Prometteuse relève pour l'équipe de France

L'équipe de France 20 ans pour le Mondial junior de division I à Saint-Gervais et Megève a été dévoilée cet après-midi. Et on peut déjà dire que la star de l'équipe sera... Philippe Bozon bien sûr, pour ses débuts officiels comme entraîneur. Mais sans accoler ce qualificatif à des joueurs encore jeunes, on peut noter quelques noms prometteurs parmi les sélectionnés.

Le premier qui vient à l'esprit, c'est évidemment Charles Bertrand. Cet attaquant formé à Viry avait d'abord tenté sa chance en Slovaquie à Trencin, et il y était le meilleur joueur de l'équipe U18, pourtant les places en U20 étaient curieusement réservées à des coéquipiers qui avaient la particularité d'être les fils de dirigeants du club... Il a donc quitté cet environnement népotiste et s'est tourné vers l'Autriche, puis vers la Finlande, où il explose littéralement cette saison. Il est actuellement le meilleur marqueur de la SM-liiga junior avec le Lukko Rauma, ce qui lui a valu d'être récemment classé n°6 parmi les joueurs évoluant en Finlande sur une liste prévisionnelle de la prochaine draft NHL.

Ils sont nombreux dans cette classe d'âge à être partis à l'étranger, fidèles aux conseils de leur coach puisque Philippe Bozon a lui-même toujours été un farouche partisan de l'expatriation. Il avait d'ailleurs contribué à attirer nombre de Français à Genève, où ils sont toujours. Eliot Berthon et Victor Barbero évoluent sur la première ligne de l'équipe junior du GSHC, tandis que leur camarade Pierrick Pivron a été intégré à l'équipe première comme treizième attaquant réserviste à certaines occasions. Blessé, l'aîné Pivron est revenu au jeu vendredi dernier avec les juniors.

Cette année, aucun membre de l'équipe de France n'évolue en Junior Majeur au Canada, par contre ils sont deux à être performants en Junior A. Timotey Perez - le fils de Denis Perez - est le meilleur marqueur de son équipe dans la Ligue du Québec (LHJAAAQ). Quant à Morgan Nicolas, originaire de Saint-Pierre-et-Miquelon, son parcours l'a logiquement conduit à quitter "le Caillou" pour aller jouer en voisin dans la ligue des (provinces) maritimes, plus précisément à Dieppe au Nouveau-Brunswick. Après une année d'apprentissage (12 points en 45 matches), il perce cette saison et compte 14 points en 19 matches, dont 3 à son dernier match dimanche.

Ces joueurs ont un point commun : ils sont tous attaquants. On le sait, la formation française est surtout déficiente en défense. Comme souvent, les lignes arrières comptent un joueur d'avant reconverti, ici l'Alsacien Julien Burgert.

Cependant, pas mal de joueurs évoluant en France bénéficient d'un contexte favorable. À quelque chose, malheur est bon : c'est ainsi que les soucis financiers des Brûleurs de Loups ont permis que les nombreux Grenoblois aient du bon temps de jeu cette saison en senior, y compris le gardien Sébastien Raibon qui a joué en Coupe de la ligue. Un bémol pour Jason Crossman qui n'est revenu de blessure que la semaine dernière.

En fait, de Mathieu André à Nicolas Ritz, presque tous les attaquants évoluant en France ont joué "pour de vrai" en Ligue Magnus, ce qui est inédit pour une équipe de France 20 ans. Même les Amiénois, qui n'étaient pas titulaires à la base, ont bénéficié des circonstances, comme le centre Valentin Claireaux qui a été forcé de prendre des responsabilités avec la blessure d'Anthony Mortas. Et comme chacun connaît les soucis de la défense amiénoise, c'est encore plus vrai de Romain Bault qui aura appris pendant ces longues semaines.

Avec trois joueurs 92 (Baazi, Berthon, Ritz), c'est une équipe de France junior intéressante, qui peut voir loin. Maintenant, il ne faut pas rêver : l'Allemagne est de loin la favorite emmenée par Tom Kühnhackl, le fils du joueur allemand du siècle Erich Kühnhackl qui pourrait être... le celui du nouveau siècle. Il n'a encore que 17 ans mais il est déjà presque aussi grand que son père (qui culminait au-dessus de tous les joueurs de son époque à 190 cm) et il dépasse donc de loin en taille tous les joueurs français.

Quant au Danemark, les "90" sont sa génération creuse : en U18 il y a deux ans, il s'était d'ailleurs fait écraser en élite. Mais n'était-ce pas déjà un bon apprentissage, pendant que la France se baladait... deux divisions plus bas ?

Même si battre les Allemands serait un exploit, la France doit se placer sur le podium. Mais attention : la défaite en amical contre la Slovénie (voir matches internationaux U20) l'a avertie que rien ne serait facile.

Gardiens : Clément Fouquerel (Caen), Sébastien Raibon (Grenoble).

Défenseurs : Aziz Baazi** (Strasbourg), Romain Bault (Amiens), Julien Burgert* (Strasbourg), Jason Crossman (Grenoble), Kévin Dusseau* (Reims), Maxime Moisand (Grenoble), Victor Vitton Mea* (Villard-de-Lans).

Attaquants : Mathieu André (Gap), Nicolas Arrossamena (Grenoble), Victor Barbero* (Genève-Servette, SUI), Eliot Berthon** (Genève-Servette, SUI), Charles Bertrand* (Lukko Rauma, FIN), Jonathan Boehrer (Amiens), Valentin Claireaux* (Amiens), Robin Gaborit* (Mont-Blanc), Morgan Nicolas (Dieppe, CAN jr A), Raphaël Papa (Grenoble), Timotey Perez (Joliette, CAN jr A), Pierrick Pivron (Genève-Servette, SUI), Nicolas Ritz** (Dijon).

Remplaçants : Sébastien Ylönen* (G, Amiens), Arthur Cocar* (D, Mont-Blanc), Charlie Doyle* (D, Angers), Arthur Guinche* (D, Genève-Servette, SUI), Loup Benoît* (A, Grenoble), Maxime Brachet (A, South Shore, USA), Josselin Besson (A, Mont-Blanc), Kévin Hamon (A, Amiens), Antoine Vanwormhoudt* (A, Genève-Servette, SUI), Lucas Orts* (A, Villard-de-Lans).

* joueurs nés en 1991 (encore un an dans la catégorie)
** joueurs nés en 1992 (encore deux ans dans la catégorie)