saison rouennaise. Jolie récompense pour un groupe attachant qui aura tout donné face à une équipe de Toulouse au talent certain et à l'avenir probablement enjoué en Division 2. Reste pour les Dragons à faire perdurer ces moments-à un peu plus loin dans la saison et entamer de façon durable la conquête du classement.

 

Toulouse - Rouen II 3-7 (2-2, 1-2, 0-3)
Samedi 14 novembre 2009 à 18h15 à la patinoire Jacques Raynaud. 1 100 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Garbay assisté de Frédéric Hemmery.
Pénalités : Toulouse 45' (2', 4', 4'+5'+10'+20'), Rouen 39' (2', 4’, 8'+5'+20').
Évolution du score :
1-0 à 08'46" : Rozenthal
1-1 à 11'29" : Sucré assisté de Dreyfus et Gréverend
2-1 à 19’08" : Pradel assisté de Pourtanel
2-2 à 19‘40" : Marias-Magill assisté de Dumélie et Berthon
2-3 à 29'15" : Beziau assisté de Berthon et Lehericey (sup. num.)
2-4 à 33‘36" : Briand assisté de Beziau
3-4 à 34'55" : Rozenthal assisté de Barin (double sup. num.)
3-5 à 45'30" : Berthon assisté de Dumélie et Hondier
3-6 à 49’55" : Ten Braak assisté de Dreyfus et Custosse
3-7 à 54'00" : Dreyfus assisté de Sucré