Suède - Russie (EHT)

Match comptant pour la Kubok Pervogo Kanala, troisième manche de l'Euro Hockey Tour.

Magnus JohanssonC'est par près de -20°C à Moscou que se joue le dernier "test olympique". Bengt-Åke Gustafsson refuse cependant de l'appeler aussi. Il a de quoi être embêté, le BÅG. Comme c'est courant chez les entraîneurs suédois, un de ses chers collègues (Leif Boork) vient de critiquer publiquement le sélectionneur, qui n'aurait - selon lui - pas de philosophie de jeu claire.

En plus, son équipe ne se présente pas dans les meilleures conditions. Premier forfait, de taille : Peter Forsberg, blessé aux côtes. S'il faut l'emmener à Vancouver - et qui peut se permettre de lui refuser quoi que ce soit ? - ce sera donc sur son seul nom, sans qu'il ait prouvé pouvoir jouer au rythme international. Deuxième écueil important : son gardien titulaire habituel Johan Holmqvist a souffert de vertiges au premier entraînement du stage. Il souffre apparemment des suites d'une commotion cérébrale. Les autres forfaits ont touché la défense. Ce n'est pas embêtant vis-à-vis des JO de Vancouver, car on sait que la défense de la Suède sera composée de joueurs de NHL (sauf peut-être Magnus Johansson).

Non, le problème est beaucoup plus immédiat : c'est que la Tre Kronor se présente sur la glace avec un gardien (Henrik Karlsson) et trois défenseurs (Daniel Sondell, Daniel Josefsson et Mattias Karlsson) entièrement débutants, face aux terribles attaquants russes qui vont tous se déchirer pour gagner une place dans l'équipe olympique.

Le grand retour de Sergei Fedorov met en lumière la grande concurrence au poste de centre, où Malkin, Datsyuk voire Zinoviev semblent avoir une place acquise. Fedorov est un joueur complet, précieux en infériorité... mais Tereshchenko aussi. Fedorov est en grande forme ces dernières semaines... mais Tereschenko aussi. Fedorov a un "nom" et une expérience incomparable... et là, le pauvre Tereshchenko ne peut pas lutter, et il le sait. Son anniversaire hier (29 ans) a pu lui remonter le moral, mais aussi une phrase de Bykov en conférence de presse. Il a suggéré qu'un centre pouvait jouer à l'aile et que Malkin était parfois ailier de Crosby... mais n'était-ce pas simplement une manière de brouiller les pistes face aux questions de plus en plus pressantes des journalistes ?

La motivation d'Aleksei Tereshchenko est en tout cas à son comble, et le résultat est visible dès la première présence. C'est lui qui met en échec Jimmie Ericsson dans le coin, c'est lui qui sort ensuite rapidement le palet de la zone, et c'est toujours lui qui, dos au but, dévie un lancer de la bleue de Nikulin (1-0, 00'39"). Après ce début tonitruant, les deux équipes se regardent, très nerveuses. Mattias Weinhandl, a priori le Suédois qui a le plus de chances d'intégrer la sélection olympique, se met en évidence : il feinte deux adversaires, mais Proshkin intevient pour sauver son camp.

TereshchenkoAlekseiEn début de deuxième période, Weinhandl se voit offrir l'égalisation sur un plateau, tout seul pour reprendre de volée le centre d'Oscar Hedman. L'action qui a amené ce but a de quoi agacer Bykov : Mikhnov s'est fait contrer par Johansson en voulant dribbler à la bleue offensive, Korneev a été pris de vitesse par le passeur le long de la bande, et Vishnevsky, voyant son collègue en difficulté, est resté au milieu en libérant totalement le buteur (1-1, 22'51").

La réaction des Russes est simple comme priviet : ils marquent deux buts à une minute d'intervalle, en deux supériorités numériques. Le premier est l'oeuvre collective de la ligne de Kazan : passe en retrait de Zaripov pour Morozov et écran de Tereshchenko. Le second est pour la deuxième ligne : un ricochet sur une main suédoise offre le palet à Oleg Saprykin placé devant la cage. Chargé dans le dos, il marque quand même et fête ce but d'un poing rageur (1-3, 24'45").

On sent une extrême libération dans le cri de joie de Saprykin : il faut comprendre qu'il a vécu un mois de novembre très difficile, plongé jusqu'au cou dans la crise du Dynamo au point d'être envoyé en équipe-réserve pendant un match ! Une punition de nature à mettre en cause son statut d'olympien. Il a donc obtenu un échange au SKA Saint-Pétersbourg, un club qui va très bien, pour préserver ses chances. Mais pour faire taire les critiques, il avait grand besoin de ce but.

La Suède réduit le score, elle aussi en avantage numérique, sur un slap puissant de son capitaine Magnus Johansson qui passe au-dessus de l'épaule gauche d'Eremenko (2-3, 28'56").

Au début du troisième tiers, Aleksandr Radulov croit malin de dribbler entre deux Suédois en zone neutre. Ilt se fait chiper le palet par Weinhandl qui part en 2 contre 1 avec Mårtensson et lui offre une jolie passe décisive du revers (3-3, 42'05"). Radulov a comme qui dirait une grosse bêtise à se faire pardonner, mais il y parvient en masquant le gardien par un saut de cabri sur le but gagnant de Zinoviev (3-4, 48'30").

Weinhandl, côté suédois, et la ligne de Kazan, côté russe, ont été les principaux bénéficiaires de ce match dans une perspective "JO". Le toujours combatif Aleksei Tereshchenko a marqué des points vis-à-vis de Sergei Fedorov, assez invisible malgré un temps de jeu important, et complique un peu plus la tâche des sélectionneurs...

 

Commentaires d'après-match

Sergei Fedorov (attaquant de la Russie) : "J'ai essayé de suivre les consignes et d'aider l'équipe, mais c'est une nouvelle expérience pour moi. Par exemple, jouer à 20h est une nouveauté pour moi [NB : on joue à 17h ou 18h en Russie], pas pour les sélectionnés habituels. Je ne suis pas très satisfait de mon match. L'interaction avec Kozlov et Mikhnov aurait dû être meilleure, deux entraînements ne suffisent pas pour un bon travail collectif. [...] Jouer devant son public est excitant. Les gars ont parfois été nerveux, en allongeant trop leurs présences. J'espère qu'ils sont concentrés sur leurs responsabilités spécifiques sur la glace pendant ce tournoi. Mais certains pensent sûrement aux Jeux Olympiques. Espérons seulement que cela ne les empêche pas de travailler pour l'équipe dans les prochaines rencontres."

 

Suède - Russie 3-4 (0-1, 2-2, 1-1)
Jeudi 17 décembre 2009 à 20h00 à la patinoire Khodynka de Moscou. 8500 spectateurs.
Arbitrage de Milan Minar et Robin Sir (TCH) assistés de Viktor Birin et Aleksei Medvedev (RUS).
Pénalités : Suède 18' (6', 8', 4'), Russie 12' (6', 6', 0').
Tirs : Suède 21 (6, 7, 8), Russie 28 (9, 11, 8).
Evolution du score :
0-1 à 00'39" : Tereshchenko assisté de Nikulin et Morozov
1-1 à 22'51" : Weinhandl assisté de Hedman
1-2 à 24'45" : Morozov assisté de Zaripov (sup. num.)
1-3 à 25'34" : Saprykin assisté de Proshkin et Kondratiev (sup. num.)
2-3 à 28'56" : Johansson assisté de Mårtensson et M. Karlsson (sup. num.)
3-3 à 42'05" : Mårtensson assisté de Weinhandl
3-4 à 48'30" : Zinoviev assisté de Kondratiev (sup. num.)

 

Suède (2' pour surnombre)

Gardien : Henrik Karlsson [sorti de sa cage à 59'39"].

Défenseurs : Mattias Karlsson (6') - Magnus Johansson (C) ; Tobias Viklund - Christian Bäckman ; Oscar Hedman (4') - Daniel Tjärnqvist ; Daniel Sondell - Daniel Josefsson.

Attaquants : Jimmie Ericsson - Tony Mårtensson - Mattias Weinhandl ; Joakim Lindström - Niklas Persson (2') - Andreas Engvist ; Linus Omark - Johan Harju - Patrik Zackrisson ; Karl Fabricius - Andreas Falk (4') - Per-Johan Axelsson.

Remplaçants : Stefan Liv (G), Per Åslund.

Russie

Gardien : Aleksandr Eremenko.

Défenseurs : Konstantin Korneev (4') - Ilya Nikulin (2') ; Maksim Kondratiev - Vitali Proshkin ; Aleksandr Guskov - Vitali Atyushov ; Dmitri Kalinin - Vitali Vishnevski.

Attaquants : Danis Zaripov - Aleksei Tereshchenko (2') - Aleksei Morozov (C) ; Oleg Saprykin - Sergei Zinoviev - Aleksandr Radulov (4') ; Viktor Kozlov - Sergei Fedorov - Aleksei Mikhnov ; Sergei Mozyakin - Anton Kuryanov - Maksim Sushinsky.

Remplaçant : Georgi Gelashvili (G).