Bordeaux - Avignon (Division 1, 12e journée)

Ce match revêt un caractère désormais primordial pour les Boxers de Bordeaux. À la vue des résultats de la veille, voilà les Girondins collés à une peu reluisante  onzième place. Il est donc impératif pour eux de s'imposer et ce pour plusieurs raisons : tout d'abord pour garder leur invincibilité à domicile ; ensuite pour se rassurer avant de terminer l'année avec deux déplacements très délicats (à Mulhouse puis à Brest) et enfin, donc, pour se replacer au classement. Bien entendu, leur adversaire n'est pas venu faire du tourisme avant les fêtes de fin d'année. Ils restent sur une série de trois victoires consécutives et ont désormais rejoints leurs adversaires du jour au classement. Dès lors, ce match permettra au vainqueur d'aborder sereinement la fin d'année.

Pour Bordeaux, l'infirmerie ne désemplit guère. Nicolas Courally (hernie) et Cyril Lambert (déchirure à la cuisse) seront absents jusqu'en janvier alors que Jill Cauly les a provisoirement rejoints, malade. Côté Avignonnais, pas d'absents à noter mais les deux équipes devront faire sans certains jeunes puisque les deux équipes espoirs jouent en même temps. Ainsi, les Boxers devront se contenter de deux lignes complètes en attaque, la troisième étant complétée par un centre tournant (Lassalle ou Horrut).

2009-12-06-Bordeaux-Avignon-001Comme à leur habitude lorsqu'ils évoluent à domicile, les Boxers démarrent pied au plancher et mettent d'entrée la pression sur la cage de Scanff. Les deux premières lignes s'installent dans la zone offensive et adressent quelques lancers sans danger mais qui permettent de faire tourner tout en restant dans la bonne partie de la patinoire. Et c'est à la troisième ligne que revient l'honneur d'ouvrir la marque. Lassalle gratte un palet derrière le but avignonnais, glisse à Mariage qui en repiquant vers la cage remet au centre à son compère Cadren qui, du revers, glisse le palet sous le bras de Scanff (1-0, 01'53").

Avignon tente de réagir aussitôt par l'intermédiaire de sa première ligne mais le tir de l'artificier Lauzon finit sa course dans la mitaine de Burnet. La première pénalité est appelée dans la foulée pour un faire trébucher de Jordane Fazende. Vingt secondes plus tard, Grenier, en rotation sur lui-même, envoie un petit palet vicieux que le portier adverse capte en deux temps. Mais ça n'est que partie remise pour les locaux. Grenier et Majercak s'échangent le palet à la bleue pendant que les avants mettent du trafic devant le but. Lassalle est désormais esseulé sur la droite du but, Grenier le voit, et la reprise du centre bordelais fait mouche (2-0, 04'16").

Les Bordelais ont fait le break mais ne se relâchent pas pour autant. C'est leur indiscipline qui va leur valoir de se faire quelques frayeurs. Une perte de palet à la neutre contraint Lassalle à la faute. Craignant que son vis-à-vis ne parte en break, l'attaquant bordelais le crochète alors que, pour une fois, les Boxers étaient quatre à défendre contre deux attaquants. La situation se corse un peu plus lorsque Mariage le rejoint sur le banc de la prison pour un cinglage réclamant un microscope pour être décelé ! Ni les tirs de la bleue de Bernier et Hennebert, ni les tentatives de près de Lauzon ne font vaciller un Burnet qui repousse tout. On manque même d'assister au troisième but lorsque Scanff relance directement dans la palette de Cadren qui manque ce coup-ci son face-à-face, et quand à la fin de la pénalité Larrieu aperçoit Mariage qui sort et lui glisse la rondelle. Celui-ci réussit son traditionnel crochet mais échoue, traditionnellement aussi d'ailleurs, au moment de conclure, sur un Scanff qui a bien suivi.

La suite du tiers tend à s'équilibrer. Le rythme est quelque peu retombé, mais les contacts physiques sont toujours présents, notamment lorsque Cyril Boubé effectue une tonitruantre mise en échec sur Kumeliauskas qui mettra quelques secondes pour repatiner droit... Les Boxers semblent gérer mais se décident finalement à repasser à l'attaque. Horrut effectue un joli travail dans le coin et sert Cadren au centre dont la reprise trouve un portier adverse désormais dans son match. Une fois de plus, c'est l'indiscipline qui remet les Boxers dans l'embarras : Grenier, pris de vitesse par Lauzon est contraint de commettre la faute. Et pour la seconde fois, la situation s'aggrave lorsque Boubé le rejoint pour un accrocher pour le moins discutable. Les locaux font le dos rond et laisse passer l'orage. Pour autant, la foudre aurait bien pu s'abattre quelques fois sur leurs têtes, notamment lorsque Lauzon plonge pour reprendre une passe diagonale de Couturier, mais sa reprise flirte avec le cadre sans le trouver. La première période se termine sur ce double avantage en faveur des Bordelais mais on ne sait que trop bien que leurs deuxièmes tiers sont toujours délicats. Ils auraient pu tuer le match sur l'erreur de Scanff à la neuvième minute, mais n'en ayant pas profité, ils restent à la portée de leurs adversaires.

Couturier, le retour sur un patin !

Ce match est également placé sous le signe des retrouvailles. Tout d'abord pour Alexandre Carignan, dont l'image reste associée à celle de son brillant duo avec Carl Lauzon, qui retrouve donc ses anciens coéquipiers. Mais cela l'est tout autant pour Maxime Couturier. Le jeune Québécois, deuxième pointeur de LHJAQ la saison dernière, avait signé son premier contrat en France avec les Boxers. Une semaine après son arrivée, il se blesse lors de la confrontation amicale contre Montpellier. Une déchirure à l'adducteur lui est alors diagnostiquée. Peut-être trop pressé de démontrer ses qualités, il reprend l'entraînement avant la fin de sa convalescence. Très vite, il ressent une douleur plus vive. Le médecin fédéral lui diagnostique alors un arrêt de plusieurs mois. Privés de son unique renfort, le club des Boxers trouvent un terrain d'entente pour envoyer le jeune Couturier se soigner chez lui. Lui qui rêvait de France, voilà qu'il n'aura pas eu de chance dans son expérience bordelaise.

2009-12-06-Bordeaux-Avignon-002Heureusement pour Couturier, il trouve une seconde chance puisqu'Avignon l'embauche avant la date limite des transferts. Pour son retour sur la glace bordelaise, il a pu enfin démontrer ses qualités de patinage et de passes. Au retour du vestiaire pour le second vingt, le toujours souriant Maxime croise son ancien coach. Il se penche alors pour lui serrer la main et en faisant cela, il casse sa lame ! Sur le coup, Couturier devient vraiment le maudit de Mériadeck. L'équipe du Vaucluse ne pourra recevoir d'aide des locaux, ceux-ci étant aussi dépourvus qu'eux en matériel de rechange. Du coup, il faudra bricoler pour que la lame tienne un peu, au moins pour les phases de supériorité où le rapide Québécois se devra de rester… le plus statique possible !

La première mise en jeu est remportée par les Castors et Favret lance la première offensive, il trouve Kumeliauskas qui propulse la rondelle dans la lucarne d'un Burnet médusé (2-1, 20'19"). On savait les Boxers friables dans le deuxième tiers, mais de là à en prendre un d'entrée, on se dit que les vingt prochaines minutes vont être délicates à gérer. Il faudra d'ailleurs attendre plus de trois minutes pour voir les Bordelais réagir par l'intermédiaire de Lafrancesca. Larrieu en fera de même en obligeant Ruel à commettre une obstruction pour l'empêcher de jouer le rebond concédé par Scanff. Cet avantage permet aux locaux de retrouver leurs marques, sans concrétiser. Larrieu est bien près d'y arriver suite à une percée de Carignan, mais sa reprise finit dans le plastron du gardien. L'action la plus dangereuse sera finalement l'œuvre d'Horrut lorsque son lancer trouvera la transversale adverse !

Très vite, Avignon reprend la mainmise sur la partie. Fazende profite d'un mauvais changement de ligne bordelais pour s'offrir un face-à-face avec Burnet. Mais l'attaquant avignonnais prend une drôle de décision en tentant une sorte de petit lob qui finit sa course au-dessus du but. L'action suivante est également gâchée par les "queues plates". Burnet concède un rebond, très capricieux, que ni Grenier, ni Carignan ne parviennent à écarter… Le palet arrive droit sur Kumeliauskas qui perd l'équilibre au moment d'armer ! Les deux équipes proposent un jeu porté sur l'attaque et les Bordelais croient profiter d'une nouvelle supériorité lorsque Hennebert crochète un attaquant adverse. Mais celle-ci ne durera que… cinq secondes ! L'arbitre signale en effet une obstruction de Xabi Lassalle… sur la mise en jeu. Il faudra quand même m'expliquer un jour la raison d'être de ce genre de "faute" ! Comment un joueur, jambes écartées, dont l'objectif est de "bouffer" le palet face à un gars situé à plus ou moins 2 millimètres de lui pourrait subitement disparaître pour laisser un boulevard au joueur d'en face ? Parce que là, il ne s'agit pas d'un plaquage, ni même de bras tendus pour empêcher l'adversaire de passer... Enfin bref, les règles du jeu laissent libre cours à l'interprétation, encore heureux (!), et l'arbitre a tranché.

S'ensuit une belle partie de quatre contre quatre. Avec deux équipes au jeu ouvert, et qui ont la volonté d'aller de l'avant, cela peut aller très vite ! Les Avignonnais sont les premiers en place, Bernier tente alors sa chance de loin. Les Boxers se dégagent en étant sur les genoux et permettent à Lafrancesca de filer seul au but. Son tir puissant heurte l'épaule gauche de Scanff ! Carignan capte le rebond et tire lui aussi en force, mais sa tentative heurte l'épaule, droite ce coup-ci, du gardien ! Le palet est freiné, voltige dans les airs et retombe derrière Scanff qui se couche pour empêcher le puck de glisser derrière la ligne de but ! Ce coup-ci réveille bien les Boxers mais ni la tentative de loin de Pérez, ni celle, plus rapprochée, de Larrieu ne prennent en défaut le gardien avignonnais.

Et pour poursuivre le tiers, rien de tel qu'une nouvelle double supériorité pour les Castors. Majercak se rend coupable d'une charge irrégulière alors que Grenier le rejoint trente secondes plus tard pour une crosse haute. Sept fautes, trois doubles supériorités, voilà un bon ratio dont les visiteurs finissent par profiter. Couturier, toujours sur une lame et demie, campe derrière le but bordelais. Il reçoit le palet de Bernier et lui remet instantanément à la bleue. Sans contrôle, celui-ci remet à Carl Lauzon, collé au poteau gauche, qui met le puck au fond (2-2, 37'05"). Voilà les Castors à égalité avec leurs hôtes. La situation ne s'arrange pas plus pour les Boxers puisque Pérez va à son tour en prison alors que le juge de ligne était en train de signaler aux Castors qu'ils n'étaient pas moins de sept joueurs de champ sur la glace !

La dernière période commence par vingt secondes de supériorité avignonnaise et un coup de bluff réussi. En effet, lorsque l'avantage numérique se termine, les Castors tentent une relance rapide qui finit en dégagement interdit. Selon la nouvelle règle, on repart dans la zone défensive des fautifs et avec les mêmes joueurs. Sauf que là, y'a un petit Couturier, alias "une lame et demie", qui change en disant à l'arbitre qu'il vient de casser sa "tabernack" de lame ! Bon, vu le caractère maudit déjà expliqué plus haut, on pardonnera ce coup de bluff réussi ! Mais finalement, cela ne réussira pas à Avignon. Neuf secondes après l'engagement, Lafrancesca propulse le puck dans les filets (3-2, 40'40").

Ce coup-ci, ce sont les Boxers qui démarrent fort. Une minute plus tard, Larrieu perfore la défense et adresse une jolie passe à Lassalle, décalé, dont la reprise du revers heurte le montant de Scanff. La pression ne se relâche pas sur le but visiteur et lorsque les Castors tentent de sortir, ils le payent cash ! Lassalle s'échappe, il passe à Larrieu, bien décalé sur la gauche. Celui-ci, plutôt que de tenter sa chance dans ce qui est pourtant sa position favorite, remet aussitôt au centre. L'unique défenseur encore présent est pris de vitesse, tout comme Scanff qui en est encore à surveiller Larrieu. Lassalle inscrit donc le but qui semble sceller la partie (4-2, 43'56").

Quelques minutes plus tard, Patrick Pommier, le vieux briscard, n'apprécie guère d'avoir été lourdement chargé et se venge d'un petit coup de crosse à son adversaire. Même si l'action se situe loin du palet, l'arbitre avait laissé traîner son œil et intercepte le geste. Pommier est vite rejoint par Bernier qui s'est rendu coupable d'une charge incorrecte sur un Majercak qui a bien joué le coup. Les Boxers n'en profitent pas.

Avignon a changé sa tactique de jeu, envoyant deux hommes effectuer un pressing haut. Mais Bordeaux, avec des experts de la sortie de zone comme Grenier ou Majercak, ne se laisse pas piéger et conserve la maîtrise du jeu sans grosses frayeurs. Il y aura bien quelques tentatives. C'est tout d'abord Kumeliauskas dont le superbe tir excentré qui prend la direction de la lucarne. Malheureusement, pour lui, la mitaine avaleuse de palet de Burnet semble avoir refait surface et le portier bordelais effectue un arrêt de grande classe. La seconde est un une-deux entre Damien Ribourg et encore Kumeliauskas, mais lorsque le premier nommé reçoit le palet, il est trop près du but et son tir n'a aucun angle et finit dans Burnet.

Le dernier tournant du match intervient à une minute et demie du terme lorsque le jeune Decarroz commet un cinglage, obligeant son équipe à terminer le match en infériorité et empêchant toute sortie du gardien. Trente secondes plus tard, la délivrance bordelaise est signée. Le palet circule et on s'attend à un missile de Majercak, très en verve ce soir, mais il décide finalement de passer à Grenier sur la droite du but, ce dernier exécutant à bout portant le gardien (5-2, 59'00"). Le match est joué mais Avignon jette ses dernières forces dans la bataille. Marouillat croit même avoir marqué mais le but est refusé car l'attaquant ex-virois aurait marqué du patin. L'attaquant s'en défend auprès de l'arbitre, arguant que le palet aurait ricoché sur le gardien et sur un défenseur mais en aucun cas son patin !

Une victoire qui permet non seulement aux Bordelais de rester invaincus à domicile (six victoires en autant de matchs), mais surtout de se replacer dans la course aux play-off en accrochant la sixième place ! Les Boxers sont même à une poignée de points (4) de la seconde place… mais ils sont également à une poignée de points (6) de la relégation ! Même si cela paraît difficile, il faudra que les Bordelais aillent chercher des points à Mulhouse et/ou à Brest pour rester dans une position favorable. Une situation dans laquelle ne sont plus les Castors puisqu'ils pointent désormais à la onzième place. Leur bel élan s'est brisé en même temps que la lame de leur nouvel attaquant, mais la force de ce nouveau binôme Lauzon/Couturier devrait permettre aux Vauclusiens d'être toujours de sérieux candidats aux phases finales !

 

Bordeaux - Avignon 5-2 (2-0, 0-2, 3-0)

Dimanche 6 décembre 2009 à 13h00 à la patinoire de Mériadeck. 1059 spectateurs.

Arbitrage de Bruno Colleoni assisté de Florian Tocqueville et Vincent Champion.

Tirs : Bordeaux 43 (7, 17, 19) ; Avignon 28 (10, 13, 5).

Engagements : Bordeaux 41 (14, 7, 20) ; Avignon 32 (8, 16, 8).

Évolution du score :
1-0 à 01'53" : Cadren assisté de Mariage et Lassalle
2-0 à 04'16" : Lassalle assisté de Grenier et Majer?ák (sup. num.)
2-1 à 20'19" : Kumeliauskas assisté de Favret
2-2 à 37'05" : Lauzon assisté de Bernier et Couturier (double sup. num.)
3-2 à 40'49" : Lafrancesca assisté de Savage et Majer?ák
4-2 à 43'56" : Lassalle assisté de Larrieu et Carignan
5-2 à 59'00" : Grenier assisté de Majer?ák (sup. num.)

 

Bordeaux

Gardien : Christophe Burnet.

Défenseurs : Dave Grenier – Mickaël Wiart ; Cyril Boubé – Jan Majer?ák (A) ; Christophe Pérez – Alexandre Boirie.

Attaquants : Raphaël Larrieu (C) – Xabi Lassalle – Alexandre Carignan ; Jean-François Savage (A) – Romain Horrut – Gautier Lafrancesca ; Nicolas Mariage – [Lassalle ou Horrut] – Vincent Cadren.

Remplaçants : Julien Leclerc (G), Thomas Giraudau. Absents : Nicolas Courally (hernie), Cyril Lambert (déchirure à la cuisse), Jill Cauly (malade), Florent Poigt, Thomas Ramonatxo (jouent avec les espoirs à Angers).

Avignon

Gardien : Johan Scanff.

Défenseurs : Nicolas Ruel – Sébastien Bernier ; Julien Decarroz – David Hennebert ; Janis Brakks – Patrick Pommier ; Ludovic Garreau.

Attaquants : Mathieu Becuwe – Carl Lauzon – Maxime Couturier ; Jordane Fazende – Damien Ribourg – Ludovic Favret ; David Dauphin – Michaël Marouillat – Guillaume Ribourg ; Donatas Kumeliauskas.

Remplaçant : Julien Roullier (G). Absents : Aurélien Chabot, Paul Gléveau, Jérémy Malaval (jouent avec les espoirs à Clermont-Ferrand).