Choix radicaux à Cologne

Après onze défaites en treize matchs, Cologne s'est enfoncé dans une crise semblable à celle de l'an passé. Le KEC a donc entrepris aujourd'hui une véritable révolution en virant tout le staff sportif pour mettre en poste un personnage pour le moins très controversé.

Il faut dire que Kévin Hecquefeuille et ses collègues ont vécu hier soir un calvaire, qui n'a d'égal que celui du club où avait failli jouer Hecquefeuille - les Brûleurs de Loups de Grenoble - au même moment au Haras.

HanovreCologne recevait les Scorpions de Hanovre, un club qui était mal en point financièrement cet été, mais qui a obtenu l'aide de ses sponsors pour engager la semaine dernière l'expérimenté gardien Travis Scott. Le Canadien a été accueilli par une bordée de sifflets dans une Kölnarena qui le vénérait pourtant quand il portait les couleurs du club local (il était parti en plein milieu de la saison pour un contrat lucratif à Magnitogorsk). Et le moins qu'on puisse dire est que son retour s'est mal passé, puisqu'il s'est fait sortir après la première période (4-1) au profit de son collègue hongrois Levente Szuper.

Le score est ensuite passé à 5-1 et est resté figé ainsi jusqu'à onze minutes de la fin. À cet instant, les 9081 spectateurs imaginaient que leurs protégés étaient enfin sortis de l'ornière face à un concurrent direct au classement (12e contre 13e). Et puis... le désastre. Un but visiteur après l'autre, les Haie tremblaient comme des feuilles. Hanovre sortait son gardien, et Chris Herperger égalisait à 32 secondes de la fin, avant de marquer le but vainqueur en prolongation (5-6).

L'équipe entraînée par Hans Zach venait de porter le coup fatal à Cologne. Oui, Zach, qui incarnait un temps où le KEC était au moins un club stable sportivement, à défaut d'être enthousiasmant. Maintenant, après avoir encaissé 20 buts en 3 rencontres, il vient d'engager son cinquième entraîneur différent en quinze mois !

CologneIgor Pavlov a en effet été démis de ses fonctions, avec son adjoint Rupert Meister. Dans le même temps, les fonctions de directeur sportif ont été retirées à Rodion Pauels, qui continuera de s'occuper du hockey mineur (il est licencié au club depuis 1973...). Dans tout le domaine sportif, ce sont donc des choix radicaux qui ont été menés par le duo composé par Heinz Hermann Göttsch (le proprio) et... Ralf Pape. Oui, le représentant de la holding d'investisseurs constituée cet été pour sauver Cologne est bien l'ex-patron de Duisburg qui y avait ruiné tant d'entraîneurs et de joueurs pendant trois ans de crise ininterrompue !

Bill Stewart, la controverse incarnée

Le nom du nouvel entraîneur va faire du grabuge : Bill Stewart. À sa première saison en Allemagne, en 2000/01, il était certes devenu champion avec Mannheim. Il avait alors reçu des louanges pour sa capacité à décortiquer le jeu et les joueurs chez ses adversaires, mais il a ensuite accumulé les polémiques pour son comportement bouillant, allant jusqu'à claquer la porte des Adler en cours de championnat parce qu'on avait refusé de prolonger son contrat. Il a ensuite provoqué le scandale à Lausanne l'année de la relégation (colères mythiques avec maniement de couteau ou bris d'objets, message d'alerte contre l'adversaire placardée sur le vestiaire des arbitres) puis en Autriche lors d'un nouveau départ tumultueux (voir anecdotes de novembre 2006).

La suite de la saison promet donc d'être animée au KEC, surtout que le nouvel adjoint n'est pas un tendre non plus : Niklas Sundblad avait la réputation d'être une vraie peste sur la glace. Ce Suédois faisait partie de la dernière équipe de Cologne championne en 2002 - une éternité - sous la conduite d'un simple coach intérimaire nommé Rich Chernomaz. Entre-temps, ce Chernomaz est devenu sportivement tout puissant au sein de l'ancien club turbulent de Francfort, aujourd'hui leader de la DEL, et Cologne a connu quatre années d'hibernation avec Zach puis deux ans et demi de chute vertigineuse...