Rouen II - Nantes (Division 2, 10e journée)

C'est à Nantes que les Dragons de Rouen avaient débuté leur saison en Championnat de Division 2. A Nantes où les Normands avaient du s'incliner 5 buts à 4 avec un ultime coup de poignard subi à 27 secondes de la sirène finale. Longtemps dans les méandres de la patinoire de l'Ile Lacroix, ce score, ce match restera dans les conversations avec en toile de fond le sentiment d'avoir loupé un joli coup à la patinoire du Petit Port. Quelques mois plus tard, indéniablement les jeunes Dragons ont mûri, cette fois, ils ne lâcheront pas l'affaire face aux Corsaires et finiront par s'imposer au terme d'une rencontre épique dont ils ont désormais le secret.

En effet, douce taquinerie de la destinée, telle une photocopie du match aller, les premiers coups de patins donnés par les Dragons leur permettaient d'ouvrir le score sur une splendide tentative de Kévin Marias-Magill directement logée dans la lucarne du gardien Nantais Martin Léonard. Slap à gauche en haut des cercles, l'affaire était dans le sac à seulement sept secondes de décalage par rapport au match disputé à Nantes (1-0 à 09'10").

Les similitudes avec le match aller ne s'arrêtaient pas là. En effet, déjà au match aller, Philippe Bastarache, le défenseur canadien des Corsaires, s'était permis de répliquer à l'ouverture du score du jeune Marias-Magill en avantage numérique (13'10"). Tel était encore le cas cette fois, bien sûr toujours en avantage numérique, toujours sur un lancer consécutif à une passe de Tomas Kukucka (1-1 à 12'24"). Si les Dragons, à ce moment-là de la rencontre, avaient eu connaissance d'un tel bégaiement de l'histoire, nul doute qu'une perfide angoisse aurait traversé leur échine. Quoiqu'il en soit, les balbutiements de l'histoire se stoppaient là. A la patinoire de Nantes, avant la première pause, Jérémie Paradis s'était offert le deuxième filet. Cette fois, le Corsaire restera muet avant la sirène, au contraire d'Anthony Rech, le « golden sniper de la soirée », qui profitait dune transmission de palet de son ailier pour donner le 2-1 aux siens (18'37").

De quoi couper court à l'histoire se répétant pour les Normands. A la reprise de la deuxième période, point d'ouragan jaune et noir à l'horizon mais plutôt une forte réplique sismique des Ligériens. Égalisant peu après le premier palet jeté en deuxième tiers par Martin Serra (26'23"), les joueurs de Fortin mettront à profit la période médiane pour prendre l'avantage dans cette rencontre. En effet, bien qu'ayant perdu le monopole de la partie sur l'égalisation de Serra, les Rouennais, enthousiastes, ne se laissaient pas le temps de cogiter outre-mesure. Bryan Ten Braak fêtait dignement son huitième point de la saison en servant la première passe, relayée par Kévin Beziau, du but de Jason Lorcher (3-2 à 31'33").

A nouveau à la proue de la rencontre, le Dragon n'y restera pas longtemps. En effet rapidement pris sous le feu de l'abordage nantais dans les dernières minutes de la période, les Normands finissaient à fond de cale le deuxième vingt minutes. Découvrant par hasard que sa crosse avait autre utilité que d'être une hache, notre indigent Dany Fortin se jouait par deux fois de l'arrière garde seino-marine pour inverser la tendance de la rencontre. En avantage numérique déjà, sur une passe de Jérémie Paradis (3-3 à 35'51") puis sur un service efficace d'Hubert Dogement (3-4 à 37'52"). En quelques minutes, la troupe du président Ranger, l'ex-gardien rouennais de retour sur son île, venait d'asséner un solide coup sur la casque d'un Dragon qui aura perdu le fil de la rencontre le temps de quelques minutes.

Un doux pêcher de jeunesse que les Normands sauront ne pas réitérer au moment d'écrire les dernières lignes de cette partie. Ainsi, souhaitant à tout prix remplir le contrat fixé en amassant six des huit points possibles sur la longue série de quatre matchs à domicile, les Rouennais se donnaient le moyen de leurs ambitions. Dans une ambiance des grands soirs sur le banc jaune et noir, le dynamisme de rigueur donnait des ailes à un Dragon enthousiaste et enthousiasmant, à commencer par le jeune Anthony Rech, qui pour son premier match de Division 2 signait le doublé en avantage numérique (4-4 à 44'47"), relayé à peine cinq minutes plus tard par Bryan Ten Braak (5-4 à 49'10").

Même si les Rouennais se faisaient quelques frayeurs en assistant impuissants à l'égalisation à 5-5 des Nantais par l'intermédiaire de Philippe Bastarache (52'02"), un dernier but venu d'ailleurs venait clore la soirée joyeuses des Dragons. Crucifiés à 27 secondes de la sirène par les Corsaires, les Dragons rendaient avec délectation la monnaie de la pièce en inscrivant le but vainqueur à 10 secondes de la sirène finale par ce diable d'Anthony Rech, auteur du triplé qui profitait non sans plaisir de la passe de son alter ego ailier (6-5 à 59'42").

A douze secondes de la fin, les Dragons remportaient la mise, de quoi irriter le vétéran Dany Fortin qui, sur son énième cinglage, payait l'addition pour l'ensemble de son oeuvre en recevant une jolie fessée administrée par le défenseur rouennais Cédric Custosse (60'00"). Une fin de rencontre un soupçon tendue qui n'empêchait pas les Rouennais de célébrer dignement de précieux points avant de retrouver le week-end prochain la patinoire de Lyon pour une nouvelle rencontre bien âpre à disputer.

Rouen - Nantes 6-5 (2-1, 1-3, 3-1).
Samedi 12 décembre 2009 à 20h00 à la patinoire de l'Île Lacroix. 150 spectateurs.
Arbitrage de Nicolas Lobry assisté de Maxime Durand.
Pénalités : Rouen 32' (4', 4', 4'+2x10'), Nantes 22' (2', 2’, 8'+10').
Évolution du score :
1-0 à 09'10" : Marias-Magill
1-1 à 12'24" : Bastarache assisté de Kukucka et Bidet (sup. num.)
2-1 à 18’37" : Rech assisté de Dreyfus et Custosse
2-2 à 26‘23" : Serra assisté de Dogemont et Robin (sup. num.)
3-2 à 31'33" : Lorcher assisté de Beziau et Ten Braak
3-3 à 35‘51" : Fortin assisté de J. Paradis et Kukucka (sup. num.)
3-4 à 37'52" : Fortin assisté de Dogemont
4-4 à 44'47" : Rech assisté de Raimbourg et Dumelie (sup. num.)
5-4 à 49’10" : Ten Braak assisté de Beziau et Pihan
5-5 à 52'02" : Bastarache assisté de Kukucka
6-5 à 59'48" : Rech assisté de Dreyfus et Raimbourg