Dunkerque - Val Vanoise (Division 2, 7e journée)

La mise au point de Karl Dewolf à l'issue de la venue de Toulouse a porté ses fruits. Les Corsaires ont renoué avec la victoire hors de leurs bases, inscrivant six buts aux Castors d'Asnières, tout en resserrant le dispositif défensif, pris de court par la vitesse occitane.

Toulouse et Asnières, des souvenirs douloureux pour les Bouquetins de Val Vanoise, cueillis à froid pour leur baptême du feu en Division 2. Depuis, les hommes de Pierre Rossat-Mignod ont fait mieux que redresser la barre, ne cédant qu'au troisième tiers face à Lyon à l’occasion de leur première défaite en un mois. Pour ce long déplacement dans le Nord, ils confirment ces bonnes dispositions en allant chercher les Corsaires dans leur zone et provoquer la première faute, de Ghislain Folcke.

Tomas-Emil Björnberg peut alors tester le portier belge des maritimes, à l'oeuvre du gant puis de la jambière. Lorsque le Suédois opte pour la passe, la défense nordiste peut se dégager et attendre le retour à cinq pour porter le danger vers Olsson. Ce dernier, tout heureux de voir Eichenholc manquer une cage ouverte par la passe de N’Guyen, se relève à temps pour voir le joueur de centre lancer sur sa barre (06’32"). Dans le dernier geste, sur un service de Thomas, le tir à ras glace de François Rozenthal est plus efficace (1-0 à 08'49"). Avantage doublé dans la foulée par l’attaque à cinq, amenée côté gauche par une montée rapide de Clément Derepper, conclue par Péan (2-0 à 10'01").

Le sourire de Benjamin Denis...

Défait dans le dernier geste sur une passe de Broström, Mathieu Cyr se mue en passeur pour permettre à Boris Gellé de réduire rapidement la marque (2-1 à 10'56"). Les qualités de patinage du Canadien gênent considérablement ses adversaires, Dubois étant contraint de l’accrocher. Le jeu de puissance savoyard tarde toutefois à se régler, subissant de surcroît une riposte de François Rozenthal côté droit. Le numéro 11 des bleus lève la tête et aperçoit le renfort de Benjamin Denis, arrivé à point nommé pour reprendre la rondelle en force (3-1 à 14'37"). La joie du jeune Dunkerquois est à la hauteur des difficultés encourues pour surmonter l’agression dont il fut victime plusieurs mois auparavant. Contraint de patienter pour obtenir une vision plus conforme à la pratique du hockey, il signe son retour en retirant sa grille à l’adresse du public, pour mieux découvrir son oeil guéri.

... face au talent de Mathieu CyrMathieu Cyr

L’euphorie est courte pour une formation rappelée à l’ordre par le sifflet arbitral. Les Bouquetins sont donc parés pour recoller à la marque, à condition de porter la rondelle plus rapidement vers l’avant (Lundberg) et de ne pas rater son contrôle à la ligne bleue (Björnberg)... Les occasions sont pourtant là, par Boris Gellé, proche du doublé en deux occasions, et surtout Mathieu Cyr, incontournable.

À leur tour contraints à évoluer en infériorité en début de deuxième période, les Savoyards résistent aux lancers tendus de Louf, repoussés de justesse par la mitaine du gardien et une forêt de patins devant la cage. Le manque de réalisme des Corsaires empêche également la marque d’évoluer : sur une poussée du troisième bloc, celui des jeunes encadrés par Christophe Eichenholc, Zajac bénéficie d‘une bonne occasion, peu après un 2 contre 1 galvaudé par Destoop et Folcke. François Rozenthal ne peut non plus forcer la décision en repiquant vers la cage pour s’essayer du revers.

En face, les occasions sont plus rares, mais la réussite plus criante. Svante Broström rate certes le cadre suite à une accélération de Cyr, une autre opportunité se présente vite à Tanguy Chardon sur une erreur de transmission du jeu de puissance dunkerquois (3-2 à 27'39"). Quant à la seule attaque spéciale de la période intermédiaire, elle est convertie sans sourciller par Tomas-Emil Björnberg, une première fois déjoué par le gant de Bram De Backer (3-3 à 31'31"). Les deux fautes successives de Michal Kraucuk, très engagé dans ses interventions, sont vie rattrapées. À l’interception au centre de la glace, Mathieu Cyr se présente à son tour seul face au portier belge. Accroché, il offre même aux siens un improbable avantage à la marque en glissant la rondelle sous le gardien, sur le tir de pénalité subséquent (3-4 à 33'42" ).

Un tiers de trop pour les Bouquetins

L’effectif de Pierre Rossat-Mignod, déjà décimé par les blessures depuis plusieurs semaines, perd en outre Niclas Lundberg (2’+10’) à la mi-match. Les trois arrières restants reçoivent ainsi le soutien opportun de Jonathan Pastore, précieux pour repousser la percée de Clément Thomas, dont la reprise par N’Guyen est maîtrisée par Olsson, et le raid de Rozenthal. Mathieu Cyr se sacrifie à son tour sur un tir de Louf, d’autant que les rebonds laissés par son gardien ne sont pas convertis, notamment par Destoop devant le porteier suédois allongé sur la glace.

Toutefois, la débauche d’énergie des Bouquetins a son revers. Encore repliés dans leur zone sur une poussée d’Eichenholc et face à Rozenthal, marqué de près par Ugo Martin, les visiteurs subissent une pression grandissante illustrée par Dubois, Rozenthal et Derepper. À force de pousser, les bleus parviennent à leurs fins, grâce à François Rozenthal, à la recherche d’un meilleur angle de tir pour ajuster Olsson, à la suite d’une nouvelle percussion du volontaire Eichenholc (4-4 à 45'43"). En suivant le débordement de Thomas, l’ancien international contrôle la rondelle pour mieux la loger sous la transversale, histoire d’enregistrer un triplé (5-4 à 49'02") synonyme de prélude à une fin de rencontre difficile pour Val Vanoise, dépassé par les événements. Loïc Destoop, lancé par son capitaine (6-4 à 49'36") et auteur d‘un tir en force à ras glace (9-4 à 56'29"), et Clément Thomas, mis en position près du but par Folcke (7-4 à 51'01") puis initiateur d‘un cavalier seul trop rapide (8-4 à 55'51"), se chargent de corser l’addition.

Peu après la fin du calvaire de Rickard Olsson, par moments hésitant dans ses sorties à la crosse et remplacé par Jérémy Prévost, Svante Broström permet de relever quelque peu la tête (9-5 à 58'26") avant de reprendre la route, en espérant pouvoir bientôt compter sur un effectif complet...

 

Commentaires d'après-match

Pierre Rossat-Mignod (entraîneur-joueur de Val Vanoise) : "On savait que l'on s'attaquait à une équipe solide possédant l'expérience de la Division 2 et du niveau supérieur. Après le match de Lyon nous nous sentions capables d'accrocher de grosses équipes, mais ce fut difficile après un long déplacement et sur une petite glace. Mathieu Cyr est un gros patineur capable d’accélérations importantes, mais la taille de la glace et la défense adverse l’ont quelque peu handicapé. Nous avons de gros problèmes avec nos défenseurs, dont deux sont juniors, mais ils ont bien bossé au deuxième tiers. Dunkerque manquait toutefois d'adresse à ce moment, sinon la correction du troisième tiers aurait commencé plus tôt. L'équipe est à sa place, elle vise le maintien. C'est loin d'être gagné, il faut assurer contre les formations du bas de tableau. L'expérience nous fait défaut, notamment pour nos joueurs français, accoutumés à la Division 3 et au junior excellence. Depuis le début de saison, nous n'avons pas pu compter sur l‘effectif complet, ce qui est problématique car nous n'avons pas beaucoup de réserve derrière."

Karl Dewolf (défenseur de Dunkerque) : "Après Toulouse le système de jeu a été modifié, tout en étant plus agressif. Je me suis trompé en début de saison par rapport à mon effectif car on peut jouer différemment. Ce soir, l’équipe ne répond pas pendant les deux premières périodes, en reculant trop et en laissant Val Vanoise entrer dans notre zone. On doit jouer soixante minutes complètes pour progresser. Le point positif est que l’on travaille jusqu’au bout. Nous avons beaucoup lancé, eux se sont longtemps sacrifiés pour résister. Nos joueurs sont capables de faire tourner le cours du match, il faut juste aller à la cage comme le fait François Rozenthal. Benjamin Denis a intégré le groupe depuis trois matchs, sans être aligné de suite. Il marque après avoir montré son envie de revenir, c’est un exemple à suivre car il revient de loin. Le bloc des jeunes a été plus que présent, il a répondu à mes attentes."

 

Dunkerque - Val Vanoise 9-5 (3-1, 0-3, 6-1)
Samedi 21 novembre 2009 à 18h45 à la patinoire Michel Raffoux. 849 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Lobry et Teddy Madrias.
Pénalités : Dunkerque 14' (8', 4', 2'), Vanoise 24' (4', 8'+10‘, 2').
Évolution du score :
1-0 à 08'49" : Rozenthal assisté de Thomas
2-0 à 10'01" : Péan assisté de Derepper (sup. num.)
2-1 à 10'56" : Gellé assisté de Cyr et Björnberg
3-1 à 14'37" : Denis assisté de Rozenthal (inf. num.)
3-2 à 27'39" : Chardon, inf. num.
3-3 à 31'31" : Björnberg assisté de Broström et Cyr (sup. num.)
3-4 à 33'42" : Cyr (tir de pénalité)
4-4 à 45'43" : Rozenthal
5-4 à 49'02" : Rozenthal assisté de Thomas et Gars
6-4 à 49'36" : Destoop assisté de Dubois
7-4 à 51'01" : Thomas assisté de Folcke
8-4 à 55'51" : Thomas assisté de Dewolf et Rozenthal
9-4 à 56'29" : Destoop assisté de Thomas
9-5 à 58'26" : Broström assisté de Martin

 

Dunkerque

Gardien : Bram De Backer.

Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Karl Dewolf ; Benjamin Louf - Clément Derepper ; Benjamin Denis - Maël Gars.

Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N’Guyen (A) - François Rozenthal (A) ; Ghislain Folcke - Loïc Destoop - Arnaud Péan ; Barthélémy Cousein - Christophe Eichenholc - Aurélien Zajac.

Remplaçants : Arthur Legrand (G), Grégory Renaux, Alexandre Delmotte, Olivier Batardière, Sébastien Maison.

Vanoise

Gardien : Rickard Olsson puis Jérémy Prévost à 56'29".

Défenseurs : Tomas-Emil Björnberg - Niclas Lundberg [Pastore de 26'43" à 38'43"] ; Pierre Sorin - Ugo Martin.

Attaquants : Svante Broström - Mathieu Cyr (A) - Boris Gellé ; Tanguy Chardon (C) - Jonathan Pastore (A) - Michal Kraucuk ; Mickaël Martinol - Jérémy Gacon - Damien Magand ; Chris Cools.

Absents : Jérome Roumeau (poignet), Antony Baetz (coude), Éric Dupieux (clavicule), Pierre Rossat-Mignod (genou), Hugo Jannin (épaule), Anthony Boulanger.