Dunkerque - Nantes (Division 2, 9e journée)

Tomas KukuckaDuel entre Corsaires

Avec deux maigres succès face à leurs poursuivants immédiats, les Corsaires de Nantes présentent un bilan déficitaire à l'approche de la mi-saison. Le calendrier des semaines à venir, qui inclut un déplacement capital à Rouen, s'annonce rude. Il s'initie par une visite sur les bords de la Mer du Nord, une fois de plus sans Philippe Bastarache, suspendu à la suite d'une altercation en fin de rencontre face à Clermont, où il avait pourtant réussi à s'illustrer autrement.

Du côté des autres Corsaires, ceux de Dunkerque, la victoire étriquée à Champigny a laissé des traces. Touché au genou en début de rencontre, Bram DeBacker fut contraint de laisser sa cage à son jeune compatriote Arthur Legrand, et doit attendre début 2010 pour retrouver sa place. Le Wallon n'a pas le temps de gamberger qu'arrive le premier jeu de puissance nantais. À la renverse sur le tir de Tomas Kukucka, il est suppléé sur la ligne par un de ses défenseurs. L'entame difficile des bleus se confirme au retour à cinq, la deuxième salve étant la bonne pour l'ancien Romeufontain, servi de près par Jérémie Paradis, vainqueur d'une rude lutte dans le coin droit (0-1 à 04'48").

Le Slovaque est toutefois puni pour avoir accroché N'Guyen sur une mise au jeu, occasion mise à profit par Dunkerque pour inquiéter Florent Robin, jusque là à l'oeuvre sur des lancers lointains. Clément Thomas se montre plus dangereux, d'un essai vers la lucarne, tout comme Loïc Destoop, auteur d'un slalom repoussé sur Ghislain Folcke. Ce dernier égalise dans la confusion d'un trafic dense, provoquant les vives et vaines protestations de Dogemont et Devèze (1-1 à 08'35"). La suite est tout aussi malheureuse car, sitôt l'engagement effectué, un Nantais trébuche en zone neutre et demeure étendu sur la glace lorsque Zajac redirige un lancer initial de Barthélémy Cousein (2-1 à 08'51").

Secoués, les blancs et bleus semblent sur le point de perdre le bénéfice de leur bonne entame. Leur capitaine perd ainsi la rondelle en territoire critique face à la première ligne locale, mais une absence défensive permet à Yohann Bidet d'aller défier Legrand en solitaire (2-2 à 09'39").

Les dix premières minutes indécises et prometteuses laissent vite la place à une cascade de pénalités, dont deux pour le seul Fortin, exclu lors de sa dernière visite à Michel-Raffoux. Au milieu des coups de sifflet, les Nordistes montent en puissance, encore par Thomas, qui force le passage sur la droite, contourne le but et cherche en vain le trou de souris, Rozenthal, et Louf, qui contrôle et lance puissamment vers une cage alors bien gardée par Robin.

Un nouvel accrochage sur une mise au jeu, de Serra, permet à Dubois, d'un lancer que le gardien ne peut que détourner, d'offrir un premier avantage aux siens (3-2 à 16'42")... pour treize secondes, le temps d'oublier le réaliste Kukucka, isolé par Bergeron au second poteau (3-3 à 16'55"). La rencontre s'anime un peu en fin de tiers grâce à Yohann Bidet, auteur d'un tir croisé sur le poteau droit... et d'une nouvelle faute, qui relance Dunkerque.

Le temps de se régler, à l'image de Camille Argiolas à la recherche de son gant sur le banc visiteur, le jeu de puissance des maritimes parvient à ses fins sur un palet porté depuis sa cage par François Rozenthal et confié à Karl Dewolf, qui l'expédie au fond dans un angle peu évident (4-3 à 20'47"). Dunkerque confirme enfin sa supériorité présumée, creusant l'écart par un enchaînement rapide dès la mise au jeu remportée par Arnaud Péan, intégré au troisième bloc (5-3 à 21'24"). Plus engagés, les équipiers de Grégory Dubois sont également moins inquiétés par les joueurs du bord de l'Erdre, aux sorties de zone moins inspirées. Au cours des dix premières minutes du tiers central, seul Marcos parvient en effet à inquiéter Arthur Legrand, à l'oeuvre du gant.

L'inflation de fautes coupe également les jambes des visiteurs, sauvés par leur dernier rempart sur un face à face avec Arnaud Péan. La malchance ou la maladresse nordiste épargnent le préposé au tableau d'affichage, déjà bien occupé par les prisons à répétition. Suite à un nouvel accrochage, entre Folcke et Devèze, le slap de Dewolf n'est pas exploité par N'Guyen devant une cage ouverte, tandis que Loïc Destoop touche à son tour le métal. Un nouveau duel avec Devèze permet à Ghislain Folcke de dépasser l'ancien Angevin pour butter dans le dernier geste, comme Cousein auparavant.

Certes privé de Dany Fortin pour dix minutes, Nantes fait preuve d'un tout autre réalisme sur les unités spéciales, car les décisions arbitrales changent soudain de cible. Tout aussi présent en infériorité, Ghislain Folcke a l'occasion de se remémorer sa position de défenseur, écartant par deux plongeons la menace présentée par Tomas Kukucka, qui rate la cage sur un rebond. Mais le Slovaque se rachète sur un double avantage numérique, d'un lancer frappé dans le casque de Legrand, qui laisse le portier sans réaction, au contraire de Thomas Paradis (5-4 à 39'52").

La charge de Dewolf à la sirène offre une bonne opportunité aux blancs d'entamer la dernière période en position de force. L'efficacité de Jérémie Paradis, à la réception d'une passe clairvoyante de Claude Devèze, est dans cette situation très précieuse (5-5 à 41'18"). Karl Dewolf a juste le temps de regagner la glace qu'une montée de Thomas Paradis est convertie par Kévin Savin, qui prend le temps de contrôler le disque pour l'expédier dans le petit filet opposé (5-6 à 42'02").

Désormais difficiles à contourner devant leur cage, protégée par des sorties sans panique de Thomas Paradis ou Nicolas Blum, et solides dans la zone neutre, les Nantais se détachent sur un lancer soudain à mi hauteur de Tomas Kukucka, qui s'offre le triplé (5-7 à 46'21"), le quadruplé restant hypothétique à cause d'un sauvetage in extremis d'Arthur Legrand.

Revenus de nulle part

thomasclementUn retour nordiste semble relever de l'utopie, étant donné le nombre important de lancers hors cadre et le jeu de Florent Robin, à ce moment avare de rebonds derrière une formation enthousiaste et bien en place. Le temps mort, succédant à un échec de François Rozenthal, débouche même sur une longue passe de Dogemont, vers Yohann Bidet, vainqueur de son duel avec un dernier rempart laissé à lui-même (5-8 à 56'41").

Un but "normalement" synonyme de victoire. À l'image de Dewolf, les Dunkerquois campent dans la zone offensive, en quête de miracle. En se portant sans transition vers la cage, Loïc Destoop parvient ainsi à garder l'espoir, surprenant Robin d'un tir appuyé (6-8 à 57'10"). Jérémie Paradis s'illustre désormais dans le repli, pour contrer Grégory Dubois, François Rozenthal, malgré une accélération pour contourner la défense, ne parvenant toujours pas à ouvrir son compteur, du revers. Toutefois, les Dunkerquois ayant ce soir au moins une vertu, celle de ne pas abdiquer, les deux protagonistes reviennent sitôt à la charge, l'ailier nordiste transformant un palet remis devant la cage par son capitaine (7-8 à 59'30"). Claude Devèze, harcelé, ne pouvant écarter bien loin un palet devenu insaisissable, l'inimaginable se produit grâce à Clément Thomas, d'un lancer de l'entrée de la zone. Florent Robin, se plaignant d'une trop grande densité devant son but, ne peut que constater les dégâts et passer ses nerfs sur la barre transversale (8-8 à 59'51").

Le public, passé par tous les états d'âme, explose de joie en voyant ses protégés recoller en vingt-et-une secondes. Plus tôt, les bleus avaient inscrit leurs premier et deuxième buts en seize secondes, puis leurs quatrième et cinquième en trente-sept secondes. Un scénario totalement décousu, où les Nantais ont à deux reprises égalisé quelques secondes après avoir encaissé un but. Le point épargné est pour eux un moindre mal.

Karl Dewolf maugréera certainement sur ce résultat devenu inespéré et peu rassurant à une semaine de la périlleuse réception de Lyon. Sans Arthur Legrand, appelé à défendre les couleurs belges aux Mondiaux U20 en Estonie...

 

Commentaires d'après-match

Karl Dewolf (entraîneur-joueur de Dunkerque) : "Les joueurs ne répondent pas aux attentes, d'où les changements de ligne. Pour avancer, des entretiens individuels auront lieu cette semaine. Je ne suis pas satisfait d'au moins 40 % de l'effectif. Nantes n'est peut-être pas plus talentueux mais a montré de l'envie, s'est battu du début à la fin. Il fallait s'y attendre et être présent, attentif. Beaucoup d'erreurs individuelles ont coupé les jambes de l'équipe. Le seul point positif est que l'on a su se battre jusqu'au bout. Ce nul n'est pas une satisfaction. Contre Lyon, nous aurons des soucis de gardien car Arthur Legrand part aux championnats du monde avec la Belgique. J'espère qu'il continuera à progresser là-bas. Grégory Renaux pourrait donc être aligné dans les buts ; il faudra réfléchir à notre façon de jouer, avec un gros travail défensif en perspective."

Hubert Dogemont (attaquant de Nantes) : "Ce n'est pas normal, et même frustrant de se faire remonter. Je suis toutefois content car la période n'est pas facile, après le gros match fourni contre Lyon, et c'est un gros point. Ce n'est pas un manque d'expérience, car les gros joueurs ont évolué sur la fin. Il faut toutefois se servir de ces deux matchs comme des références. Jusqu'ici l'équipe a perdu des points bêtement en jouant mal, sans montrer son vrai visage. Il faut continuer sur cette lancée, pour entamer une série."

 

Hubert DogemontDunkerque - Nantes 8-8 (3-3, 2-1, 3-4).
Samedi 5 décembre 2009 à 18h45 à la patinoire Michel Raffoux. 732 spectateurs.
Arbitrage de Christian Maltaverne et Christophe Picard.
Pénalités : Dunkerque 22' (6', 14', 2'), Nantes 30' (10', 8'+10‘, 2').
Évolution du score :
0-1 à 04'48" : Kukucka assisté de Devèze et J. Paradis
1-1 à 08'35" : Folcke, sup. num.
2-1 à 08'51" : Zajac assisté de Cousein
2-2 à 09'39" : Bidet assisté de Serra
3-2 à 16'42" : Dubois assisté de Dewolf (sup. num.)
3-3 à 16'55" : Kukucka assisté de Bergeron
4-3 à 20'47" : Dewolf assisté de Rozenthal (sup. num.)
5-3 à 21'24" : Péan
5-4 à 39'52" : T. Paradis assisté de J. Paradis et Kukucka (double sup. num.)
5-5 à 41'18" : J. Paradis assisté de Devèze et Kukucka (double sup. num.)
5-6 à 42'02" : Savin assisté de T. Paradis
5-7 à 46'21" : Kukucka assisté de J. Paradis
5-8 à 56'41" : Bidet assisté de Dogemont
6-8 à 57'10" : Destoop assisté d'Argiolas
7-8 à 59'30" : Rozenthal assisté de Dubois
8-8 à 59'51" : Thomas

 

Dunkerque

Gardien : Arthur Legrand (sorti de 59'14" à 59'30" et de 59'36" à 59'51").

Défenseurs : Grégory Dubois (C) - Benjamin Denis ; Karl Dewolf - Clément Derepper ; Benjamin Louf - Olivier Batardière.

Attaquants : Clément Thomas - Benjamin N’Guyen (A) - François Rozenthal (A) ; Loïc Destoop - Camille Argiolas - Ghislain Folcke ; Barthélémy Cousein [Eichenholc à 40'00"] - Arnaud Péan - Aurélien Zajac ; Christophe Eichenholc.

Remplaçants : Grégory Renaux (G), Sébastien Maison. Absent : Bram De Backer (blessé au genou).

Nantes

Gardien : Florent Robin.

Défenseurs : Romain Rulleau - Dany Fortin ; Nicolas Blum - Thomas Paradis ; Bertrand Bergeron.

Attaquants : Tomas Kukucka - Jérémie Paradis - Claude Devèze ; Martin Serra - Hubert Dogemont (C) - Yohann Bidet (A) ; Charley Marcos - Kévin Savin - Anthony Cavalon (A).

Remplaçant : Martin Léonard (G). Absents : Philippe Bastarache (suspendu), Mick Joyeux (blessé), Emmanuel Colliot.