Épinal - Mont-Blanc (Ligue Magnus, match en retard de la 5e journée)

La montagne, ça les gagne !Jan Plch

Le slogan publicitaire aux notes "barry whitiennes" est d'actualité pour l'ICE version Pellegrino. Pour elle, fini le hors-piste. Le remonte pente est enclenché depuis la renversante victoire sur Morzine il y a dix jours (6-5). Dans leur élan, les Dauphins ont même failli refaire le coup de Rouen (4-6) en profitant des relâchements normands.

Après la pluie vient le beau temps... et la possibilité, aussi, de rattraper ses matchs en retard. Grenoble attendra l'année prochaine, mais le Mont-Blanc, c'est pour maintenant ! L'occasion d'engranger face aux protégés de Marc Djelloul, plombés par les défaites et leurs deux points de pénalités...

Le Mont-Blanc poursuit donc son chemin de croix en attendant des jours meilleurs... peut-être à l'étage inférieur. Une récente défaite (2-6) à Gap, un concurrent direct pour le maintien, relègue désormais l'Entente à sept points des Rapaces... et à cinq des Dauphins. Bientôt sept ?

L'incertitude...

Personne ici ne comprendrait que les hommes de Santino Pellegrino soient privés de dessert. L'adversaire venant avant tout pour limiter les dégâts, bien gérer les temps forts est primordial. Mais, dans ces premiers instants, c'est plutôt l'Avalanche qui a les "Croz" et ne "Subit" pas tant que ça grâce à cet effort collectif, idéal pour gêner le déploiement local. De fil en aiguille, les visiteurs tissent ainsi leur toile, privant les Dauphins de solutions. Ceux-ci ont bien quelques occasions à se mettre sous la dent, mais ils ont toutes les peines du monde à hausser leur niveau de jeu. Les "bleus et roses" frisent même la correctionnelle sur un contre initié par Garip Saliji, très remuant en ces premiers instants. La défense restée à quai , Orset rate le coche à bout portant (10'42"). Une chance que Petrik, lui, n'ai pas de retard à l'allumage !

Buysse, de son côté, est bien dans son match, signant des arrêts propres et sans rebonds sur des tirs pas toujours dangereux il est vrai. "HCB" a la mitaine facile, ce qui soulage une défense très jeune (le Tchèque Ales Cerny en est le "doyen", du haut de ses 27 ans) et donc un peu naïve. Mine de rien,  Edgars Adamovics est le deuxième (ex-)international junior letton à patiner sur cette glace (après le néo-Messin Renars Undelis il y a quinze jours). Alexandre Gagnon, lui, est le seul des cinq Canadiens testés cet été a avoir "transformé l'essai".

Mais voilà, si les Lorrains ont l'art de se compliquer la vie, ils n'en restent pas moins redoutables en supériorité numérique. Le désormais traditionnel schéma à cinq attaquants permet à chacun de prendre ses responsabilités. Et notamment Tomi Karlsson, véritable électron libre. Sur jeu placé, le Finlandais trouve le relais de Petrak ligne de fond et se replace dans le slot pour ajuster le cinquième trou, entre les jambières (1-0 à 18'17"). 

Comme d'habitude, l'ICE a mis vingt bonnes minutes à entrer dans le match. À croire qu'elle aime "passer la seconde" en deuxième période. Depuis qu'ils s'entraînent "à la dure", les Vosgiens ont retrouvé des couleurs... mais sont encore mal en point(s) au classement. Cela ne va pas durer car Santino Pellegrino, grâce au ré-équilibrage des lignes, a trouvé la bonne formule pour optimiser le potentiel de chacun. C'est notamment le cas d'un Tomi Karlsson qui monte en puissance aux-côtés d'un Jan Plch plus affûté que jamais. Le Finlandais semble avoir réveillé son instinct offensif et notamment son sens du placement. Libre de tout marquage au second poteau, Karlsson profite du décalage de Plch pour doubler la mise (2-0 à 22'12").

Épinal ne risque plus grand chose... et sûrement pas de se faire "amadouer". Et pour cause, le Canadien Matt Amado a récemment activé sa clause libératoire pour rejoindre le Haut-Adige. Les Haut-Savoyards avaient senti le coup en signant le vétéran Andrej Rajcak. Malgré son gabarit imposant (1,91 m pour 94 kg), le Slovaque ne pèse pas vraiment sur le jeu. Reste que sur une accélération, il peut faire la différence. Lancé en profondeur par Saliji, Rajcak enrhume Plch côté droit et repique dans l'axe. En bonne position devant Petrik, il tire en force et ne cadre pas (26e).

... puis l'avalanche !

En se joignant aux "montagnards", Henri-Corentin Buysse était sûr de ne pas connaître la crise. Ce soir, c'est même le plein emploi pour lui. Livré à lui-même, il retarde l'échéance tant bien que mal ; ses coéquipiers sombrant inexorablement, totalement dépassés par la vitesse d'exécution des locaux. Démonstration : mise au jeu en zone offensive de Petrak, qui remet derrière sur Mäntylä, lequel bascule immédiatement au second poteau. Un jeu en première intention qui met la défense sans dessus-dessous et permet à Petrak de tripler la mise (3-0 à 32'45").

Le plus dur est fait pour Épinal, qui déroule face à un adversaire aux abois. Un courant d'air côté droit profite à Chassard, dont le centre est coupé au premier poteau par ce diable de Petrak (4-0 à 33'23"). Cette vague d'indiscipline "dessert" le Mont-Blanc et la lassitude guette l'homme masqué, impuissant sur un mouvement à trois conclu de près par Jan Simko (5-0 à 35'45").

Après trois dernières sorties en demi-teinte, Buysse est sur une pente savonneuse. Il n'a pourtant pas grand chose à se reprocher ce soir, cédant à l'usure face à des attaquants en pleine réussite. Christopher Lepers, le coach haut-savoyard, abrège son calvaire en envoyant la doublure au casse-pipe (36'20"). L'ex-Amiénois, écœuré, rentre directement aux vestiaires. "Buysse" t-il rebondir après cela, l'infortuné gardien montblanais...

Si Petrik est peu sollicité, Saccomano, lui, doit vite se mettre dans le bain. Sa lucarne tremble une première fois sur un lancer "chirurgical" de Jan Plch (6-0 à 39'48"). Bis repetita à la reprise, avec un Michal Petrak s'amenant côté droit pour feinter le centre et finalement tirer dans un angle carrément impossible. À la surprise générale, Saccomano est battu (7-0 à 40'32").

Ce Mont-Blanc-là est une proie facile pour des Spinaliens pas loin de tourner à plein régime. La deuxième ligne, celle des Petrak, Chassard et autres Simko, fait feu de tout bois aux quatre coins du glaçon. Mais celui qui fait la plus forte impression reste Jan Plch. "Vieillissant" quelques semaines auparavant (du temps d'Andersson), le Slovaque a retrouvé tout son punch. Finisseur redoutable et passeur de génie, il donne le "la" (et le tournis) à ses vis-à-vis. C'est d'ailleurs lui qui dépose le disque dans la palette de Simko, démarqué au second poteau (8-1 à 44'54"). Entre temps, l'Entente avait réduit le score grâce à Sylvain Nicoud, opportuniste devant Petrik (7-1 à 43'28").

Perfectionniste devant l'Eternel, Santino Pellegrino prône une rigueur sans faille et ne tolère aucun relâchement. Il ne peut donc se satisfaire de ces quelques instants de flottement, nés d'une domination sans partage. Comme l'ICE se lâche en attaque, elle laisse quelques ouvertures et Josselin Besson s'engouffre dans la brèche, file côté gauche et envoie son revers sous la barre d'un Petrik resté pantois (8-2 à 51'49"). Un but splendide qui ne doit rien à personne, si ce n'est au sang-froid du jeune le plus en vue ce soir (en l'absence du prometteur Robin Gaborit). Sébastien Subit, d'un tir lointain, en profite à son tour (8-3 à 51'59").

Ces deux buts coup sur coup remettent l'Entente sur de bons rails mais les carottes sont cuites depuis longtemps. Un p'tit dernier d'Hagelberg, qui fixe la lucarne sur un bon travail préparatoire de Chipaux (9-3 à 57'33"), et les Dauphins peuvent savourer leur victoire. Les voilà toujours invaincus dans leur patinoire de "secours", qui n'attire décidément pas grand monde (même s'il s'agissait d'un match en semaine et que les chiffres "officiels" sont sûrement revus à la hausse...).

L'ICE a gagné le match à ne pas perdre face à un adversaire qui tient la route sur certaines séquences, mais paraît trop limité pour tenir sur la durée. Les bonnes intentions initiales du Mont-Blanc ont d'ailleurs fondu comme neige au soleil. Il faut dire que l'Entente n'a pas la même diversité offensive que son hôte. Ni ses ressources morales d'ailleurs... et encore moins son assise défensive. En cela, le score final reflète bien les forces en présence.

 Dans la Cité des Images, décembre s'ouvre avec de nouvelles perspectives. C'est qu'il y a de "l'alpin sur la planche" avec Chamonix, Gap et Villard-de-Lans au programme. Au pays du Mont-Blanc en revanche, l'hiver sera rude. Mais ça, on le savait déjà...

 

Épinal - Mont-Blanc 9-3 (1-0, 5-0, 3-3).
Mardi 8 décembre 2009 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 400 spectateurs.
Arbitres : Frédéric Bachelet assisté de Benjamin Gremion et Laurent Rouèche.
Pénalités : 16' contre Épinal (6' + 4' + 6') ; 20' (4' + 10' + 6') contre Mont-Blanc.
Tirs : 46 tirs pour Épinal (18 + 17 + 11) ; 28 (6 + 9 + 13) pour le Mont-Blanc.

Évolution du score :
1-0 à 18'17" : Karlsson assisté de Petrak et Plch (sup. num.)
2-0 à 22'21" : Karlsson assisté de Plch et Agostini
3-0 à 32'45" : Petrak
4-0 à 33'23" : Petrak assisté de Chassard et Simko (sup. num.)
5-0 à 35'45" : Simko assisté de Chassard et Petrak (sup. num.)
6-0 à 39'48" : Plch assisté de Karlsson et Chassard (sup. num.)
7-0 à 40'32" : Petrak assisté de Simko
7-1 à 43'28" : S. Nicoud assisté de Besson et Ballet (sup. num.)
8-1 à 44'54" : Simko assisté de Plch
8-2 à 51'49" : Besson assisté de S. Nicoud et Payraud
8-3 à 51'59" : Subit assisté de Croz et Ballet
9-3 à 57'33" : Hagelberg assisté de Chipaux et Quessandier

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Peter Slovak - Benoît Quessandier (A) ; Jan Hagelberg – Niko Mäntylä ; Lionel Simon.

Attaquants : Tomi Karlsson - Erwan Agostini - Jan Plch (C) ; Jan Simko - Michal Petrak - Guillaume Chassard (A) ; Guillaume Papelier - Tarik Chipaux - Yvan Charpentier.

Remplaçants : Henrik Tojkander (G), Kévin Benchabane, Nathan Ganz. Absents : Fabien Leroy (suspendu), Jussi Haapasaari (malade), Anthony Rapenne.

Mont-Blanc

Gardien : Henri-Corentin Buysse puis Luc Saccomano à 36'20".

Défenseurs : Arthur Cocar - Francis Ballet ; Ales Cerný - Alexandre Gagnon ; Sébastien Borini - Edgars Adamovics.

Attaquants : Sylvain Nicoud (A) - Étienne Croz (C) - Sébastien Subit (A) ; Romain Orset - Andrej Rajcák - Garip Saliji ; Josselin Besson - Thierry Nicoud - Julien Payraud ; Antoine Vigier, Arthur Coulon.

Absents : Robin Gaborit (blessé), Jordan Revel (entorse aux cervicales), Patxi Biscard (scaphoïde cassé), Matt Amado (parti à Egna, série A2 italienne).