La suspension de Jean Tarenberque fait débat

La Ligue Ile-de-France est actuellement bouleversée par les conséquences d'une décision de la Commission de Discipline, qui a suspendu un licencié pendant un an pour incorrection envers un officiel (en l'occurrence envers l'arbitre Stéphane Péronnin). Il faut dire que l'identité du suspendu a de quoi étonner : il n'a rien a priori d'un chasseur de zèbre impénitent ou d'un jeune énervé... puisqu'il s'agit de l'ancien arbitre Jean Tarenberque, âgé de 80 ans, et lui-même président de la Commission Régionale d'Arbitrage dans la région IDF !

Patrick Joly, qui effectue de nombreuses missions d'organisation pour la ligue, a démissionné de toute mission mercredi soir, "dans l'attente de la suite de cette affaire", en se déclarant solidaire avec Jean Tarenberque. Ses collègues ont aussi été nombreux à lui afficher son soutien.

Nous avons profité d'un entretien avec le principal intéressé pour lui demander de donner sa version des faits.

"C'était à un match espoir Reims-Viry [NDLR pour comprendre le contexte : le petit-fils de M. Tarenberque joue dans l'équipe espoir de Viry]. Le match avait lieu à la patinoire Barot, et non à Bocquaine. Je suis arrivé à la fin du premier tiers, juste avant un tir de pénalité que l'arbitre a accordé en dépit des règles. À la pause, je me suis dirigé vers le vestiaire des arbitres, comme souvent. La porte du vestiaire était encombrée par du public, j'ai eu du mal à me faire une place pour entrer. L'arbitre m'a dit 'casse-toi de là' et je n'ai pas apprécié que l'on me parle ainsi en public. Je me suis emporté et j'ai répliqué avec des paroles de la même teneur."

"J'ai appris qu'il avait fait un rapport sur moi et que j'étais renvoyé en commission de discipline. Cette dernière n'est pas composée de membres du hockey, il y a des gens venus du basket et de l'athlétisme. Elle m'a suspendu un an, une sanction que je trouve lourde en comparaison à des faits similaires puisqu'il ne s'agissait que de mots, alors qu'il existe des dossiers de violence physique qui se sont finis au commissariat. J'ai fait appel et je vais me porter devant le CNOSF."

"En ce qui me concerne, vous savez, mon avenir est derrière moi. Mais je pense que tout cela est peut-être un mal pour un bien, puisque l'on réclamait justement des superviseurs dans toutes les catégories. Cela provoque une réflexion sur le système de tutorat que l'on a mis en place en Ile-de-France et cela permettra peut-être qu'on s'occupe du dossier de l'arbitrage."

On notera que les cas de suspension de personnalités pour des incorrections avec les officiels se multiplient. L'entraîneur villardien Stéphane Barin vient de prendre un match ferme, et le président d'Évry, Sylvain Devaux, 2 matchs fermes + 2 avec sursis. Ces deux sanctions ont été directement prises par la Commission d'Infraction aux Règles du Jeu (CIRJ), sans renvoi à la Commission de discipline comme pour les affaires les plus lourdes comme le cas Jean Tarenberque.