Rouen II - Asnières (Division 2, 7e journée)

Longtemps bloqué à zéro, le compteur des Rouennais aura retrouvé le week-end dernier une jolie touche plus souriante avec une probante victoire acquise à Toulouse dans l'antre des Bélougas, là où la saison dernière la route s'achevait au premier tour des play-offs. Une semaine plus tard, les jeunes Dragons retrouvaient leur rassurant glaçon de l'Ile Lacroix pour tenter de confirmer face à l'ogre d'Asnières. Avec trois des cinq meilleurs compteurs de la poule A de Division 2, inutile de préciser que l'artillerie francilienne fonctionne à plein régime avec 50 buts marqués en 6 rencontres avant la confrontation face aux Dragons.

Autant dire qu'un solide challenge attendait les joueurs de Julien Guimard. Néanmoins, à défaut de gravir l'Everest, les Seino-Marins ne resteront pas au pied de la montagne parisienne. Certes, à la sirène finale, le score semblait bien lourd à la défaveur des Dragons mais les Rouennais parviendront à contrarier cette solide équipe des Castors le temps de deux périodes. En effet, même si les affaires débutaient bien mal pour les locaux avec une ouverture du score rapide d'Émilien Rouyer alimenté par l'intenable Andrew Bonello (0-1 à 03'35"), les Rouennais montraient de l'envie afin d'éviter une discourtoise fessée. Loin de lâcher l'affaire à l'image de leur gardien Rodolphe Goëchon qui devait parer aux offensives des artilleurs de précisions parisiens, les Rouennais tenteront de mettre à profit le temps restant de la première période pour revenir au score. Certes, la réussite n'était pas au rendez-vous pour les Dragons, notamment au cours du seul avantage numérique rouennais de la première période où Mickaël Morgant se montrait particulièrement à l'aise dans son but (09'47"), mais quoiqu'il en soit à la fin de la première période les deux formations pouvaient encore espérer remporter la mise.

Malheureusement pour les Dragons, lorsque l'on a dans sa main une paire d'as tels que Rolands Vigners et Andrew Bonello et qu'au flop tombe un troisième as nommé Johan Mellander, difficile dans ces conditions de mettre en déroute un tel brelan. Les Rouennais l'apprendront à leurs dépens durant le tiers médian. En effet, alors que plusieurs possibilités de retour au score étaient proposées aux Rouennais, tantôt par maladresse, tantôt par « incandescence du gardien adverse », ils ne parviendront pas à compliquer la tâche aux Castors.

À force de jouer les vignerons en vendangeant les occasions, les Dragons laissaient le soin aux Parisiens de s'occuper de la récolte par Rolands Vigners (0-2 à 32'53") et Johan Mellander (0-3 à 37'53"). Désormais relégués à trois unités, les efforts consentis par les Rouennais jusqu'alors pesaient nettement plus dans leurs patins devenus de plomb. Point de miracles pour les Normands, le plomb ne se transformera pas en or et la rencontre finira par leur échapper définitivement. Finissant la période le visage rougi par l'effort, le Dragon regagnait le vestiaire le sourire crispé, l'oeil noir.

À la reprise, même si les Rouennais l'ignoraient encore, ils se préparaient à vivre un dernier tiers bien difficile. Pourtant, sur le banc, la flamme vivotait encore et l'espoir restait de mise même si le tableau d'affichage de la patinoire de l'Ile Lacroix restait mélancolique du coté des locaux. Tandis que le tout aussi talentueux que comédien Rolans Vigners continuait de choir au rythme d'illusoires bourrasques de vent, les Dragons tentaient de se donner du baume au coeur en se ruant sur la cage tenue par Mickaël Morgant. En avantage numérique, les Dragons ne parvenaient pas à transiger avec un portier parisien qui se montrera intraitable jusqu'à la sirène finale. Le dépit bien perceptible sur les visages rouennais, la rencontre leur échappera pour de bon au moment où leur capitaine rejoignait le banc des prisons (46'53").

Quelques secondes plus tard, les Franciliens, par l'intermédiaire de Johan Mellander, décrochaient la timbale (0-4 à 48'25"), avant de récidiver quelques minutes plus tard cette fois par Émilien Rouyer (0-5 à 51'13"), toujours en avantage numérique. Panique à bord, sauve qui peut, les femmes et les enfants d'abord, le navire rouennais semblait tout proche du naufrage. Bien dommage au regard de la première partie de match pleine de courage et d'enthousiasme des Dragons. Finalement, avant un temps mort salvateur, les Castors continuaient d'enfoncer la tête des Normands sous la glace par Franz Ehrhart (0-6 à 51'38"). 6-0, l'addition était lourde, très lourde, trop lourde pour des Rouennais qui auraient sans doute mérité moins large défaite face à une équipe d'Asnières solide et diablement efficace, à l'image de son violent premier trio.

 

Rouen - Asnières 0-6 (0-1, 0-2, 0-3).
Samedi 21 novembre 2009 à 16h30 à la patinoire de l'Île Lacroix. 173 spectateurs.
Arbitrage de Guillaume Gardiol assisté de Pascal Teliez.
Pénalités : Rouen 18' (4', 0', 4'+10'), Asnières 18' (2', 4’+10', 2').
Évolution du score :
0-1 à 03'35" : Rouyer assisté de Bonello et Vigners
0-2 à 32'53" : Vigners assisté de Orlowski et Bonello
0-3 à 37’53" : Mellander assisté de Bonello
0-4 à 48‘25" : Mellander assisté de Zilkie et Vigners (sup. num.)
0-5 à 51'13" : Rouyer assisté de Tourte et Vigners (sup. num.)
0-6 à 51‘38" : Ehrhart