Grenoble - Gap (Coupe de la ligue, quart de finale aller)

Reprise laborieuse pour Grenoble

Cela fait 17 jours exactement que les Brûleurs de Loups ont disputé leur dernier match en France. Un laps de temps pendant lequel ils ont vu deux matchs être reportés après la trêve internationale : celui de samedi à Epinal à cause de l'indisponibilité de la patinoire spinalienne et celui de mardi dernier à Gap, après treize minutes de jeu seulement suite à une panne d'éclairage dans la patinoire Brown-Ferrand. Résultat : cette rencontre comptant pour le quart-de-finale "aller" a été reportée au mardi 24 septembre et se disputera donc après le match "retour" prévu ce soir ! Grenoble perd donc l'avantage de la glace pour cette confrontation mais a surtout perdu beaucoup de repères et de certitudes pendant cette période de "chômage technique".

Seul point positif : le retour des blessés. Ils sont deux à regagner leur place par rapport au match gagné de haute lutte contre Amiens : Mitja Sivic et Jason Crossman, seul Nicolas Arrossamena manque encore à l'appel. Cela n'empêche pas Mats Lusth de continuer à titulariser Alexandre Rouleau en attaque après son gros match contre Amiens et de laisser Raphaël Papa sur le banc. Il faut dire qu'avec sept défenseurs compétitifs, le staff grenoblois a l'embarras du choix à la ligne bleue même si ce choix peut paraître surprenant. En face, les Rapaces se présentent au complet avec l'ambition de jouer à fond leur rôle d'outsider et de préparer au mieux le derby de samedi contre Briançon. D'ailleurs, André Svitac n'hésite pas à titulariser Ronan Quemener dans les buts pour laisser au repos Jakub Macek.

Les Brûleurs de Loups étaient privés de glace depuis longtemps et cela se voit au coup d'envoi : ils se jettent comme des morts de faim sur tous les palets. S'ensuivent cinq premières minutes de folie où le jeune Ronan Quemener en voit de toutes les couleurs. Mitja Sivic, de retour de blessure, tente de retrouver ses sensations aux côtés de Nilsson et Jansson. Fleury et Dufour se mettent en évidence. On se dit que les Brûleurs de Loups ne vont pas tarder à faire exploser la défense gapençaise. D'ailleurs, Ludek Broz, à sa place préférée derrière la cage adverse, offre une passe magique à Julien Baylacq seul devant Quemener. Mais le jeune Grenoblois manque de lucidité et ne parvient pas à déjouer le portier des Rapaces. Grosse occasion ratée par Grenoble. À force de dominer, les Brûleurs de Loups finissent par pousser les visiteurs à la faute. C'est ainsi que Julien Correia regagne le banc des prisons. Mais au lieu de profiter de l'occasion, les hommes de Mats Lusth vont confondre vitesse et précipitation.

Les mauvaises passes et les mauvais choix s'enchaînent et Grenoble manque complètement son jeu de puissance. Le doute s'installe dans les esprits, Mitja Sivic perd un palet à la ligne bleue et laisse partir Jiri Rambousek : Eddy Ferhi réalise un arrêt décisif, premier avertissement sans frais. Mais la leçon ne sera pas retenue. Visiblement impatients, les Grenoblois essaient de pratiquer un "hourra hockey" qui ne leur convient guère. À l'inverse, les Gapençais jouent juste, en pressant très haut leurs adversaires et en les empêchant de poser leur jeu. En véritables poisons, les joueurs d'André Svitac font déjouer les champions de France et se créent même des opportunités intéressantes en contre par Jelen et Rambousek notamment. Jelen se fait sanctionner à son tour mais la deuxième supériorité numérique grenobloise est tout aussi catastrophique que la première. Les automatismes ont visiblement du mal à revenir après cette longue interruption. À force de multiplier les approximations, les Grenoblois finissent par se faire pénaliser à leur tour : Jean-François Dufour part en prison et les Brûleurs de Loups finissent péniblement le tiers en infériorité numérique.

On s'attend à un sursaut grenoblois en début de deuxième période mais les vingt minutes suivantes sont quasiment un copier-coller des précédentes, les pénalités en plus. Car M. Velay se montre beaucoup plus présent. Dufour ne tarde pas à retourner en prison, cette fois accompagné de Romain Moussier pour une situation de jeu à quatre contre quatre. Celle-ci s'éternise puisqu'une minute plus tard, Manavian répond grossièrement à une faute de Jelen alors qu'un quatre contre trois se profilait pour les Brûleurs de Loups. Malgré les espaces, les déchets sont toujours aussi importants côté grenoblois. La défense gapençaise, très mobile, lit bien le jeu grenoblois et parvient souvent à neutraliser les attaques locales. Et comme Ronan Quemener est impeccable dans ses cages, le doute continuer de s'installer dans les esprits grenoblois, au fur et à mesure que les minutes passent. Eddy Ferhi n'est pas en reste. Il réalise quelques prouesses dans ce tiers intermédiaire en frustrant une nouvelle fois Rambousek sur trois essais successifs. Jelen ne parvient pas non plus à tromper la vigilance du portier de l'équipe de France. Les meilleures occasions sont gapençaises dans ce tiers, et sans un manque de précision dans le dernier geste, les Rapaces auraient pu ouvrir le score sans qu'il n'y ait à crier au scandale.

Grenoble essaie de se relancer en supériorité numérique suite à une prison de Luciak. Sivic, placé à la ligne bleue sur le jeu de puissance, tente de loin mais sans réussite. Quemener est également présent sur un slap de Wallin. Le power-play grenoblois montre des signes de progrès mais ce n'est pas suffisant. Nouvelle chance pour Grenoble avec une prison de Bilodeau mais Fleury le rejoint quelques secondes plus tard, annulant l'avantage numérique. Rouleau provoque intelligemment Skvaridlo qui se laisse prendre : nouvelle phase de jeu à quatre contre quatre. Mitja Sivic, qui n'a pas sa réussite habituelle, rate une occasion en or, seul face à la cage. Les deux équipes paraissent tour à tour en mesure de marquer et Gap y croit lorsqu'Eddy Ferhi concède une pénalité en dégageant le palet au dessus des plexis. Pourtant le deuxième tiers semblait devoir se terminer également sur un score vierge. Et puis en toute fin de tiers, un centre lumineux de Ludek Broz, un marquage un peu moins serré de la défense gapençaise et ce que plus personne n'attendait se produit : Fleury reprend le palet devant les cages et ouvre le score (1-0, 39'41").Ferhi

Cette ouverture du score survient au meilleur moment pour Grenoble et bien sûr au plus mauvais pour Gap. Enfin libérés, les Brûleurs de Loups abordent la dernière période plus sereinement alors que la défense gapençaise semble accuser le coup, physiquement et moralement. Un peu plus de fatigue, un peu moins de concentration, il n'en faut pas plus pour que les défenseurs haut-alpins se retrouvent avec un temps de retard : Read puis Suchanek se rejoignent en prison avec vingt-trois secondes d'écart. Cette double supériorité numérique est une aubaine pour les Grenoblois qui ne la laissent pas passer en bombardant la cage de Ronan Quemener. Après plusieurs exploits, ce dernier se retrouve au sol et Ludek Broz n'a plus qu'à slaper dans la cage grande ouverte pour doubler la mise (2-0, 43'14"). Avec deux buts d'avance, les coéquipiers de Christophe Tartari sont déjà dans une position plus confortable pour aborder le match retour. Gap essaie de réagir sporadiquement en tentant quelques contres tranchants mais Eddy Ferhi est dans un bon soir et se dresse tel un mur devant les attaquants gapençais. Après une nouvelle pénalité de Trevor Read et la défense gapençaise craque encore sur une contre-attaque menée tambour-battant par Christophe Tartari qui centre parfaitement pour Damien Fleury encore une fois bien placé. Quemener est battu (3-0, 47'58").

Grenoble commence à prendre un avantage plus substantiel en vue du match retour. Une situation qui énerve les visiteurs et un contact d'Alexandre Rouleau sur la cage de Ronan Quemener met le feu aux poudres. Le gardien riposte, Jean-Charles Charette vole à son secours et s'explique avec Rouleau tandis que Nicolas Besch et Jakub Suchanek tombent les gants et en viennent aux mains de leur côté. Ils seront tous les deux renvoyés au vestiaire avec une méconduite de match. Rouleau et Charrette sont également pénalisés et Gap se retrouve en supériorité numérique, Besch ayant écopé d'une pénalité mineure supplémentaire. Les Rapaces ne profitent pourtant pas du jeu de puissance qui aurait pu les relancer. Pire même, Trevor Read l'abrège en récoltant sa troisième pénalité du tiers. Les dix dernières minutes n'apportent rien de plus même si on assiste à quelques jolis mouvements comme celui de Maxime Moisand qui place une accélération tranchante sur l'aile droite, revient devant la cage mais ne parvient pas à redresser son palet pour marquer. Dans la dernière minute, Ludek Broz se fait sanctionner et Eddy Ferhi doit encore s'employer pour préserver son blanchissage, en sortant notamment une belle mitaine sur un tir de Bilodeau.

Gap n'a pas démérité dans cette rencontre, proposant une résistance héroïque grâce à une bonne mobilité et un excellent forecheck qui a perturbé les Grenoblois pendant près de deux tiers. Même s'il a manqué un peu de réalisme aux attaquants gapençais, Rambousek et Jelen notamment, les Rapaces peuvent sortir beaucoup de motifs de satisfaction ce soir, notamment sur l'état d'esprit et la combativité de l'équipe, à l'image de Tomas Skvaridlo qui apporte technique et puissance. On n'en dira pas autant de Trevor Read dont l'apport n'est pas évident, surtout par rapport à un Milan Dirnbach remercié en début de saison. Enfin, comment ne pas souligner l'excellente performance de Ronan Quemener, qui a marqué les esprits ce soir à Pôle Sud. Voilà Jakub Macek prévenu. Même si le match retour s'annonce compliqué avec un handicap de trois buts, les Gapençais ont préparé de la meilleure des manières le derby contre Briançon. À condition de ne pas avoir laissé trop de forces sur la glace.

Du côté grenoblois, ce fut la soupe à la grimace pendant deux tiers-temps : lents, imprécis dans les passes et maladroits dans la finition, les Brûleurs de Loups ont multiplié les erreurs et les approximations avec notamment une supériorité numérique désastreuse. Les dix-sept jours sans compétition ont visiblement énormément perturbé le collectif grenoblois. Mitja Sivic et Jason Crossman, de retour de blessure, ont eu plus de déchets dans leur jeu qu'à l'accoutumée, tout comme Christophe Tartari. Pourtant, le capitaine grenoblois s'est arraché sur le troisième but, offrant un caviar à Damien Fleury. Auparavant, Ludek Broz, très inspiré ce soir, avait fait la différence en servant sur un plateau Fleury sur le premier but et en marquant le deuxième. L'opportuniste Fleury est également à créditer d'un bon match mais l'homme du match est sans doute Eddy Ferhi, très concentré ce soir, qui a su garder son équipe dans le match au deuxième tiers. Sans un très bon Ferhi, Gap aurait vraisemblablement ouvert la marque et la suite aurait été bien plus compliquée pour les Brûleurs de Loups. À défaut de se rassurer, les Grenoblois ont donc pris une avance substantielle ce soir qu'il conviendra de préserver, avec la manière si possible, mardi prochain à Gap afin de retrouver Angers en demi-finales.

Désignés meilleurs joueurs du match : Damien Fleury (Grenoble) et Ronan Quemener (Gap).

 

Commentaire d'après-match (d'après Le Dauphiné Libéré) :

Christophe Tartari (capitaine de Grenoble) : "Après trois semaines de coupure, il fallait se remettre dedans. Ça n'a pas été évident mais on a fait l'essentiel. On n'a pas fait un mauvais match, mais il y a eu un manque de réussite, et pas mal d'approximations. Sur les power-plays aussi, on a connu des jours meilleurs. Ils ont pris pas mal de pénalités, ça montre qu'on était bien présents, ils étaient en retard."

 

Grenoble - Gap 3-0 (0-0, 1-0, 2-0)

Mardi 17 novembre à 20h00 à la patinoire Pôle Sud de Grenoble. 3251 spectateurs.

Arbitrage de Damien Velay assisté de Joffrey Barcelo et Adrian Popa.

Pénalités : Grenoble 45' (2', 10', 8'+5'+20'), Gap 53' (4', 12', 12'+5'+20').

Tirs cadrés : Grenoble 43 (11, 20, 12), Gap 25 (8, 12, 5).

Engagements gagnés : Grenoble 40, Gap 34.

Évolution du score :

1-0 à 39'41" : Fleury assisté de Broz

2-0 à 43'14" : Broz assisté de Nilsson et Dufour (double sup. num.)

3-0 à 47'58" : Fleury assisté de Tartari et Rouleau (sup. num.)

 

Grenoble

Gardien : Eddy Ferhi.

Défenseurs : Viktor Wallin - Maxime Moisand ; Jason Crossman - Jakob Milovanovic ; Nicolas Besch - Antonin Manavian.

Attaquants : Mitja Sivic - Martin Jansson (A) - Anders Nilsson ; Jean-François Dufour - Christophe Tartari (C) - Damien Fleury ; Alexandre Rouleau - Ludek Broz (A) - Julien Baylacq.

Remplaçants : Sébastien Raibon (G), Loup Benoît, Raphaël Papa. Absent : Nicolas Arrossamena (luxation de l'épaule).

Gap

Gardien : Ronan Quemener.

Défenseurs : Matus Luciak - Milan Tekel ; Jakub Suchanek - Patrice Bilodeau ; Alexandre Cornaire - Trevor Read.

Attaquants : Jiri Rambousek (A) - Jiri Jelen (A) - Julien Correia ; Tomas Skvaridlo - Jean-Charles Charette - Mathieu André [puis Édouard Outin à 40'00"] ; Romain Moussier (C) - Erik Bochna - Romain Gutierrez [puis Sébastien Vidal à 40'00"].

Remplaçants : Jakub Macek (G), Jérémy Baridon, Alexis Dicharry, Yohan Lacheny. Absents : Marc Slupski, Romain Vitali.