Montpellier - Reims (Division 1, 10e journée)

Revenus aux affaires avec un probant succès sur Bordeaux, les Phénix s’attaquaient ce week-end aux Vipers de Montpellier, toujours invaincus dans leur antre de Végapolis. Amnéville, Cergy, Caen, Avignon avaient auparavant subi les effets du venin des Vipers, et les Phénix étaient bien conscients de la difficile tâche qu’ils allaient devoir accomplir pour ramener un résultat de l’Hérault.

Reims savait l’entame de match importante et, comme la spécialité maison des Vipers était un démarrage en trombe, la troupe à François Dusseau se savait avertie du danger. Montpellier restait fidèle à sa philosophie et, dès les premières secondes, pressait haut les Rémois. Les Vipers avaient plus de mordant et obtenaient rapidement un avantage numérique (01’47). Kubis se retrouvait très vite sous le feu des tirs adverses, mais restait solide en chaque occasion. Les minutes passaient et Reims commençait à relever la tête. Le trio Vrielynck/Cahill/Rehor se chargeait d’aller réveiller Agnel, ce dernier faisant preuve d’autorité face aux avants rémois. Le portier montpelliérain avait même la chance avec lui, quand un tir de Rehor lui filait entre les bottes, mais finissait sa course à côté des cages.

A 7’05 une supériorité, suite à une pénalité de Billard, était offerte aux gros canons rémois. Toutefois, ces derniers restaient stériles et s’exposaient à un contre. Garcia en apportait la démonstration à la 9ème minute, quand, s’emparant du puck en zone neutre, il opérait un débordement pour venir battre Kubis après un tour de cage (1-0, 08’41). Dès lors la machine montpelliéraine passait à la vitesse supérieure. Dans un premier temps, Agnel annihilait les derniers essais sur la supériorité, puis, au sortir de celle-ci, Aman mettait sur orbite Garcia qui remportait son duel avec Kubis, le portier tchèque sans doute pas encore remis du but précédent (2-0, 09’15).
 
En à peine 40 secondes, les Rémois s’étaient mis dans de sales draps et François Dusseau d’appeler un temps-mort pour secouer ses troupes. Dans la foulée, Reims obtenait un nouveau power-play et avait une occasion de se relancer. Mais en ce premier acte, l’histoire semblait être un éternel recommencement. Sur la fin de supériorité, Aman, monté au pressing, contrait la relance rémoise et s’en allait battre le pauvre Kubis (3-0, 13’14). Montpellier, totalement euphorique, continuait sur sa lancée et, parfois, s’amusait presque dans la zone défensive rémoise. Preuve en était, cette action de Boileau décalant Hanes, qui se connectait avec Garcia pour une déviation astucieuse devant Kubis et le quatrième but des locaux (4-0, 13’53). Les partisans des Vipers étaient à la fête devant un résultat pareil. Les Rémois semblaient KO sur le glaçon et, heureusement pour eux, Montpellier ne convertissait pas la supériorité obtenue après son quatrième but. Dans les derniers instants, il fallait même un Kubis attentif pour éviter une addition plus corsée. Les Phénix parvenaient néanmoins à stopper l’hémorragie, mais regagnaient les vestiaires avec un score lourd en leur défaveur.
 
Secoués à la pause, les Rémois revenaient sur le glaçon avec un tout autre visage. Sur la première occasion, Martin-Whalen profitait de l’apathie défensive des Vipers pour s’en aller en contre et servir sur un plateau Rehor, qui ajustait sur le coup Agnel (4-1, 21’33). Les Phénix paraissaient avoir trouvé le vaccin contre le venin des Vipers. Pourtant à un homme de moins (23’30), Reims semait le trouble dans la défense adverse. Cahill profitait d’un palet mal contrôlé par Billard, pour s’avancer et fusiller Agnel (4-2, 24’16). Montpellier semblait perdre au fil des minutes de sa superbe et Reims de continuer dans son opération remontée. Pourtant la chance continuait de sourire à Agnel et Cie, puisqu’à nouveau un tir puissant, cette fois-ci de Savoie, passait entre les bottes du portier montpelliérain pour finir sa course lente à quelques centimètres du but !
 
Très en vue au 1er tiers, Garcia tentait avec l’aide de Catil de remettre sur les bons rails son équipe, mais Kubis veillait au grain. Toutefois, c’était Reims qui restait le plus percutant sur ce tiers et se créait les plus franches occasions. Jérémy Sabatier en apportait la preuve à la 33ème, quand, après avoir récupéré un engagement de Martin-Whalen, le Rémois nettoyait la lucarne gauche d’Agnel avec un tir canon (4-3, 32’01). Le coach des Vipers prenait à son tour un temps-mort pour remobiliser ses troupes, sentant comme tous les partisans un retour proche des Rémois. Ce rappel à l’ordre ne semblait pas avoir d’effet sur les locaux. Deux minutes plus tard, Lohou profitait d’un face-off gagné par Savoie pour enlever la toile d’araignée dans la lucarne droite d’Agnel (4-4, 34’50). Aussi incroyable qu’il n’y paraissait, les Rémois avaient réussi l’impossible en remontant un déficit de quatre unités sur un tiers. Les Phénix ne s’arrêtaient pas à cela et étaient à deux doigts de prendre l’avantage dans les derniers instants, Agnel s’interposant sur un essai de près de Savoie. Le tiers s’achevait sur ce score de parité avec une équipe des Phénix revenue de l’enfer.
 
Avec un tiers restant, on se demandait sur quel dénouement allait se finir la partie. Les Phénix continuaient à appliquer leur plan de jeu avec sérieux et envie. De son côté, Montpellier retrouvait sa hargne du premier tiers et on assistait alors à un match équilibré. Reims avait la première occasion de faire la différence avec une supériorité (43’50), mais en concédait une à son tour quasi dans la foulée (45’01). A 4 contre 4, les espaces se créaient. A la 46ème, Rehor s’échappait sur l’aile et délivrait un centre que reprenait victorieusement Cahill, malgré le fait que les cages aient été déboîtées sur l’action. L’arbitre consultait ses assesseurs et validait le but à la grande joie du banc rémois (4-5, 45’43).
 
Hélas la joie était de courte durée. Sur le restant de pénalité, Boileau envoyait Hanes en break et le sniper slovaque ne se faisait pas prier pour égaliser (5-5, 46’23). Malgré cette minute de folie, l’indécision restait la plus totale quand au sort du match. Le temps s’égrenait et les deux formations commençaient à manquer d’essence dans leur moteur. Les occasions se faisaient plus rares et ce n’étaient pas les supériorités, rémoise dans un premier temps (48’35) puis montpelliéraine (52’30), qui modifiaient la marque. Dans les dernières minutes, Montpellier poussait aux abords des buts de Kubis, mais le portier rémois se montrait serein. Une dernière altercation près des buts des Phénix donnait un peu de travail au trio arbitral et la sirène retentissait, envoyant les deux formations en mort subite.
 
Dès le début de la prolongation, les Vipers prenaient d’assauts les buts rémois, mais «Fort Kubis» résistait à la pression. Reims attendait patiemment l’occasion de forcer la décision, les efforts consentis dans ce match pesant de plus en plus. Montpellier jetait ses dernières forces dans la bataille, mais rien n’y changeait, même un dernier tir rémois de Vrielynck dans les dernières secondes.
 
La séance de tirs aux buts allait donc désigner le vainqueur de ce match. Suite aux trois essais de chaque côté, les deux formations se retrouvaient encore à égalité après que Cahill et Hanes aient réussi leur tentative. Et sur la deuxième série, Vavra scorait, mais pas Cahill, voyant ainsi les Vipers remporter à l’arrachée un match haletant.
Malgré un départ raté, les Phénix avaient failli réussir un sacré coup à Végapolis et repartaient tout de même, de ce long déplacement, avec un point qui peut s’avérer important dans ce championnat homogène. Prochain rendez-vous pour François Dusseau et sa troupe, avec la réception à Bocquaine d’Amnéville pour un match qui promet d’être serré comme l’ont démontré les matchs amicaux (3-2 pour Amnéville et 1-0 pour Reims).

Montpellier - Reims 6-5 (4-0, 0-4, 1-1, 1-0).
Samedi 21 novembre 2009 à 19h30 à Végapolis. 1 048 spectateurs.
Arbitrage de Laurent Vaissiaire assisté de Yannick Moreau et Gabriel Pointel.
Pénalités : Montpellier 12' (4', 0', 8', 0'), Reims 16' (4', 4', 8', 0').
Évolution du score :
1-0 à 08'41" : Garcia (inf. num.)
2-0 à 09'15" : Garcia assisté de Åman et Agnel
3-0 à 13’14" : Åman
4-0 à 13'53" : Garcia assisté de Hanes et Boileau
4-1 à 21’33" : Rehor assisté de Martin-Whalen
4-2 à 24'13" : Cahill (inf. num.)
4-3 à 32'01" : J. Sabatier
4-4 à 34’50" : Lohou assisté de Savoie
4-5 à 45'43" : Cahill
5-5 à 46’23" : Hanes assisté de Boileau (sup. num.)