République Tchèque - Finlande (EHT)

Match comptant pour la Kubok Pervogo Kanala, troisième manche de l'Euro Hockey Tour.

Jaromir Jagr

Pour certains sélectionneurs, la pression monte à l'approche des Jeux Olympiques. Il y a pourtant des fédérations qui préfèrent l'option inverse. C'est le cas de la Finlande qui vient tout juste de prolonger le contrat de Jukka Jalonen jusqu'en 2012. Une date très importante pour les Finlandais puisque les Mondiaux auront lieu chez eux.

Le camp d'entraînement a déjà fait un malheureux : Petteri Nummelin. Le défenseur vétéran de Lugano a dû repartir en raison d'une blessure abdominale. Rien de très grave, juste une grosse semaine de repos nécessaire, sauf que ce tournoi devait être décisif pour la sélection de Nummelin et que ses chances d'aller à Vancouver risquent d'en pâtir. Jalonen s'est empressé d'affirmer que la porte n'était pas automatiquement fermée et qu'il ne fallait pas tirer de conclusions trop hâtives, mais il n'a pas caché que cette blessure compliquait les choses. Rappelons que les listes doivent être données fin décembre. Karel Rachunek, lui aussi forfait sur blessure, est un peu dans le même cas dans le camp d'en face.

Il est un nom que l'on peut pronostiquer sans crainte sur la liste tchèque : Jaromir Jagr. Son premier match international de la saison, en prélude au tournoi moscovite, se déroule à Prague dans une O2 Arena spécialement aménagée en configuration "glace NHL" pour mieux préparer les JO sur petite patinoire.

On sait en revanche que Martin Straka, le vieux compère de Jagr, ne sera pas du voyage : le capitaine/manager/proprio de Plzen a confirmé le mois dernier sa retraite internationale, même s'il est très en forme ces derniers temps. Il est en effet le deuxième marqueur de l'Extraliga tchèque, très loin derrière un Roman Cervenka devenu trop fort pour ce championnat. Cervenka a refusé des offres de KHL parce qu'il veut se rendre disponible auprès des équipes de NHL, et il pourrait bien se faire connaître en Amérique du nord, comme il le souhaite, lors de la meilleure vitrine qui soit, le tournoi olympique.

Le sélectionneur tchèque Vladimir Ruzicka a en effet suggéré qu'il y aurait deux joueurs d'Extraliga dans la sélection, et la presse gage déjà qu'il s'agit de Cervenka plus le troisième gardien (Jakub Stepanek ou Marek Schwarz). À vrai dire, ce scoop n'apprend pas grand-chose à la majorité des joueurs tchèques... qui évoluent majoritairement en Russie au sein de la KHL. Parmi cette pléiade de talents, il manque toutefois Jan Bulis, reparti en raison d'une inflammation de la vésicule biliaire.

La soirée commence bizarrement puisque l'hymne national tchèque ne peut être joué pour "raisons techniques". Un mauvais signe pour les hommes de Ruzicka ? Ce sont en effet les Finlandais qui partent le mieux, avec une première action de Hentunen. Ils finissent par ouvrir le score sur un tir instantané de Jarkko Immonen qui surprend le gardien Marek Schwarz, qui touche le palet sans l'arrêter.

Josef Vasicek

La Finlande mène... pendant 27 secondes. Le temps pour Miroslav Blaták d'allumer deux missiles de la ligne bleue. Le second fait feu, grâce à Jaromir Jágr, qui s'est fait oublier dans le dos de Lehterä et prend le rebond très tôt, juste devant la botte du gardien (1-1). Les Tchèques dominent maintenant le jeu et le gardien visiteur Iiro Tarkki doit faire barrage en gagnant ses duels face à Klepis ou encore à Vasicek. Celui-ci obtient quand même une faute de Mikko Mäenpää. Le défenseur finlandais, beaucoup moins à son aise qu'en novembre où il avait reçu les louanges publiques de son entraîneur, a souvent un temps de retard ce soir.

Il faut dire que les attaquants tchèques sont impressionnants. À la reprise, les deux premières lignes maintiennent leur jeu en zone offensive et reçoivent les applaudissements de la foule pour cette excellente séquence. La deuxième période est à sens unique, mais Tarkki arrête tout. Il est même sauvé deux fois par son poteau : d'abord sur un tir croisé de Vasicek depuis le cercle gauche, puis sur une passe parfaite de Jagr pour la déviation de Rolinek dans le slot. Cervenka ne convertit pas un 2 contre 1 avec Rolinek. Le score reste donc à parité et la Finlande s'en sort bien.

En troisième période, elle a même l'occasion de prendre l'avantage quand des pénalités de Sicak et Cervenka lui offrent 1'18" de double supériorité numérique. Très bonne résistance du trio composé de Caslava, Cajanek et l'exemplaire capitaine Tomas Rolinek, qui se couche devant un lancer. Mais l'arrêt le plus spectaculaire est un grand écart du gardien Marek Schwarz, sur une passe au second poteau d'Erkinjuntti pour Kontiola. Peu après son retour sur la glace, Vladimir Sicak reçoit le palet de Cajanek, réalise un "grand pont" sur Mäenpää pour sortir de la zone et s'échappe alors en solitaire... mais il manque sa conclusion.

Il faut donc attendre la prolongation pour que les Tchèques concrétisent. Petr Cajanek charge son vis-à-vis Kontiola en fond de zone et revient plus tranquille devant le but, comme libéré d'un poids. À ce moment, le tir de la bleue de Caslava rebondit sur sa hanche et entre dans les filets ! Une conclusion logique tant le trio Cajanek-Hudler-Jagr s'est créé d'occasions. Jarormir Jagr se voit remettre un baril de bière en tant que joueur du match, ce dont il plaisantera en conférence de presse...

Le résumé vidéo du match (YLE)

 

Commentaires d'après-match

Jaromír Jágr (attaquant de la République Tchèque) : "Je suppose que je vais devoir me mettre à boire. Il n'est jamais trop tard. [...] En première période, je ne me sentais pas très bien. Il fallait que ma mémoire musculaire se rappelle comment placer le corps dans les duels. Le jeu sur petite glace est construit sur ces duels à un contre un. Une fois que le souvenir revient, c'est plus facile. J'ai moins à patiner. Il faut tenir son poste, c'est un jeu de positionnement et de force, un avantage pour moi."

Vladimír Ruzicka (entraîneur de la République Tchèque) : "Content de la victoire, mais le ratio buts/occasions n'est pas bon. Il nous manque quelque chose en finition. La ligne de Jágr et Cajánek a bien joué, on verra samedi contre la Suède. Mais contre la Russie, un match difficile, j'aimerais voir Jágr aux côtés de Cervenka."

Jukka Jalonen (entraîneur de la Finlande) : "Nous n'avons pas trop respecté Jágr, c'est simplement un sacré bon joueur. Quand Jágr veut jouer, comme on l'a vu aujourd'hui, n'importe qui a l'air d'un vieillard à côté. Je ne veux critiquer aucun de mes joueurs sur cet aspect, car ils se sont battus et ont essayé."

 

République Tchèque - Finlande 2-1 a.p. (1-1, 0-0, 0-0, 1-0)
Jeudi 17 décembre 2009 à 17h30 à la O2 Arena de Prague. 12563 spectateurs.
Arbitrage de Sören Persson et Patrik Sjöberg (SUE) assistés de Frantisek Kalivoda et Roman Pouzar.
Pénalités : République Tchèque 10' (2', 4', 4', 0'), Finlande 10' (6', 2', 2', 0').
Tirs : République Tchèque 33 (14, 9, 9, 1), Finlande 18 (6, 3, 8, 1).
Évolution du score :
0-1 à 06'41" : Immonen assisté de Pettinen et Erkinjuntti
1-1 à 07'08" : Jagr assisté de Blatak et Cajanek
2-1 à 61'40" : Cajanek assisté de Caslava et Jagr

 

République Tchèque

Gardien : Marek Schwarz.

Défenseurs : Miroslav Blatak - Ondrej Nemec ; Petr Cáslava - Filip Novak ; Zdenek Kutlak - Angel Krstev ; Tomas Mojzis - Vladimir Sicak (4').

Attaquants : Petr Cajanek - Jiri Hudler - Jaromir Jagr ; Tomas Rolinek (C) - Roman Cervenka (2') - Jaroslav Bednar ; Petr Hubacek - Josef Vasicek (2') - Jakub Klepis ; Jiri Novotny - Jaroslav Hlinka - Zbynek Irgl (2').

Remplaçant : Jakub Stepanek (G).

Finlande

Gardien : Iiro Tarkki.

Défenseurs : Pasi Puistola - Mikko Mäenpää (2') ; Ossi Väänänen (2') - Teemu Aalto ; Tomi Pettinen - Mikko Kuukka (2') ; Juuso Hietanen.

Attaquants : Tuomas Pihlman (2') - Jarkko Immonen - Antti Erkinjuntti ; Toni Koivisto - Jori Lehterä - Jukka Hentunen ; Ville Peltonen (C, 2') - Petri Kontiola - Antti Pihlström ; Leo Komarov - Juha-Pekka Hytönen - Ossi Louhivaara.

Remplaçants : Teemu Lassila (G), Miikka Tuomainen.