Épinal - Chamonix (Ligue Magnus, 12e journée)

besson_numa_091003_075Un point, c'est mieux que rien...

Après Morzine-Avoriaz (6-5) et le Mont-Blanc (9-3) - et avant Gap et Villard-de-Lans - l'ICE affronte ce soir Chamonix. Une vieille connaissance, qui avait donné du fil à retordre aux "boys" de Shawn Allard au printemps dernier, lors d'un premier tour de playoffs plus disputé que prévu. C'était une autre époque, aujourd'hui révolue. Quoique, avec Santino Pellegrino, les Dauphins ont repris des couleurs... et ré-appris à gagner.

Quelques élus récalcitrants ont eu raison d'un "grand" club au pays du Mont-Blanc. Mais si l'Entente survit tant bien que mal, "Cham" en revanche, ne s'en tire pas si mal que ça. Jusqu'ici, le plus titré des clubs français a gagné tous les matchs à sa portée... exception faite de ses deux précédents déplacements dans l'Est, à Dijon (1-4) et Strasbourg (2-5). Un signe ?

Méfiance tout de même, d'autant que les Spinaliens ont pris de mauvaises habitudes en ratant leur entame de match. Quelques largesses défensives et, surtout, beaucoup d'approximations. Tour à tour Morzine (1-4 à la 20e), Rouen (0-2) et le Mont-Blanc ("seulement" mené 1-0 après 20 minutes) en avaient profité. Chamonix ne déroge pas à la règle...

Comme prévu, les Chamois tissent leur toile d'entrée de jeu, histoire de faire déjouer des Spinaliens friands de jeu rapide et d’espaces. Très vite donc, les locaux se trouvent confrontés à un véritable casse-tête, amplifié par leur incapacité à se démarquer et à trouver des solutions face à un adversaire défendant à l’unisson. Ces bons placements en zone neutre gênent le déploiement vosgien, réduit à un jeu stéréotypé et à quelques relances téléphonées.

Cinq minutes ne se sont pas encore écoulées qu’Épinal obtient déjà un double avantage numérique. Problème, le box-play se barricade devant Hurajt et, au final, la "montagne" accouche d'une souris…

C’est bien connu, quand "Cham" n’est pas là, les souris dansent. Mais, ce soir, les hommes de Stéphane Gros sont partout. Tranchants dans les duels, ils râtissent large et grippent une machine spinalienne grinçante. Ce travail de sape souligne l’homogénéité d’un collectif alliant jeunesse et expérience. Celle d'un Tobiasson-Harris ou d'un Aimonetto à surveiller comme le lait sur le feu. Autant de "tontons flingueurs" rejoints cette saison par Laurent Gras. Un retour aux sources pour celui qui honorera la semaine prochaine, dans le Jura suisse, sa 213e sélection en équipe de France.

Épinal a souvent réussi à Laurent Gras dans ses "années gothiques". Véritable plaque tournante du jeu alpin, Gras semble infatigable à multiplier les récupérations, servant toujours des palets très propres à ses coéquipiers. Question vitesse d’exécution, ces Chamois-là n’ont pas grand-chose à envier à leurs hôtes, d’autant que les occasions de contrer ne manquent pas. Aimonetto exploite un courant d’air à gauche (06'44"). Kara, lui, profite d’une "passe en or" de Plch pour allumer Petrik, toujours à bout portant (08'10"). Sans parler de la vivacité des Kevorkian, Arnaud, et autres Höög. Ce dernier rappelle un peu Jussi Haapasaari. Du moins celui "d’avant" puisque l’actuel ne pèse plus du tout dans le jeu...

Avec ce jeu sans fioriture, Chamonix joue bien le coup. Mais s’ils assurent une bonne couverture, les Alpins ne sont pas à l’abri d’une erreur individuelle. En position de dernier défenseur, Daniel Ström tente le diable en s’essayant d’un dribble aussi dangereux qu’inutile devant Tomi Karlsson, monté au pressing. Comme le Suédois s’embrouille, le Finlandais est tout étonné de récupérer la rondelle mais Hurajt, rattrape le coup (12'54").

C’est là seule erreur de Ström ce soir, très sûr dans ses interventions à l’image de Marek Priechodsky, avec ses faux airs de Jan Bohacek. Même gabarit, même profil de carrière (avec un détour à Nowy Targ en Pologne), mêmes qualités de distributeur. Une vision du jeu partagée avec Jan Plch qui, posté ligne de fond, trouve Tomi Karlsson au rond d’engagement. Légèrement excentré, le Finlandais fait mouche (1-0 à 18'16").

kara_vincent_091003_077On prend les mêmes…

Jusque-là, le scénario ressemble à s’y méprendre à celui de mardi face au Mont-Blanc. À la différence près que ces Chamois-là sont du genre coriace… et surtout plus consistants défensivement. Du coup, l’ICE n’a pas autant de marge et les deux formations alternent temps forts et temps faibles au gré des pénalités distribuées. Un chassé-croisé où les gardiens atteignent des "sommets".

Santino Pellegrino a l'embarras du choix avec deux gardiens compétitifs et pouvant se relever mutuellement lorsque l'un des deux chancelle. Pas de "guerre des goals" à priori, même si Petrik semble avoir gagné la confiance de son entraîneur, la justifiant ce soir avec quelques parades bien senties. Radovan Hurajt, lui, tient la baraque et garde les siens dans le match. Du moins, jusqu’à ce que ce diable de Jonas Höög ne sorte de sa boîte. Le petit Suédois profite d’un une-deux avec Ström en entrée de zone pour s’infiltrer côté droit, créant le décalage pour Kara, démarqué au second poteau. Sa reprise file entre les bottes de Petrik (1-1 à 31'29").

Grâce à son Suédois de poche, "Cham" ne perd le nord. Ni le fil de son match d’ailleurs. Tout est donc à refaire pour des Lorrains méconnaissables en supériorité numérique et qui ratent un nombre incalculable d’occasions à bout portant. Cette fois donc, pas de déclic au deuxième tiers. Plutôt une claque…

L’ICE n’arrive toujours pas à se dépêtrer d’un faux rythme tenace. Reste la propension qu’à Jan Plch à faire la différence, même lorsqu’on s’y attend le moins. Quessandier, en pointe, dégaine et Hurajt, dans le trafic, repousse de la mitaine. Le capitaine s’extirpe de la mêlée pour bonifier son rebond (2-1 à 44'01").

… mais on ne recommence pas !

Un but rageur que l’on croit libérateur vu des gradins. Sauf que dans la foulée, un boulevard s’ouvre à Audibert, qui fonce dans l’axe puis écarte à sa droite sur Höög. Petrik, livré à lui-même, est battu (2-2 à 44'15").

Les Dauphins peuvent s’en mordre les nageoires. Pas sûr que Santino Pellegrino apprécie, d’autant que ses troupes ne profiteront pas d’une fin de match relativement débridée. En cause, un manque évident de spontanéité et, aussi, un Hurajt remarquable d’anticipation. Le Slovaque tient son équipe à bout de bras en frustrant notamment Simko (48'38") et Quessandier (56'48") qui se sont présentés seuls à lui. Sans parler d’Erwan Agostini, qui gaspille un break-away né d’une passe transversale ratée par Laurent Gras. L’ex-Rouennais, qui sortait de prison au bon moment, tire en force... mais au-dessus (54'40").

Besson se fait son film

Épinal a laissé passer sa chance. Pas Chamonix. Un poke-check de Numa Besson dans le slot permet à Richard Aimonetto de sonner la charge côté droit. Le vétéran a du champ et s’amène aux avant-postes, remisant dans l’axe sur Besson, qui avait bien suivi. D’un tir croisé, le jeune arrière formé au Mont-Blanc ajuste la lucarne gauche de Petrik (2-3 à 61'50"). Clap de fin...

Sans tout remettre en cause, cette défaite spinalienne sonne comme un coup d’arrêt dans une progression jusqu’alors linéaire. Un point, c’est mieux que rien mais celui-là est forcément teinté d’amertume. Santino Pellegrino pourra notamment regretter ces absences au repli qui ont coûté deux buts, dont celui de la victoire. Ses hommes, étonnement inefficaces en supériorité numérique, n’ont pas su forcer la décision, qui s’est finalement jouée à bien peu de choses. L’Italo-Canadien, qui insistait avant le match sur sa volonté de ne pas brider ses attaquants, ne sera donc pas totalement satisfait de leur rendement.

Les Dauphins sont donc tombés sur un os. Car Chamonix, solide huitième au classement, n’a rien lâché et s’en est vu récompensé. Reste maintenant à redoubler d’efforts pour être prêt au "combat" à Gap, dans deux semaines. Un déplacement périlleux après une trêve internationale bienvenue...

 

Épinal - Chamonix 2-3 après prolongation (1-0, 0-1, 1-1, 0-1)
Samedi 12 décembre 2009 à 20h15 à la patinoire provisoire de Poissompré. 500 spectateurs.
Arbitrage de Damien Bliek assisté de Gildas Fontaine et Éric Bouguin.
Pénalités : Épinal 34' (6'+10', 4', 4'+10', 0') ; Chamonix 16' (6', 6', 4', 0').
Tirs : Épinal 29 (11, 9, 9, 0) ; Chamonix 30 (12, 7, 10, 1).

Évolution du score :
1-0 à 18'16" : Karlsson assisté de Plch et Slovak
1-1 à 31'29" : Kara assisté de Ström et Höög (sup.num.)
2-1 à 44'01" : Plch assisté d’Agostini et Quessandier
2-2 à 44'15" : Höög assisté d’Audibert
2-3 à 61'50" : Besson assisté d’Aimonetto

 

Épinal

Gardien : Stanislav Petrik.

Défenseurs : Peter Slovak - Benoît Quessandier (A) ; Jan Hagelberg - Niko Mäntylä ; Lionel Simon.

Attaquants : Jan Simko - Michal Petrak - Guillaume Chassard (A) ; Erwan Agostini - Tomi Karlsson - Jan Plch (C) ; Guillaume Papelier - Jussi Haapasaari - Tarik Chipaux.

Remplaçants : Henrik Tojkander (G), Kévin Benchabane, Nathan Ganz, Yvan Charpentier. Absents : Fabien Leroy (suspendu), Anthony Rapenne.

Chamonix

Gardien : Radovan Hurajt.

Défenseurs : Anders Torgersson - Damien Torfou ; Numa Besson - Daniel Ström ; Fabien Veydarier - Marek Priechodsky ; Maxime Claret-Tournier.

Attaquants : Aram Kevorkian (A) - Richard Aimonetto (C) - Mathias Arnaud ; Vincent Kara - Laurent Gras (A) -  Mathias Terrier ; Emil Tobiasson Harris - Jonas Höög - Alexandre Audibert.

Remplaçants : Tom Charton (G), Valerian Croz, Dorian Duchosal. Absent : Thibault Geffroy (genou).