Suisse - France (match international)

C'est la première fois que la petite ville jurassienne de Porrentruy, fief du HC Ajoie, accueille l'équipe nationale de Suisse. L'adversaire est tout trouvé dans ce territoire frontalier : c'est évidemment la France. Celle-ci n'a pas l'habitude de rencontrer des adversaires du niveau de la Suisse aussi tôt dans la saison. C'est pourquoi Dave Henderson et Pierre Pousse avaient convoqué leur équipe-type, mais les forfait de Meunier et de Treille ont contrarié leurs plans.

Si les Bleus disposent de leurs leaders défensifs, pour la première fois depuis la blessure de Bachet en début d'année, ils ont en revanche moins de meneurs offensifs. Et cela va se sentir...

La seule ligne qui semble capable de faire la différence est celle composée du duo classique Desrosiers-Bellemare et de Stéphane Da Costa, libéré par son université de Merrimack - où il a réussi d'excellents débuts en NCAA - pour ce qui est son premier match non officiel en équipe de France. Mais même les actions offensies de ce trio restent limitées : onze petits tirs, dont l'unique but pour Julien Desrosiers en fin de premier tiers.

Eddy FerhiLe problème, c'est que ce but de l'attaquant rouennais intervient... une minute après le 4-0 suisse, sur une passe transversale de Gardner pour Romy qui a eu raison d'une défense française désorientée. Et cette réduction du score est vite annulée puique Teddy Da Costa a été pénalisé pour accrocher et que Roman Wick ajoute le cinquième but avant la première pause sur un centre de Sprunger.

Le calvaire du gardien français Eddy Ferhi se poursuit durant tout le deuxième tiers-temps. Il encaisse au total neuf buts, certains beaux - le jeu en triangle conclu par Raffaele Sannitz - et d'autres beaucoup moins - un tir dans un angle impossible de ce même Sannitz qu'il dévie lui-même dans sa cage. Après ce qui est sa pire soirée en bleu, le Grenoblois cèdera sa place à Florian Hardy. Celui-ci n'encaissera qu'un autre but, le doublé pour le défenseur Félicien du Bois en supériorité numérique.

Pour la Suisse, c'est la victoire la plus large de l'ère Krueger (une "ère" qui a acquis une classification géologique puisqu'elle dure depuis onze ans). Pour trouver un score pareil, il faut remonter au Mondial B 1996 contre... les Pays-Bas. Comparaison peu avantageuse pour la France, qui avait pourtant tenu le choc à Berne lors du dernier Mondial (1-0).

Ce soir, elle n'a rien pu faire face à une deuxième ligne déchaînée, où Julien Sprunger a vécu une soirée de rêve. Il avait quitté le dernier Mondial avec une commotion cérébrale après une agression de David Backes, il n'est revenu au jeu que le mois dernier, non sans difficultés, mais ce match parfait relance ses chances d'aller aux JO : il a inscrit un but, seul dans le slot pour reprendre un rebond lâché par Ferhi, et a ajouté pas moins de cinq assistances.

La Suisse a craint le pire pour Romano Lemm, sorti en troisième période, mais son ligament interne du genou ne nécessitera pas d'opération et il sera de retour fin janvier. Emmanuel Peter et Victor Stancescu ont été appelés pour remplacer les blessés (catégorie qui comprend aussi Mathias Bieber, coupé à la jambe dimanche avec son club de Langnau).

Pour la France, ce sont des blessures morales qu'il faudra soigner ce week-end en Alsace lors des deux confrontations face à la Norvège. Rien de bon n'est à retenir de ce match, trahissant comme souvent la difficulté des Bleus à s'adapter tout de suite à un rythme international. L'histoire du hockey français est cependant jalonnée de gifles contre les Suisses, souvent suivies de réactions d'orgueil tricolores. On n'en attend pas moins.

Désignés joueurs du match : Hnat Domenichelli pour la Suisse et Vincent Bachet pour la France.

 

Commentaires d'après-match (sur hockeyfans.ch et dans L'Équipe)

Daniel Manzato (gardien de la Suisse) : "Cela s'est très bien passé pour nous. C'était un peu spécial ici, et vraiment froid, mais les fans nous ont bien encouragés dès le début. On doit être toujours prêt et concentré même quand il n'y a pas beaucoup de travail : ce n'est pas un match facile pour un gardien. Nous leur avons laissé un minimum d'occasions. Je dois donner le meilleur de moi à chaque match en équipe nationale et à Rappersswil, et peut-être que j'aurais une chance d'être sélectionné pour un grand tournoi."

Eddy Ferhi (gardien de la France) : "Nous savions que ce serait difficile, mais pas à ce point. On manque de rythme de jeu à ce niveau. Les Suisses jouent beaucoup plus vite et réagissent mieux sur les rebonds."

Pierre Pousse (entraîneur-adjoint de la France) : "Notre adversaire, qui prépare les Jeux Olympiques, était en mode Championnat du monde et nous n'étions pas prêts à jouer un match de ce niveau après seulement deux jours de stage. Après cinq bonnes premières minutes, le premier but suisse a tout déréglé. On était en retard sur tous les palets, absents sur les impacts."

 

Suisse - France 10-1 (5-1, 4-0, 1-0)
Mardi 15 décembre à 19h30 au Voyeboeuf de Porrentruy. 3390 spectateurs.
Arbitrage de Stéphane Rochette et Roland Stalder (SUI) assistés de Nicolas Fluri et Julien Niquille (SUI).
Pénalités : Suisse 8' (2', 6', 0'), France 14' (4', 4', 6').
Tirs : Suisse 38 (19, 9, 10), France 11 (5, 4, 2).
Évolution du score :
1-0 à 07'20" : Domenichelli assisté de Sannitz et Sprunger
2-0 à 13'53" : Du Bois assisté de Sprunger et Domenichelli (sup. num.)
3-0 à 15'07" : Sprunger assisté de Domenichelli et Sannitz
4-0 à 16'03" : Gardner assisté de Romy
4-1 à 17'12" : Desrosiers assisté d'Amar et S. Da Costa (sup. num.)
5-1 à 18'17" : Wick assisté de Sprunger et Diaz (sup. num.)
6-1 à 27'04" : Lemm assisté de Wick et Jeannin
7-1 à 28'35" : Sannitz assisté de Diaz et Domenichelli
8-1 à 35'17" : Monnet assisté de Romy
9-1 à 37'22" : Sannitz assisté de Sprunger et Monnet
10-1 à 42'47" : Du Bois assisté de Domenichelli et Sprunger (sup. num.)

 

Suisse (2' pour surnombre)

Gardien : Daniel Manzato puis Tobias Stephan à 31'07".

Défenseurs : Steve Hirschi - Félicien Du Bois ; Florian Blatter - Raphael Diaz ; Patrick Von Gunten - Martin Höhener ; Eric Blum - Andreas Furrer.

Attaquants : Romano Lemm (4') - Sandy Jeannin (C) - Roman Wick ; Julien Sprunger - Rafaele Sannitz - Hnat Domenichelli ; Thibaut Monnet - Kevin Romy (2') - Ryan Gardner ; Paul Savary - Patrik Bärtschi.

France

Gardien : Eddy Ferhi puis Florian Hardy à 40'00".

Défenseurs : Baptiste Amar - Vincent Bachet (C) ; Benoît Quessandier (4') - Nicolas Besch ; Yohann Auvitu - Antonin Manavian.

Attaquants : Julien Desrosiers - Stéphane Da Costa - Pierre-Édouard Bellemare ; Anthoine Lussier (2') - Laurent Gras - Teddy Da Costa (2') ; Luc Tardif - Damien Raux (4') - Sacha Treille (2') ; Loïc Lampérier - Brian Henderson - Jérémie Romand.

Remplaçants : Kévin Igier, Erwan Pain.